Inauguration du Centre Culturel Toussaint Louverture : un phare pour l’âme haïtienne à Boston
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Sous un ciel de mai baigné de lumière, le drapeau haïtien a été hissé aux côtés de celui du Massachusetts sur les rives de Lovejoy Wharf. Devant un public ému, rythmé par les tambours du rara et les voix vibrantes d’un chœur créole, la ville de Boston aux Etats- Unis d' Amérique a inauguré, le 20 mai 2025, le Centre Culturel Toussaint Louverture . Un espace unique dédié à la mémoire, à la créativité et à la fierté du peuple haïtien.
Installé au 131 Beverly Street, à deux pas de North Station, le Centre Culturel Toussaint Louverture est bien plus qu’un lieu : il est le fruit d’un combat de 25 ans, mené avec détermination par les leaders de la communauté haïtienne de Boston. Aujourd’hui, ce rêve s’incarne dans un bâtiment lumineux, ouvert sur la ville, où l’histoire d’Haïti dialogue avec son avenir. Marvin Dee Mathelier, directeur du centre et ancien officier des Marines, n’a pas caché son émotion à l’ouverture du Centre. “ Ce centre est notre offrande à la mémoire de Toussaint Louverture, mais aussi un cadeau pour nos enfants. Il est la preuve que notre héritage est vivant, qu’il mérite d’être célébré, étudié, transmis”a- t-il déclaré d’ entrée dans ses propos de circonstance. Plus loin , il a fait savoir que le CCTL a toute sa place dans la communauté de Boston où vivent depuis de longues années des Haïtiens. Pour lui, créer le CCTL à Boston est un acte de visibilité politique et culturelle :”Nous aurions pu construire ce centre à Mattapan ou Dorchester, mais ici, au centre-ville, il dit quelque chose au monde : la culture haïtienne est à la table des grandes nations .” a-t-il expliqué
Le Centre Culturel Toussaint Louverture ne se veut pas un musée figé, mais un lieu vivant de transmission. Pour les responsables de cette institution,sa mission est claire: Il s’agit de préserver et promouvoir la culture haïtienne dans toute sa richesse ; de l’art visuel à la littérature, en passant par la musique, la langue et les traditions spirituelles. Créer ensuite un espace de dialogue et d’éducation, où les jeunes générations peuvent se réapproprier leur histoire et réfléchir à leur rôle dans la société américaine. Fédérer les diasporas, en servant de point de rencontre, de réflexion et d’action pour toutes les communautés afrodescendantes de Boston. Karm-Syndia Augustin, directrice des programmes a surtout insisté sur la mission du CCTL: “ Nous ne sommes pas ici pour simplement commémorer le passé. Nous sommes ici pour inventer un avenir où les voix haïtiennes sont audibles, respectées et puissantes” Le centre comprend : Une galerie d’art mettant en lumière les artistes haïtiens contemporains. Une bibliothèque multilingue, riche en ouvrages d’histoire, de poésie, de philosophie créole. Des salles de conférences et de formation, ouvertes à la jeunesse et aux écoles. Un espace communautaire pour projections, concerts, cérémonies, et moments de partage. Jean-Baptiste Larose, artiste-peintre installé à Roxbury, y voit un carrefour vital :” Pour la première fois, j’expose ici, à Boston, mes œuvres inspirées de Vodou et de l’indépendance. C’est une reconnaissance que j’attendais depuis longtemps”
La maire de Boston, Michelle Wu, présente lors de l’inauguration, a salué ce projet comme un pilier de la diversité urbaine :” Ce centre rappelle que l’histoire de Boston est aussi celle d’Haïti, de la liberté, de la résistance et de la dignité.” Le Centre sera ouvert quatre jours par semaine (du mardi au vendredi, de 10h à 15h). Son avenir est garanti par un accord de mise à disposition gratuite du lieu pour 25 ans, renouvelable. Déjà, des partenariats avec des écoles, des universités et des institutions culturelles de la ville sont en cours. Des festivals, des rencontres littéraires et des formations en langue créole sont prévus pour l’automne 2025. La cérémonie s’est clôturée sur les paroles du poète Lyonel Trouillot, lues par une jeune élève de Brockton : “Nous sommes debout. Nous sommes la mémoire des tambours. Nous sommes la voix du Sud dans la langue du Nord.”
Schultz Laurent Junior avec la presse internationale
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