Littérature haïtienne contemporaine : De la dissolution du groupe à l'affirmation des individualités
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I- L'esthétique du délabrement, ou de la dégradation ou du désenchantement
« Toute tentative d'établir une périodisation en littérature se fonde sur un précédent littéraire - dont la remise en question n'acte point le rejet du principe -, mais appelle à en interroger la pertinence. Une nouvelle périodisation ou classification doit intervenir dans l'objet¹ Littérature Haïtienne. La question est en débat depuis quelque temps. Aux critiques, la tâche à abattre! »
Enjeux critiques
Cet article fait partie d'un projet beaucoup plus étendu qui prétend interroger un ensemble de facteurs dans le champ littéraire haïtien, par exemple la problématique de la périodisation, le chevauchement thématique entre plusieurs périodes et partant chez certains auteurs. Il demeure un constat que l'irruption d'un événement ou une suite événementielle, dans un milieu social, ouvre la voie à un certain recadrage, définit un nouveau moment littéraire et agrandit le champ paradigmatique littéraire à de nouvelles thématiques et expériences artistiques, on ne dirait pas moins : c'est une évidence. Interroger les liens tissés, le compagnonnage entretenus entre peintres et auteurs, les liens d'intertextualité, palimpseste, etc. La nécessité d'intégrer les textes d'auteurs contemporains dans l'enseignement de la littérature haïtienne et la dynamique d'une analyse comparée des thèmes communs chez d'auteurs de milieux différents, à des périodes différentes, entre autres. Un approfondissement du champ littéraire, loin des conjectures de l'histoire littéraire traditionnelle.
De la dissolution du groupe à l'expression des individualités
Depuis l'expérience d'Haïti littéraire (1960), la notion d'école littéraire -se définissant par une agglomération de critères alliant le manifeste, au regroupement de membres ou d'adhérents partageant une communauté de choix esthétiques, au chef de file- a vécu, a paru sauter en éclat. Toute dynamique de regroupement si elle a pu réunir auteurs, artistes, penseurs, critiques, elle ne fut que par le concours des circonstances, mais loin de tout souci de dissolution des individualités dans le moule de l'ensemble. Le possible regroupement, qui a vu sans doute le jour, ne le fut que par la thématique ou les thématiques ou par le texte comme Lyonel Trouillot l'a évoqué dans son article «Haïti 90 : L'esthétique du délabrement¹ », dans la revue Notre Librairie². Tout processus d' incorporation auctoriale ne paraît alors que concours de circonstances, dont la dynamique du non-regroupement post-moderne rendra éphémère, caduque. Marc Angenot, dans son essai “«D'où venons-nous ? Où allons-nous ? La décomposition de l'idée du progrès³ », remarque que les livres de Jean Baudrillard et des disciples portent la marque « d'un crépusculaire enthousiasme, et prophétisent volontiers globalement la “ Fin du réel”! Cette attitude reflète en quelque sorte l'héritage des penseurs ou théoriciens de la fin de l'histoire, du crépuscule des idoles, de la fin des idéologies, de l'instauration d'une “ société du vide”, de la “ naissance de l'éphémère”. Un Francis Fukuyama ne sera jamais loin!
La notion “école ou mouvement littéraire”, dans sa triade : “communauté de vues esthétiques- chef de file- adhérents⁴”, se révèle une terminologie qui, au cours de la deuxième moitié du XX ème siècle, s'est progressivement vidée de son essence, par principe, dans l'évolution des périodes littéraires. Notamment, en France, avec l'avènement de l'univers personnel où l'écrivain devient son propre patron et développe son autonomie littéraire. Où “chaque création reflète une attitude mentale et un univers personnel singuliers⁵”. La démarche a été peut-être répliquée chez différents auteurs haïtiens, et l'influence du post-modernisme garde toute sa pertinence et y a joué un rôle qui ne semble guère secondaire.
Les limites de la périodisation littéraire en littérature haïtienne
Toute tentative d'inscrire ou d'intégrer un ensemble d'auteurs ou artistes dans une période littéraire part de ce principe, d'une part, la contemporanéité (ils sont contemporains) ; d'autre part, ces derniers partagent une communauté de choix esthétiques, qui n'exclut pas l'expression de certaines individualités. Toute tentative d'établir une périodisation en littérature se fonde sur un précédent littéraire - dont la remise en question n'acte point le rejet du principe, mais appelle à en interroger la pertinence. Une nouvelle périodisation ou classification doit intervenir dans l'objet Littérature Haïtienne. La question est en débat depuis quelque temps. Aux critiques, la tâche à abattre!
