Dîner-causerie avec le professeur Roody Edmé à Montréal
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Enseignant de carrière, linguiste et éditorialiste réputé en Haïti pour la pertinence de ses analyses multifacette, le professeur Roody Edmé sera l’hôte à Montréal, le 6 août 2025, d’un exceptionnel et convivial « Dîner-causerie » au restaurant Barbec Tropical. Organisé par le linguiste-terminologue Robert Berrouët-Oriol avec le support des Éditions du Cidihca, ce « Dîner-causerie » comprendra trois volets : la présentation de l’essai de Roody Edmé paru en juin 2025 en Haïti aux Éditions C3, « La plume dans la plaie » ; une exposition des œuvres picturales de l’artiste-peintre Pierre Austin ; une exceptionnelle prestation musicale de Rebecca Jean, auteure, compositrice et interprète qui a récemment procédé au lancement de son fameux vidéoclip « Haïbécoise ».
« La plume dans la plaie », un ouvrage de référence
En Haïti, le quotidien Le National a consacré deux articles de grande qualité au livre de Roody Edmé. Il y a lieu de mentionner celui de Noclès Debréus, rédacteur en chef du National daté du 27 mai 2025 : « La plume dans la plaie », le dernier ouvrage du professeur Roody Edmé ». Noclès Debréus expose de manière fort pertinente ce qui suit : « Sociologue, éditorialiste et témoin avisé de l'histoire récente du pays, Roody Edmé, à travers cet ouvrage, est revenu sur tout un pan de cette histoire nationale. De Jean Bertrand Aristide à Jovenel Moïse en passant par René Préval, Michel Martelly et Jocelerme Privert, le professeur Edmé a mis sa plume dans la plaie qui mine la nation haïtienne. Loin des bruits et des fureurs (comme il se plaît à le dire), l'éditorialiste nous retrace les péripéties d'une classe politique en déroute et d'un peuple en proie à la misère et à la violence des gangs armés. « La plume dans la plaie », c'est un véritable condensé des faits marquant seize années d’histoire de 2004 à 2020. Dans ce livre, le professeur Roody Edmé porte un regard critique et citoyen sur l'actualité nationale avec un clin d'œil sur le monde. Les thématiques traitées sont diverses et variées : l'économie, la politique, l'histoire, la culture, les relations internationales, tout y est. C’est un document qui permet aux lecteurs, même les plus jeunes ou les moins avisés, de se faire une idée facile et rapide d’une partie non négligeable de l'histoire récente du pays. La journaliste Huguette Hérard, qui a l'honneur de préfacer ce livre, a trouvé les mots justes pour expliquer la qualité limpide des textes : « Par leur style clair et élégant, traversé de métaphores et d'allégories, chacun de ses textes acquiert une valeur littéraire non exempte de poésie que l'on trouverait rarement dans l'ordinaire journalistique où se reflète le relâchement de notre époque. Et c'est cette vivacité même qui confère à ses écrits le pouvoir de faire revivre au lecteur l'événement, d'emporter son adhésion à la justesse mesurée de ses analyses », écrit-elle ».
Pour sa part, Schultz Laurent Junior, dans l’édition du 30 juillet 2025 du National, a offert un remarquable et court article aux lecteurs. Intitulé « Roody Edmé présente son essai « La plume dans la plaie » à Montréal », l’article de Schultz Laurent Junior rappelle à bon escient que « Roody Edmé n’est pas un inconnu du paysage intellectuel haïtien. Enseignant depuis plus de quarante ans, il est également reconnu comme un fin observateur de la société haïtienne. Dans cet essai rassemblant une sélection d’articles publiés au fil des années, l’auteur [Roody Edmé], éditorialiste au journal Le National, propose une lecture lucide et critique des grands enjeux sociétaux, culturels et politiques de son pays. L’événement, qui promet une ambiance conviviale, sera ponctué de réflexions, d’échanges, mais aussi de musique. La chanteuse, compositrice et interprète Rebecca Jean offrira une prestation exceptionnelle. La présentation de l’auteur sera assurée par le linguiste-terminologue Robert Berrouët-Oriol, lui aussi figure bien connue du milieu culturel. Le coût de participation est fixé à 60 $ par personne, incluant un dîner complet ainsi qu’un exemplaire du livre. Les réservations sont obligatoires, et les paiements doivent être effectués au plus tard le dimanche 3 août 2025, par virement Interac à l’adresse barbectropical@gmail.com. Pour toute information supplémentaire, les intéressés peuvent contacter le 514 376-1888 ».
