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Au revoir Frankétienne : Le Baobab de la Littérature haïtienne

Au revoir Frankétienne : Le Baobab de la Littérature haïtienne

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Frankétienne, le grand gaillard de la littérature haïtienne ou la littérature tout coup, nous a quittés, laissant derrière lui un vide immense que le temps aura bien du mal à combler. Sa disparition marque la perte d'une figure incontournable, un esprit indomptable dont la voix résonnait bien au-delà des frontières d'Haïti. L'homme de Bel-Air, Foukifoura, Bobomasouri, Kalibofobo, il portait en lui l’âme profonde de ce quartier populaire, ancré dans l’histoire et les luttes du peuple haïtien. Son départ est celui d’un monument vivant, un pilier dont l’ombre protectrice continuera de planer sur la culture haïtienne.

Se proclamant lui-même le «génial mégalomane», Frankétienne assumait pleinement sa singularité et la grandeur de son ambition intellectuelle. Il n’était pas simplement un écrivain : il était une force, une présence qui incarnait à la fois l’insoumission et la quête perpétuelle de liberté. Son esprit bouillonnant, sa personnalité hors normes, son audace à se définir lui-même avec humour et lucidité traduisent l’ampleur d’un homme conscient de son rôle dans l’histoire culturelle haïtienne.

Frankétienne, ce grand gaillard à la carrure imposante et à la parole tonitruante, était un symbole de vitalité intellectuelle et créative. Il incarnait à lui seul l’élan d’une littérature qui ne se plie à aucune règle, une littérature tout coup, directe, jaillissante, traversant les barrières du langage et de la pensée. Son verbe était une arme, son souffle, un chant de liberté qui résonnait jusque dans les recoins les plus sombres de l’âme haïtienne.

Avec son départ, c’est un pan entier de la mémoire collective qui s’éclipse. Pourtant, son héritage demeure vivant, vibrant, indélébile. Il reste la sève la plus puissante que la littérature haïtienne ait jamais connue. Sa parole, à la fois forte et généreuse, continue de nourrir l’âme d’un peuple qui refuse de plier face aux tempêtes de l’histoire. Frankétienne était de ces figures qui ne disparaissent jamais totalement : il appartient désormais à l’éternité, à cette sphère où se tiennent les bâtisseurs de mémoire et de dignité.

Car, il faut le rappeler avec force : «un pays qui a produit Frankétienne ne peut pas être un nanisme sauvage du monde». Ces mots résonnent aujourd’hui avec plus de vigueur encore, comme un défi lancé au temps et aux vicissitudes de l’histoire. Frankétienne incarne cette grandeur insoumise, ce refus de l’effacement, cette capacité à transformer la douleur en puissance créatrice. Il a pu produire une œuvre à la mesure de son humanité : vaste, complexe, sensible, toujours insaisissable ,profondément enracinée dans la réalité haïtienne, mais aussi ouverte sur l’universalité des expériences humaines.

 

Feguerson Fegg THERMIDOR

ÉCRIVAIN- CRITIQUE LITTÉRAIRE

ecrivainfeguersonthermidor@gmail.com

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Nedjih Edmond

“La Divine Miséricorde à travers Marie et ma fontaine d’existence… Je suis Christique par la Foi et la Conviction.” L'immortel s'en est allé 🕯🕊 #Frankétienne

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