L'historien Leslie F. Manigat, un article titré «Une date littéraire, un évènement pédagogique⁶», publié dans la revue “ Conjonction¹⁶” numéro 209, a posé la problématique du processus de “classification à base chronologique”, il a par ailleurs soulevé certaines objections, puisqu' « il doit être difficile de faire rentrer sous des rubriques aussi générales les auteurs et les œuvres d'une même periode», même si le professeur reconnaît un certain intérêt de la classification “ à rendre compte du « développement évolutif⁶ » de toute histoire.”
Le critique haïtien Jean Durosier Desrivières, de son côté , a souligné les parti pris de la classification chronologique et réclame la mise en œuvre d'un nouveau paradigme. Les lignes suivantes tirées d'un de ses articles apportent un éclairage autour de l'urgence d'une réforme de cette question : « cette périodisation catégorique étouffe, objecte-t-il, un ensemble de problématiques sérieuses; elle mine de véritables enjeux esthétiques et socio-politiques ; brouille certaines pistes qui permettraient de mieux comprendre quelques faits ou traits littéraires propres au contexte haïtien⁷».
Ailleurs, Desrivières formule des remarques sur les défis de la tentative de classification littéraire et, en a ébauché les limites en ces termes en affirmant que « [la ] périodisation [littéraire ] escamote des questions d'importance qui se posent inévitablement sur des individualités, des particularités formelles et thématiques, des césures par rapport à des mouvements perçus comme [...] homogènes⁷.»
Le processus de classification à visée chronologique ou de la périodisation littéraire doit être redynamisé ou réformé afin d'intégrer de nouvelles approches. Cette dynamique permettra de révéler la richesse du fait littéraire haïtien porté par des auteurs “du dehors” et “du dedans”, et de reconnaître l'originalité et la singularité de cette littérature qui s'exprime dans quatre idiomes différents ( créole, français, anglais, espagnol).
Rapports entre artistes et écrivains : Un compagnonnage dynamique
Sous la dénomination commune d'artistes, nous regroupons, de manière provisoire, tous les créateurs du champ musical aux arts plastiques. On tentera de faire ressortir certains rapports entretenus entre la diversité des disciplines de l'art. Dans la littérature haïtienne d'expression tant française que créole, des collaborations pour le moins tacite, ont été maintenues entre auteurs et musiciens. Le texte « Choucoune⁹» de Charles Alexis Oswald Durand constitue le premier texte littéraire¹ - sans doute- à moins qu'un autre texte d'auteur mis en musique vienne infirmer notre argumentation- a été mis en musique par l'artiste haïtien Moléard Morton, le même texte a été repris en anglais sous le titre Yellow bird⁹. “ Marabout de Mon cœur¹⁰” d'Emile Roumer demeure le second texte exécuté par des musiciens locaux. Des poèmes du recueil en créole de G. Castera “ Biswit Leta” ont été mis en chanson notamment par le collectif Artistes Indépendants. Alan Cavé, Boulot Valcourt a exécuté certains textes poétiques de Syto Cavé dont le célèbre “ La pèsonn ”. Roosevelt Saillant, du nom de scène BIC, a mis en musique ses propres compositions et a co-écrit la chanson « Nou preske pa Moun ankò¹² » du groupe musical Kaï.
Cette dynamique des rapports auteurs-artistes participe d'une certaine manière à la réception des textes et implique les effets de l'écho des notes musicales en résonance au texte littéraire. En littérature haïtienne, cette démarche reste cloîtrée au genre poétique où la concission et l'art de la suggestion y règnent en maître.
Dans le champs des arts plastiques, la collaboration semble émerger -pour le moins- après 1946. Les recueils “ Dialogue de mes lampes”, “Tabou”, “ Déchu ” (1970) de Clément Magloire Saint-Aude ont été illustré par les peintres haïtien Hervé Télémaque(1937-2022), cubain Wilfrido Lam(1902-1982), Jorge Camacho (1934-2011)¹³ notamment. Certains auteurs furent également dessinateurs ( Georges Castera), d'autres peintres (Davertige, Franck Étienne). Des oeuvres ont été illustrés ( première et quatrième de couverture ou en pages intérieures) par des tableaux de plasticiens ou dessinateurs haïtiens. Des peintres du mouvement Saint Soleil ( Ti Ga, de son vrai nom Jean-Claude Garoute, Levoy Exil, Louisiane Saint Fleurant¹⁶, Castera Bazile, notamment), d'Albert Desmangles, Philippe Dodard, Jean René Jérôme, et autres, ont traduit en symbiose le compagnonnage artistico-littéraire dans le milieu culturel haïtien. Des recueils de poèmes, des romans, récits de jeunesse, etc publiés, par exemple aux Éditions Mémoires au cours de la dernière décennie du XX ème siècle ont mis en valeur ce compagnonnage entretien citons «Soleil caillou blessé de Marc Exavier, Girondole du Jour de Gary Augustin, Itinéraire zéro de Farah Martine Lhérisson, Pierres anonymes de Rodney Saint-Éloi, etc.» Une expérience dupliquée aux débuts des années 2000 dans les Presses Nationales d'Haïti.
