Port-au-Prince, les mondanités à la carte
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Feu Aubelin Jolicoeur , un chroniqueur mondain ne manquait pas de peindre les festins, la vie artistique, les rencontres sociales qui caractérisent la vie urbaine notamment à Port-au-Prince. L’ambiance nocturne est surtout le visage à découvert qui attire. Maurice Sixto a indiqué les fresques de la vie de flâneurs dans l’aire du Champ de Mars. Tout ne s’arrête pas. La vie urbaine ne peut somnanbuler . Elle s’agite et fascine à tout moment. À tout prix, la culture de loisirs se vante et rayonne pour le mondain qui n’a même de sous. Les gouts, la jouissance, la récréation et le plaisir sont achalandés dans le menu de la vie mondaine.
Après le séisme du 12 janvier 2010, les refrains du Rabòday « Anba dekonb » témoignent des soubassements des réjouissances même dans les déboires. Barthélemy a évoqué la créativité des esclaves qui ont exprimé leurs déboires par la musique, les danses et les chants.
La carte du tribun s’exhibe toujours pour se plaire et promouvoir les civilités. Alors que Port-au-Prince s’écroule, les ambiances font la part des choses pour animer l’âme de la vie urbaine. L’existence des cercles de loisirs sélectifs durant l’occupation américaine et l’âge d’or du tourisme de 1950 aux années 1980 n’ont enfreint la démocratisation et l’extension de la vie mondaine.
Les clubs font encore la part des choses où se joignent des amitiés pour des festivités et d’autres animations spéciales pour le carnaval party, la fête de Halloween, les ambiances de fin de semaine.Les campements de loisirs ne manquent pas en profitant de rafraichissements, de breuvage quelconque.
La carte d’un tribun indique un répertoire de campements de loisirs qui s’étendent.Ce sont de nids ou de couloirs qui abritent des rencontres sociales. Dans les camps, on se chuchote des rendez -vous dans de nouveaux espaces de civilités. Le confinement donne lieu aux rassemblements de réseaux d’acteurs. La créativité défie tous discours sur la fin du social. La vie mondaine se recycle. Nulle génération ne peut se vanter de préséance. C’est la course aux nouvelles pratiques sociales. Par exemple, fumer de la chicha fait état de la mode. Les clubs, bistrots et restaurants défilent aussi dans ce panorama. Les communautés virtuelles font la part des choses en facilitant des échanges sociaux. Le gout de l’exotique réhabilite les manquements aux plaisirs en situation ici et maintenant. Le tribun réanime sa carte de prospection.
Les grandes manifestations sont anémiées, mais s’alimentent des points de rencontre. Des réalignements se font ici et ailleurs. Des « party » associés aux premières communions sont au-devant de la scène. Il ne manque pas d’initiatives institutionnelles qui sont l’artisanat en Fête, les expositions du 1er mai, la foire de la gastronomie, le festival des quatre chemins, Livres en folie, le festival de PAP Jazz etc.
Les feux d’artifice répétitifs embrasent l’ambiance nocturne qui à tout prix attise les festins et les cérémonies d’anniversaires pour mettre les anonymes dans le bain et dans l’ambiance festive. L’on commente les séries et feuilletons transposés dans un cercle plus ouvert après avoir gagné l’intimité des amateurs et amatrices.
Les amitiés et civilités se juxtaposent pour donner vie à l’ambiance mondaine et la navette dans les campements de loisirs dans une ville toujours en état de veille.
Hancy Pierre
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