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Éditorial

Le rêve haïtien fatigué !

Le rêve haïtien fatigué !

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Dans l'élimination de la sélection féminine haïtienne de football, à cette phase finale de 2023, il n'y a rien de surprenant pour les esprits avisés, en dehors des fous fanatiques et passionnés qui croient uniquement aux vœux sincères d'une victoire à tous les coups. 

 

Derrière la motivation mentale et la préparation physique de la sélection haïtienne de football,  et l'encadrement technique entre autres, il manque terriblement une musique de la grandeur composée spécialement pour l'occasion  qui sévirait de stimulant pour alimenter cette rage vaincre, qui ne se bâtit pas du jour au lendemain,  et avec les deux mains.

 

Devenant ainsi les ambassadeurs du sport national et de la République tout entière, nos athlètes ont donné le meilleur d'elles-mêmes. On ne peut pas à la première minute leur reprocher, à défaut de diagnostiquer pratiquement tout ce qu'elles faisaient comme activité en dehors du terrain pendant le séjour, les conditions mentales et les consommations qui n'ont pas servi pratiquement à grand-chose. 

 

Devenant ainsi les nouveaux ambassadeurs du football haïtien et de la nation tout entière, les Grenadières n'ont pas pu tenir le flambeau plus haut. Elles viennent de manquer certainement toutes les occasions pour tenir tête pendant la première manche de cette négociation internationale entre les talents sportifs. Elles ont tout simplement été nous représenter, à défaut de négocier le meilleur de leur jeu, de défendre réellement une meilleure place pour Haïti dans la compétition, et développer de nouvelles  des opportunités pour le sport local et  l'avenir de la jeunesse haïtienne. 

 

Dans le camp des perdants,  elles se sont toujours inscrites par le meilleur de leurs  jeux sur le terrain et le pire des scores à la fin de  chaque match. Une nouvelle crache de plus pour le rêve national, une nouvelle tâche de plus sur le bicolore national. 

 

Déception totale, désespoir national, cette phase  finale représentait l'une des rares branches sur laquelle l'imaginaire collectif du peuple haïtien pouvait s'accrocher pour se réinventer en ces temps incertains. Le rêve fatigué n'a pas pu tenir.  Le sommeil épuisant n'a pas pu résister jusqu'au bout, jusqu'aux buts qu'il fallait marquer pour rattraper et dépasser chaque adversaire.  

 

Dommage pour le pays, mais surtout dommage pour ces jeunes filles qui viennent de rater une occasion importante pour rentrer un peunplus dans l'histoire du football mondial au féminin. Le départ s'impose pour elle, comme le réveil imposé par le soleil, ne permet pas ainsi de continuer à rêver avec les yeux ouverts.  

 

Dans cette fatigue programmée qui empêche aux Haïtiens de rêver à tous les coups, et le plus longtemps que possible en dehors du compte-gouttes, la sélection nationale féminine vient de tout essayer,  mais sans trop espérer nous étonner. À qui la faute ? Sur qui compter pour mesurer l'échec,  pour évaluer les dégâts, pour mieux se préparer la prochaine fois ?

 

Dans cet échec de plus et de trop, qui vient de faire couler notre bateau rempli de rêves pour la victoire, le constat est clair qu'il manquait définitivement la magie de la compétence commune dans les rangs des filles, et la mystique de la grandeur indispensable dans leurs talents pour faire éclore ce rêve désormais orphelin de toute victoire. 

 

Défendre les couleurs nationales a un prix à payer. Certainement technique, tactique et stratégique, on ne peut nullement ignorer les dimensions sociales, culturelles, psychologiques et mentales dans chaque victoire, autant dans ces échecs en cascade de la sélection nationale. Il nous faut à tout prix, retrouver les recettes magiques de la conscience, et du rituel de la confiance pour devenir l'exception et aboutir à l'excellence. 

 

Depuis  plus de 220 ans, nos ancêtres pour aboutir à la victoire finale, ne se contentaient pas uniquement de leurs talents de guerriers ou de leurs compétences formelles et informelles, de va nu pied, dans le maniement des armes de toutes sortes, pour aboutir à la victoire.  C'est par la conscience qu'il fallait se battre pour survivre, et la confiance qu'il fallait dégager entre eux pour cette victoire ensemble et sans trêve, à tout prix, qu'il est possible de parler d'Haïti malgré tout,  malgré nous. 

 

Dominique Domerçant

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