Présentons une ébauche, un cas d'étude, lequel traduit, sous certaines conditions, les problématiques soulevées dans le cas de notre critique du fait littéraire haïtien. Nous nous intéressons à l'une des périodes les plus récente de la littérature haïtienne contemporaine: Le moment littéraire défini par l'écrivain Lyonel Trouillot comme “ La Génération des Éditions Mémoires¹”, on adjoint ici les syntagmes “ du désenchantement ” et de“ l'esthétique du délabrement ”.
La Génération des Éditions Mémoires, du désenchantement et de l'esthétique du délabrement ( 1990-2010)
Ébauche d'un tableau sélectif de la période de 1990-2010 ( Année, événements et quelques œuvres )
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Année |
Événements politiques et sociaux |
Quelques Oeuvres publiées |
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16 Décembre 1990 |
Élection de Jean Bertrand à la présidence |
• Le mâle de l'espèce ( nouvelle)(R. Dorsinville ) • L'arme de la critique littéraire (M. Dominique) 1988 |
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30 septembre 1991 |
Coup d'état militaire contre le président Aristide et exil. Plus de 3000 morts. |
• Ratures d'un miroir (G. Castera) • Un octobre d'Elyaniz ( G. Victor) (1992) • Le songe d'une photo d'enfance de L. P. Dalembert (1993) |
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15 octobre 1994 |
Retour d'Aristide au pouvoir. 2 ème Occupation du pays par les américains |
• Soleil caillou blessé (M. Exavier) • Voyelles adultes ( R. Saint-Éloi) • Zombi blues de Stanley Péan (1996) |
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1998 |
Ravages du cyclone Georges sur une partie du pays |
• La Petite Corruption ( Y. Lahens) |
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5 décembre 2003 |
Attaque contre les étudiants haïtiens par les militants lavalassiens d'Aristide |
• Les affres d'un défi, de FranckÉtienne, (2000)
Fas doub lanmò (B. Auguste) (2001) |
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7 février 2001- 29 février 2004 |
Au pouvoir depuis 2001, Aristide est exilé en Rep. Centre Africaine et Afrique du sud |
• Bicentenaire ( L. Trouillot) |
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Septembre 2004 |
Tempête Jeanne ravage la ville des Gonaïves. Des milliers de morts. |
• 24 poèmes pour Gonaïves ( collectif) |
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2007 |
Émeutes de la faim en Haïti |
• Mon Roumain à moi ( collectif, 2007) |
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12 janvier 2010 |
Un puissant tremblement de terre ravage Port-au-Prince, Léogane, Jacmel, Petit-Goave |
• Les immortelles ( M. Orcel) • L'énigme du Retour ( D. La Ferrière) |
La Génération des Éditions Mémoires
Elle incorpore notamment les poètes dont les textes, “influencés par le post-modernisme, témoignent des thèmes liés à la perte de la mémoire, du territoire, et développent une certaine esthétique du délabrement¹”, traversés par un élan du désenchantement, selon un article signé par Lyonel Trouillot dans le numéro 133 de la revue Notre Librairie.
L'Esthétique du délabrement
Un concept défini, selon L. Trouillot, comme l'effacement de la mémoire et de l'espace dans le texte littéraire, une agglomération de ruines éparses ( objets, éléments, épaves, restes, tranchés, pierres, caillou) repérées dans les poèmes l'époque¹.
La mémoire est vidée de tout référentiel au territoire connu et dilué dans un archipel de ruines où l'indice du lieu et du rappel est dissout.
Plus de lieu précis, mais le désert, le brouillard, le mensonge, l'immobilisme, “itinéraire zéro, espaces intermédiaires”, etc.
