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Hôtel Oloffson réduit en cendres : Haïti perd un joyau de son patrimoine culturel

Hôtel Oloffson réduit en cendres : Haïti perd un joyau de son patrimoine culturel

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Le 6 juillet 2025, un incendie criminel perpétré par des bandes armées a détruit l’hôtel Oloffson, emblème historique et culturel de Port-au-Prince. Cette perte tragique vient sceller la fin d’un lieu mythique, jadis sanctuaire de diplomatie, de création artistique et de mémoire vivante du patrimoine haïtien.

Construit à la fin du XIXe siècle comme résidence présidentielle pour Tirésias Simon Sam, l’édifice au style gothique fut réquisitionné comme hôpital militaire par les forces américaines pendant l’occupation d’Haïti (1915-1934). Ce n’est qu’au début des années 1930 qu’il fut transformé en hôtel, devenant rapidement l’un des lieux les plus emblématiques de la capitale .Situé au numéro 60 à l’avenue Christophe pas trop loin du quartier autrefois paisible et verdoyant de Carrefour Feuilles, l’Oloffson fascinait par son architecture de type « gingerbread », ses tourelles élancées, ses treillis ouvragés, et ses planchers grinçants, typiques des grandes maisons haïtiennes menacées de disparition. Ses jardins tropicaux luxuriants offraient un écrin de calme, propice aux échanges artistiques, littéraires et politiques selon les informations disponibles dans la presse internationale.

Le lieu gagna une renommée internationale grâce au roman: « Les Comédiens» de Graham Greene, publié en 1966. L’écrivain britannique, habitué des lieux, y transpose l’Oloffson sous le nom d’hôtel Trianon, dans une Haïti suffocante sous le régime dictatorial de François Duvalier, dit « Papa Doc ».

Mais l’histoire de l’Oloffson ne se limite pas à la fiction. Elle est peuplée de figures charismatiques bien réelles, dont Aubelin Jolicoeur, chroniqueur flamboyant au journal Le Nouvelliste et hôte légendaire de l’établissement. Véritable dandy haïtien, toujours impeccablement vêtu, Aubelin Jolicoeur accueillait avec esprit et panache les célébrités de passage : Mick Jagger, Jackie Kennedy, et même Greene lui-même. Il incarnait cette élégance joyeuse et mordante, ce carrefour entre le monde et Haïti, qui faisait battre le cœur de l’hôtel.

Dans les années 1980, le musicien Richard Auguste Morse ( RAM) prend la direction de l’établissement. Il y installe son groupe , qui fusionne percussions vaudou, rock alternatif et conscience sociale. Les jeudis soirs deviennent vite incontournables, tout comme les célébrations envoûtantes du Fèt Gede, fêtes des morts vaudou. L’hôtel devient une scène, un temple, une résistance culturelle vivante au chaos extérieur.

Une publicité touristique des années 1940 vantait un Oloffson installé « dans le quartier le plus frais de la ville », où l’anglais, le français, l’espagnol et l’allemand étaient parlés. Il était alors un symbole d’ouverture, d’élégance et de métissage. Mais au fil des décennies, la crise haïtienne s’est aggravée. La montée en puissance des gangs, les kidnappings et l’effondrement des institutions ont fini par rattraper le vieux géant. L’hôtel avait dû fermer ses portes ces dernières années, mais beaucoup rêvaient encore d’une renaissance, jusqu’au 6 juillet 2025.

L’annonce de l’incendie a provoqué une vague d’émotion. Sur les réseaux sociaux, Haïtiens de la diaspora, artistes, anciens visiteurs ou simples citoyens ont partagé leur tristesse, leur colère, leurs souvenirs. Le directeur de l’établissement a confirmé la nouvelle dans un message laconique. « C’était notre maison », ont écrit plusieurs anciens habitués. Un refuge. Un phare. L’écrivain et journaliste Michael Deibert a résumé l’ampleur de la perte : « Une grande partie du patrimoine architectural haïtien est en train de brûler, tandis que de soi-disant dirigeants restent les bras croisés. La destruction de l’Oloffson symbolise celle de l’histoire et de la culture haïtiennes à laquelle nous assistons depuis plusieurs années. »

Le silence désormais plane sur ce lieu qui vibrait jadis de mille récits. Mais, dans la mémoire collective, l’Oloffson demeure, non comme une ruine, mais comme un symbole : celui d’un Haïti qui rêve, qui crée, qui lutte pour ne pas sombrer.

Schultz Laurent Junior avec la presse internationale

Légende: Voici ce qui reste de l’hôtel Ollofson, un patrimoine de plus qui disparaît sous les flammes.

 

 

 

 

 

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Pharo988

Les actes barbares ne cessent de multiplier

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