L’exposition des œuvres picturales de l’artiste-peintre Pierre Austin
Le « Dîner-causerie » avec Roody Edmé sera également le lieu d’une inédite exposition des œuvres picturales de l’artiste-peintre Pierre Austin. Créateur de talent, explorateur de divers ancrages dans la peinture contemporaine haïtienne, Pierre Austin est un jeune peintre ayant déjà laissé ses marques dans les arts visuels en Haïti. Ainsi, son tableau intitulé « L’arbre de la liberté » accompagne le magnifique poème « L’espace démesuré » de Jacques Roche dans le livre d’art collectif « Droits de l’homme / Utopie – Défi – Réalités / Les créateurs haïtiens » publié par le Bureau Haïti de l’UNESCO en 1998. Le livre d’art collectif « Droits de l’homme / Utopie – Défi – Réalités / Les créateurs haïtiens » avait à l’époque été réalisé en symbiose avec « un vaste projet culturel destiné à commémorer le cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme » (Franketienne : « Présentation » / « Dans l’urgence de la parole active »).
Le National consigne également un autre article de premier plan écrit par Dominique Domerçant. Daté du 7 octobre 2023, il a pour titre « Dans l’univers plastique du peintre Austin Pierre ». Dominique Domerçant précise avec perspicacité que « De nombreux artistes peintres et plasticiens cherchent à exprimer leurs émotions et leurs sensations tant à travers les supports et les formes, qu'en dehors des nuances et la puissance des couleurs que ces hommes et ces femmes choisissent de laisser couler dans leur palette. Dans le cas de Pierre Austin, ces œuvres offrent une possibilité de voyager dans un univers esthétique hautement sensible. Les vibrations sont puissantes, les personnages et les paysages se mélangent et se confondent dans une forme de fécondation symbolique entre le Yin et le Yang. (…) Dans l’œuvre picturale baptisée « Cri de secours », on ressent toute une énergie mouvante qui cherche à sortir des tripes du temps et des épreuves les plus difficiles dans la vie des individus et des peuples, comme dans le cas actuel d’Haïti. Avec des traits et des tons qui rappellent un peu le génie de Bernard Wah, Pierre Austin impose avec succès son talent. À noter que cette œuvre a été réalisée à l’occasion du dixième anniversaire du séisme du 12 janvier 2010, en Haïti. (…) Des tourbillons sont célébrés dans une série de ses tableaux qui semblent montrer le chemin de la lumière, après des saisons de turbulences, de souffrances, de tourments et d’épuisement. C’est particulièrement l’une des leçons proposées dans ces œuvres qui participent activement dans une forme d’éducation philosophique et mystique de chaque personne qui visite les expositions présentant des œuvres de l'artiste Austin Pierre ».
Une exceptionnelle prestation musicale de Rebecca Jean, auteure, compositrice et interprète
La participation de Rebecca Jean au « Dîner-causerie » avec Roody Edmé signera l’allure amplement festive de l’événement et l’on aura droit, ainsi, à un triple événement à la croisée du littéraire, de la peinture et de la musique. Rebecca Jean, qui interprétera son fameux tube intitulé « Gen de jou » --adaptation créole de « Hier encore » de Charles Aznavour)--, est une artiste de grand talent que Le National a déjà présentée à ses lecteurs.