Plus de repérages, par on a devant soi la “ perte du passé, de l'histoire ” ( amnésie, mémoire fond de culotte, aube sans mémoire, le temps mort, ma folie hirondelle en be-bop”).
Rafael Lucas, dans un article titré «L'esthétique de la dégradation dans la littérature haïtienne¹⁴», préfère l'expression “ l'esthétique de la dégradation à celle du délabrement” de L. Trouillot. La raison qu'il évoque c'est le concept de la dégradation répond mieux à celui du délabrement. dans la littérature haïtienne de cette époque. Il marque ses préférences en ces termes clairs et tranchés car « la dégradation nous semble mieux rendre compte d'un processus de décomposition progressive et profonde¹⁴». Cette dégradation vécue est exprimée dans les critiques de Yanick Lahens et J. Michaël Dash. Lucas résume les deux points des auteurs ci-dessus comme “ une crise [ qui] traduit par des troubles de lisibilité de la réalité haïtienne [ ou] une crise [ ayant pour conséquences ] des troubles de lisibilité de l'espace environnant¹⁴.”
À la lueur de différentes œuvres romanesques publiées au début des années 1970 jusqu'en 2000, notamment, et à travers une étude élaborée des titres, Raphaël Lucas, a illustré son argumentation autour de l'expression de cette thématique dans ces romans.
Le critique Lucas a, par ailleurs, souligné dans son texte, dans que «les œuvres littéraires [... travaillées par l'esthétique de la dégradation/ (nldr) du délabrement ou de cet élan de désenchantement...] que les écrivains dénoncent un scandale et donnent aux tableaux une dimension apocalyptique comme pour signaler l'inadmissibilité définitive de tout discours euphorique sur l'identité nationale» ( Haïti Chérie, Perle des Antilles).» Cette vue lucide confirme -à peu de frais- une certaine équivalence des thèmes : dégradation/ délabrement/ désenchantement ou l'esthétique du délabrement/ de la dégradation/ du désenchantement dans la littérature haïtienne des années 80-90.
Le concept du délabrement répond, d'une certaine manière, à celui du désenchantement lequel prélude à un sentiment de désillusion, de déception, à la limite du déçu, du blasé. Si la production littéraire de cette époque paraît refléter l'esthétique du délabrement c'est en raison de la hauteur des désillusions, des déceptions vécues. Les écrivains ne semblent plus habiter dans leurs rêves et corps les lieux auparavant prétendus habitables. Alors que les auteurs d' Haïti littéraire vouaient un attachement viscéral à la terre natale, à l'espace haïtien dans leurs poèmes ( cf Mon pays que voici d'Antony Phelps, Ces îles qui marchent de René Philoctète).
*Les revues rattachées à cette génération d'écrivains : «Boutures», «Notre Librairie».
Les représentants et autres auteurs
• Marc Exavier
• Gary Augustin
• Evelyne Trouillot
• Bonel Auguste
• Émilie Prophète
• Joubert Satyre
• Farah Martine Lhérisson
• Rodney Saint-Éloi
• Manno Eugène
• Pierre Richard Narcisse
• Pierre Rigaud Chéry
• Maximilien Laroche
• Max Dominique
• Margaret Papillon
• Pierre Clitandre
• Lyonel Trouillot
• Wilhelms Édouard
• Yanick Lahens
• Jean-Claude Charles
Formes littéraires:
*Poésie
*Nouvelle littéraire
*Roman
* Essai
Quelques oeuvres sélectives des auteurs¹⁵
- Pierre anonymes: Rodney Saint-Éloi
- Voyelles adultes
- Itinéraire zéro : Farah Martine Lhérisson
- Soleil caillou blessé: Marc Exavier
- Numéro effacé ( nouvelles)
- Espaces intermédiaires : Joubert Satyre
- Fas doub lanmò : Bonel Auguste
- Des marges à remplir : Emilie Prophète
- La petite corruption : Yanick Lahens ( Nouvelles)
- Les dits du fou de l'île: Lyonel Trouillot
- Les fous de Saint-Antoine ( roman)
- Egziltik : Manno Eugène
- Quelle fiction? Que faire? Littérature haïtienne : Jean-Claude Charles ( essais)
- Vin de soleil : Pierre Clitandre ( roman)
- La légende de Quisqueya : Margaret Papillon ( récit jeunesse)
- Ma maison en dentelles de bois : Evelyne Trouillot ( récits)
- Brûler : Georges Castera ( poésie)
• Bri lannwit : André Fouad (poésie)
• La chorale de sang : Gary Victor ( nouvelles)
• Rapjazz journal d'un paria, Franck Étienne ( spirale)
• Pays sans chapeau, Dany La Ferrière
• Le cri de l'oiseau rouge, Edwige Danticat
Les thématiques traitées dans la littérature de cette période
* Perte de la mémoire et du lieu ( plus de références à l'histoire et au pays)
* littérature des ruines, de la désintégration
* univers traversé par le désenchantement
* atmosphère et influence post-moderne
* fin de l'histoire, chute des idéologies, crépuscule des idoles.
