Erol Josué, le chantre du vaudou au Consulat haïtien à Paris
Écouter l'article
Le vendredi 28 février 2025, le Consulat général de la République d’Haïti à Paris a vibré au rythme de la culture vaudou, grâce au consul général Panel Lindor. L'événement a réuni des personnalités de renom, dont Lilas Desquiron, cheffe de mission d'Haïti à l'Unesco, l'intellectuelle engagée Monique Clesca et le poète Marvin Victor, créant un moment unique de célébration de l’héritage haïtien.
Dès 19h00, la salle était déjà bondée. Haïtiens de la diaspora, mélomanes étrangers et curieux de cette richesse culturelle unique avaient répondu présent, impatients d’entendre et de voir Erol Josué, dont la réputation ne cesse de grandir. Qu’il soit sur la scène prestigieuse du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac ou dans des espaces plus intimes comme celui du consulat, il attire toujours une foule passionnée.
Ce vendredi soir n’a pas fait exception : les invités munis de leurs cartons d’invitation se sont précipités pour s’assurer une place, mais très vite, la réalité s’est imposée : l’espace était trop exigu pour accueillir tout le monde. Ce léger désagrément n’a cependant en rien altéré l’ambiance. Dès les premières notes, la magie opérait. Erol Josué, fidèle à son art, a déroulé son répertoire avec la force et l’aisance qui le caractérisent, donnant à la salle des allures de sanctuaire musical, où le vaudou se faisait chant, rythme et énergie pure.
Sa voix, puissante et envoûtante, transcendait l’espace, et sa présence scénique imposait une connexion immédiate avec le public. Un « tour de chant vaudouesque », pourrait-on dire, mais avec ce supplément d’âme qui fait de chaque performance de l’homme une expérience immersive.
Entre prières chantées et invocations musicales, il a su emmener son auditoire dans un voyage au cœur de l’Haïti mystique, celle où la spiritualité et l’art ne font qu’un. Les percussions répondaient aux incantations, les voix s’élevaient en chœur, et bientôt, la salle entière vibrait au diapason de cette transe collective.
Musique, spiritualité et littérature
Cette soirée, le consulat haïtien n’était plus seulement un espace diplomatique, mais un carrefour d’émotions et de mémoire vivante. Erol Josué, en maître de cérémonie incontesté, a encore prouvé que le vaudou n’est pas seulement une croyance, mais aussi un langage universel, une force culturelle inépuisable, un pont entre l’ici et l’ailleurs, entre le passé et le présent.
Au cours de cette même soirée, Erol Josué, infatigable porte-voix de la musique et de la culture vaudou, a saisi l’occasion pour présenter et signer ses deux ouvrages. Un moment aussi littéraire que spirituel, où l’artiste-prêtre a dévoilé un pan plus intime de son univers, entre histoire, musique et poésie.
Le premier livre, “Erol Josué”, est une plongée dans son monde artistique et mystique. Plus de 200 pages où la musique vaudou se raconte, s’explique, se vit. Un récit personnel certes mais aussi une exploration de la religion nationale, un hommage aux vèvè, ces dessins sacrés aux lignes envoûtantes, où l’esthétique se mêle au spirituel.
À travers une alternance entre récits, photos et instants capturés, le prêtre vaudou se donne à voir et à pénétrer, dévoilant les mystères de son art et de sa foi. Mais au fil des pages, son manifeste musical et religieux devient une œuvre poétique, où les métaphores jaillissent avec une intensité inattendue, comme un reflet fidèle de l’âme haïtienne. Car en Haïti, tout est poésie, il suffit d’ouvrir les yeux pour la voir, de tendre l’oreille pour l’entendre. Et Josué, par ses mots, nous rappelle cette évidence.
« Pèlerin est son cœur qui n’a point de demeure, toujours s’aventure dans les escales pures de la rue vagabonde où le plaisir abonde. » Ces vers, extraits du livre, résonnent comme une mélodie ancienne, un chant errant entre les rituels nocturnes et les rues poussiéreuses, entre la mémoire des ancêtres et le tumulte du présent. Erol Josué ne se contente pas d’écrire, il incante, il invoque, il insuffle un souffle sacré à chaque mot.
Cette vente-signature n’a donc pas été qu’un moment de promotion, mais une véritable célébration où la musique, la spiritualité et la littérature se sont entremêlées avec la ferveur d’un rituel ancestral. Comme si, le temps d’une soirée, les esprits et les lettres avaient dansé ensemble sous le toit du consulat haïtien à Paris.
Maguet Delva
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.