En effet, dans l’article « Rebecca Jean, la haute voix de la musique contemporaine haïtienne au Québec » (par Robert Berrouët-Oriol, Le National, 10 septembre 2021), il est précisé que « La voix singulière et attachante de Rebecca Jean, musicienne, auteure, compositrice et interprète, née à Montréal, flamboie et déploie sa haute voilure depuis un certain temps sur les terres enneigées du Québec. Artiste polyvalente au talent raffiné, Rebecca Jean compte cinq albums à son actif, un catalogue de plus de 200 compositions et plusieurs projets signés en tant que réalisatrice /directrice musicale, auteure, compositrice, interprète et arrangeuse. À travers les différents registres de sa démarche musicale, elle ne cesse de nous surprendre en nous entraînant dans son univers tantôt délicat, tantôt féroce. Sur des textes évocateurs et mûris au creux des battements du langage, elle chante les failles comme les profondeurs de l'âme avec une poésie franche et un créneau unique ; elle sait se raconter et nous raconter avec finesse et subtilité. Artiste attachée à ses racines haïtiennes qui nourrissent une québécitude revendiquée et ouverte, comme en témoigne son morceau « Lang lakay », elle s’en fait l’écho à travers un cheminement créatif salué par la critique musicale montréalaise et par sa participation à des émissions radio-télé et à des spectacles divers sur plusieurs scènes, notamment l’Olympia, le Cabaret du Mile-End, le Pub du Quartier latin, le Lion d’or, le Pharaon lounge, le Balatou, le Petit cabaret, le Théâtre de verdure, etc. En novembre 2019, elle a lancé son spectacle « Antidote » à la Place des Arts, haut-lieu des grandes manifestations culturelles montréalaises. Paru le 13 août 2021 sous étiquette Musinfo, l’album « Amoureuses des mots / Un hommage à Aznavour », tribut multivoix à Charles Aznavour, a été salué par le réputé journal montréalais Le Devoir dans son édition du 20 août 2021 ainsi que par RDI, le Réseau de l’information de Radio Canada. Parmi les quatorze voix féminines qu’accueille l’album-hommage à Charles Aznavour, Rebecca Jean se singularise par sa magistrale traduction/interprétation créole de la chanson « Hier encore » d’Aznavour qu’elle a baptisée « Gen de jou ». Pour présenter Rebecca Jean aux mélomanes et à nos lecteurs à travers Haïti, le poète et linguiste Robert Berrouët-Oriol, collaborateur régulier du National, l’a rencontrée en entrevue à Montréal. Entretien exclusif ».
Rappel de quelques temps-forts de cette entrevue parue dans Le National
RBO – Est-il juste de dire que tu as élaboré et que tu cultives une empreinte musicale singulière, personnelle, nourrie à différentes sources musicales et également au patrimoine musical haïtien ?
RJ – C’est très bien résumé, Robert ! Tu sais, l’héritage que je porte en moi est si vaste que définir mon identité artistique a été un travail ardu! Je me suis cherchée longtemps. Je suis passée par des dizaines de styles musicaux : Pop, RnB, chanson française… Pour enfin comprendre quels étaient les ingrédients fondateurs de mon essence. Il y a les mots qui m’habitent, il y a les mélodies qui apaisent mon âme, puis il y a ma voix qui porte la mémoire de mon peuple. Mon univers évolue autour de ces éléments clés.
RBO – Tu chantes en français et en créole. Quels sont tes rapports avec la langue créole aux plans identitaire, musical et esthétique ? Qu’est-ce qui t’a porté à composer et interpréter plusieurs chansons en créole ?
RJ – La langue créole occupe une place de plus en plus importante dans ma carrière de compositrice. Jusqu’à très récemment, je me sentais un peu complexée d’écrire dans la langue de ma mère parce que j’avais peur de manquer de vocabulaire. Les Haïtiens « natif natal » qui ont passé leur enfance au pays ont été nourris d’une poésie quotidienne qui se trouve dans les petites choses anodines, propres à la vie sur l’île. J’avais peur de manquer d’images pour créer de belles figures de style. Heureusement, mes racines sont indomptables, elles émergent de mon être avec fougue et ne me laissent d’autre choix que d’explorer cette avenue. Que ce soit au niveau rythmique, mélodique ou mystique, il y a cette empreinte africaine qui s’impose et j’en suis fière ! Je me sens plus complète depuis que j’ai commencé à écrire en créole. De plus, en tant qu’ « Haïbécoise » cela me permet de trouver un équilibre entre les deux cultures qui m’ont formée. « Mes racines ont pris naissance au soleil, quelque part entre Petit-Goâve et Jacmel. Mes branches ont poussé et parcouru la terre, puis j’ai vu le jour sous un ciel d’hiver. Dans mon cœur deux histoires se font la cour! Je vis au rythme des cuillères et des tambours. J’ai un héritage aux saveurs métissées, une fierté qui s’étend de Kafou à Gaspé. » (Extrait d’« Haïbécoise ») Le grand romancier haïtien Émile Olivier, décédé à Montréal en 2002, disait qu’il était Québécois le jour et Haïtien la nuit… Cette phrase me fait sourire, parce qu’elle illustre bien cette dualité à laquelle plusieurs Haïtiens nés à l’étranger peuvent s’identifier ! ».
Le « Dîner-causerie avec le professeur Roody Edmé à Montréal » fera l’objet d’un reportage dans Le National.
Robert Berrouët-Oriol
Linguiste-terminologue
Conseiller spécial, Conseil national d’administration
du Réseau des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH)
Konseye pèmanan, Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA)
Montréal, le 4 août 2025
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