* la société haïtienne en pleine crise sociale, politique, reflet d'un tissu social en mutation (vers l'inconnu).
Pour ne pas conclure
Interroger la notion d'école littéraire afin d'étudier sa pertinence au cours de certains moments littéraires, questionner le parti pris de la classification à base chronologique, le compagnonnage artistes-auteurs, en autres démontrent la faisabilité d'une telle démarche -lumineux sur bien de points- opposée à l'intelligibilité d'une période littéraire aux aspects particuliers. Tel est l'objectif poursuivi ici.
James Stanley Jean-Simon
Écrivain et critique littéraire
E-mail :jeansimonjames@gmail.com
Notes et Bibliographie :
[³] Angenot, Marc, D'où venons-nous ? Où allons-nous? La décomposition de l'idée de progrès, coll. Spirale, Éditions Trait d'union, Québec, 2001
Barthes, Roland, Le degré zéro de l'écriture, Éditions Seuil, Paris
[¹⁵] Émera, Alix, Bibliographie de la littérature haïtienne (1986-1996), in Notre Librairie, n° 133, Littérature Haïtienne de 1960 à nos jours, 1998, Paris, pp. 187-205
[⁷] Desrivières, Jean Durosier, Critiquer et dépasser l'histoire de littérature haïtienne de R. Berrou et de P. Pompilus, Conjonction 209, La Critique littéraire, n° 209, 2003, Port-au-Prince , pp. 54-57
[³] Fukuyama, Francis, Fin de l'histoire et le dernier homme, 1991, cité par Marc Angenot dans son essai "D'où venons-nous ? Où allons-nous... 2001
[⁴] Jean, Dr Eddy Arnold, Le XIX ème siècle Haïtien, Littérature Haïtienne, Éditions Haïti Demain, 2009
[¹⁰] Jean-Simon, James Stanley, Érotisme solaire et figure de la femme dans « Marabout de mon cœur» de Émile Roumer, Journal Le National, 19 janvier 2022
https://lenational.org/post_article.php?cul=221
[¹²] Jean-Simon, James Stanley, Intertextualité, engagement, présupposé et tropes dans “ Nou prèske pa moun ankò” de Kai, in Le National, 28 janvier 2022
https://lenational.org/post_article.php?cul=234
[¹⁴] Lucas, Rafael, L'esthétique de la dégradation dans la littérature haïtienne, In revue de Littérature comparée, n° 302, Année 2002
https://shs.cairn.info/revue-de-litterature-comparee-2002-2-page-191?lang=fr
[⁶] Manigat, Leslie F., Une date littéraire, un évènement pédagogique, in Conjonction n° 209, La critique littéraire, 2003, pp. 39-51
[²] Notre Librairie n° 133, La littérature Haïtienne de 1960 à nos jours, 1998, Paris
[¹⁶] Revue Conjonction, La critique littéraire, numéro 209, 2003, Port-au-Prince
[¹] Trouillot, Lyonel, Haïti 90: l'esthétique du délabrement, Littérature Haïtienne de 1960 à nos jours, Notre Librairie, No 133 || Janvier-Avril 1998, Paris, pp. 22-25
[¹³] Saint-Aude, Clément Magloire, Dialogue de mes lampes, suivi de Tabou et Déchu, Éditions Première personne, Paris, 1970, recueils illustrés des encres de Wilfrido Lam, Hervé Télémaque et Jorge Camacho
[⁵] Weiss, Allen, S. , Philippe Roger, Critique, 2019, (Cairn.info)
https://shs.cairn.info/le-personnalisme--9782130521068-page-3?lang=fr
[⁹] La version en anglais de « Choucoune » (Yellow Bird) paraît initialement sur l'album Calypso Holiday 1957, arrangée par Norman Luboff (en) et interprétée par sa chorale ( source wikipédia) consulté le 10 août 2025
[¹⁶] Le centre d'art https://www.lecentredart.org/journee-decouverte-parler-de-saint-soleil-50-ans-apres/
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