Le fait littéraire : le dilemme de l'écrivain face au réel
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Le fait littéraire vécu comme «l'expression du vécu d'un peuple» ou dans le sens marxiste du terme «la retranscription ou le rapport des conflits de classes à l'œuvre dans un milieu social donné» représente à travers la multiplicité des œuvres, un témoignage éloquent des écrivains, à travers le temps, autour de leur milieu. Un questionnement qui demeure d'actualité. En effet, la littérature, dans ces différentes acceptions,- il existe d'ailleurs une multiplicité de tentatives de définition du mot « littérature », et ce n'est point la prétention de la présente,- tend à renforcer l'idée que le débat reste permanent. Prétendre le fait littéraire comme « le miroir du réel », formule le présupposé: dans quelle mesure le littéraire reflète le réel ? Est-ce que la littérature par la volonté qu'elle s'est forgée ne participe-t-elle pas à légitimer le discours hémogénique des classes dominantes sur le social? Le débat par sa permanence reste ouvert autant que le fait littéraire s'épanouit et rend perpétuel toute discussion autour de l'objet.
Rupture
Concédons que l'œuvre de l'écrivain est travaillée en fonction des référents sociaux de celui-ci. Sauf, au cas où l'écrivain a voulu inscrire sa démarche dans une rupture par rapport à sa classe sociale. Jacques Roumain ou Carl Brouard sont deux exemples d'écrivains parmi d'autres qui ont brisé le plafond de verre strato-social auquel ils ont appartenu. À l'inverse de Fernand Hilbert qui, au contraire, parait sous l'angle d'un bourgeois dans ses œuvres et fait le portrait des mœurs de la bourgeoisie de son époque. Là, dans son œuvre aucune rupture totale n'est observée par rapport au milieu appartenu et immédiat.
Dynamique
La littérature peut figurer un terreau fertile où le discours hégémonique joue sa part et glisse à petites doses dans la production littéraire. Dans ce cas, l'œuvre littéraire participe par son action dans son rapport à la société qu'elle prétend être le miroir à asseoir le statu quo. À aménager l'aliénation de l'homme dans la dynamique sociale. Et tuer à petit feu toute velléité du changement et participer à la reproduction du schéma « dominants/ dominés ».
L'urgence quoi alors? Il appartient à l'écrivain de réfléchir sur la portée et la direction qu'il veut imprimer à son œuvre. Car il ne peut en aucune manière draper son œuvre d'une voile d'innocence. Ou avouer que l'œuvre est innocente alors qu'elle porte en elle les ferments qui contribuent à enfoncer la dynamique sociale dans une certaine léthargie.
James Stanley Jean-Simon
Directeur du C.E.L.A.H (Centre d'études littéraires et artistiques haïtiennes)
E-mail: jeansimonjames@gmail.com
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Wendy
Toutes mes felicitations