On est prompt chez nous à clamer sa fierté quand quelqu’un d’origine haïtienne ou de nationalité haïtienne brille dans les hautes sphères à l’étranger. On se souvient par exemple de l’enthousiasme déclenché dans nos communautés par le parcours de la joueuse de tennis japonaise d’origine haïtienne Naomie Osaka.
C’est une bonne chose ces réussites qui nous rappellent ces potentiels chez nous inexploités. Souvent, ces réussites n’ont rien à voir au niveau national, car l’État haïtien, nos gouvernements, le secteur privé en général, ne se sentent nullement concernés par les talents qui pullulent pourtant chez nous. Dans de nombreux domaines, surtout en culture et en sport, notre pays pourrait briller de mille feux. Nous avons plusieurs fois soulevé ce problème dans nos éditoriaux. Il y a de l’argent pour autre chose dans notre budget national comme pour encourager des activités qui abêtissent notre jeunesse, de l’argent même pour amadouer temporairement les gangs au lieu de les combattre. Dès qu’il s’agit d’activités bénéfiques pour notre jeunesse et pour le pays, la réponse « Il n’y a pas d’argent » n’est jamais trop loin. Des sommes faramineuses ont été détournées, gifles constantes à la nation, enrichissement des nations étrangères où on va acheter des demeures pour des millions de dollars pour épouses et maîtresses.
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