Difficile de se rappeler parfois le nom de nombreux bouquinistes (fixes et mobiles) qui occupaient plusieurs points stratégiques dans le voisinage de nos centres universitaires et les hauts lieux de l'administration publique dans l'ancienne capitale dans le temps. Pourtant leurs visages restent familiers et présents dans nos mémoires en les croisant dans les rues des années plus tard.
Des livres et des souvenirs qui reviennent. Des échanges et des rencontres qui nous retenaient parfois devant tous ces titres d'auteurs haïtiens évoluant entre le pays natal, la diaspora, et d’autres écrivains étrangers en majorité. A quand une cérémonie officielle pour honorer et récompenser les derniers survivants de cette génération de passeurs littéraires, éducatifs et culturels ?
Durant les trente dernières années au moins, il fut un temps où l'on traversait le centre-ville de Port-au-Prince en croisant, aux abords des facultés, des places et des carrefours, des tables chargées de livres. Manuels défraîchis, romans de Jacques Roumain ou de Marie Vieux-Chauvet, revues jaunies, dictionnaires, thèses photocopiées : le bouquiniste était un maillon discret mais essentiel de la vie intellectuelle. Aujourd'hui, la question se pose avec gravité : quel avenir pour ceux qui vendent le livre en dehors des librairies ?
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