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« MultiCo » : quand Collinx Mondésir se fait l’écho de son âme

« MultiCo » : quand Collinx Mondésir se fait l’écho de son âme

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Collinx Mondésir, que je ne connais que de réputation, a sorti, ce 31 juillet 2025, un album sous le titre de MultiCo. Ce dernier est composé de dix sons, dont « Nouvo », « Pòstwoma », « MelanCollinx », « Madame », « Kase » et le titre éponyme « MultiCo ». Comme ces titres l’indiquent, l’œuvre est une introspection, une exploration psychologique, une autopsie, un journal thérapeutique.

Je le savais poète, sachant qu’il avait publié un recueil de poèmes intitulé Monologue pour exorciser l’instant ; je le sais graphiste extraordinaire, ayant lu, outre les témoignages de nos amis en commun, les gros titres de médias haïtiens l’annonçant en 2023 comme « le premier haïtien à être choisi comme Adobe Community Expert », mais je ne savais pas que Collinx Mondésir avait cette énième corde à son arc : chanteur et auteur-compositeur de grand talent.

Pourtant – je l’ai découvert en me documentant pour cette chronique – il avait déjà publié quelques sons sur YouTube. Il avait déjà fait montre de son talent de chanteur sur Instagram et d’autres réseaux sociaux. Comme quoi il me fallait tomber, ce 2 août, sur un post du média Le Paradis Haïtien pour m’intéresser davantage au personnage.

Vous l’aurez compris : le détour en valait la peine. En cliquant sur le lien proposé à travers ledit post, j’ai pu écouter sur Spotify un projet musical audacieux – dans le meilleur sens du terme.

L’auteur, à travers plusieurs interviews, insiste sur les sons ô combien éclectiques qu’il propose sur cet album, sans doute du fait qu’il a passé beaucoup de temps pour parvenir à ce rendu, dont il a raison d’être fier, mais je suis tout autant séduit par la poésie des textes, dont il peut également s’enorgueillir.

Cette métaphore, déposée sur le morceau « MelanCollinx », traduit en grande partie la philosophie de l’album MultiCo :

« Pèsonn pa wè si m ap neye

Si m s on bato k ap chavire… »

C’est une voix grave et mélodieuse, celle d’un homme qui dit, sur des sons entre blues, jazz, konpa (seulement sur un des morceaux) et autres sons non identifiés par mes oreilles de non-initié, le mal-être et les espérances qui sont les siens.

Cet album n’invite peut-être pas à la danse, il ne sera peut-être pas une « trend » sur TikTok, mais sa douceur, sa poésie, sa profondeur habiteront longtemps des cœurs, pourront peupler longtemps les écouteurs d’une personne seule dans sa chambre.

Car c’est une œuvre qui s’adresse à nos solitudes, nos fragilités, nos peurs, nos traumas. Elle remet même en question certains diktats du patriarcat, prenant, à travers le morceau « Kase», le contrepied d’une tradition viriliste qui interdit aux hommes de se montrer sous des jours autres que ceux de la force, du courage, de l’assurance :

« Se pa vre, gason konn kase…

Kanson n dwe toujou byen jouke – se pa vre ! », chante plutôt Collinx – que dis-je : mCo !

Bref, je n’en dirai pas plus. Je ne saurais décortiquer un album tout aussi complexe que l’individu qui le porte. La présente chronique est plutôt une invitation à découvrir l’œuvre et l’artiste, et si possible l’homme derrière l’artiste. Éternel débat d’ailleurs : peut-on séparer l’un de l’autre ?

 

Samuel Mésène

Écrivain

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