Mario Benjamin, Céleur et Guyodo exposent au magasin Valerio Canez
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Du 14 au 21 décembre 2024, le complexe de Valerio Canez, rue Darguin Pétion ville, accueille , sous le thème « Chiens , chats et autres chimères », une exposition collective réunissant les œuvres de Mario Benjamin, Céleur Jean Hérard et Guyodo. Une responsabilité qui ne va pas sans risque, compte tenu du caractère non orthodoxe de la démarche.
En effet, beaucoup plus qu’une simple exposition, tel que nous a habitués les galeries d’art depuis leur émergence au 19 ème siècle, c’est-a-dire basée sur un mode de spacialisation particulier où la linéarité de l’espace contraint souvent le visiteur à ne voir que ce qu’on lui donne à voir ( Brian O Doherty, White Cube : l’espace de la galerie et son idéologie) , c’est plutôt d’une installation scénographiée qu’il s’agit . Un aménagement à fonction multiple où les motifs animaliers de Céleur ( chats, chiens et autres fantômes imaginaires) côtoient des meubles de chambre et des mobiliers de bureau bien réels en vente au magasin , dans l’exhubérance des couleurs de Mario Benjamin et des bas-reliefs d’un Guyodo hésitant entre l’art brut ( dans le sens où l’entend Dubuffet) et l’artisanat d’art tout simplement.
Un choix effectivement osé mais que le plasticien Mario Benjamin, à la fois exposant et commissaire de l’exposition, semble pourtant assumer totalement. « L’espace est là, on est libre de faire ce qu’on veut avec », nous a-t-il dit, en réponse à ceux et celles qui prétendent que l’espace du magazin n’est pas approprié pour un tel évènement. Tout l’intérêt de cette exposition réside justement dans les réflexions qu’elle suscite et qu’elle suscitera non seulement sur l’œuvre et sur son rapport avec le marché des biens de consommation, mais aussi autour de l’espace qui l’accueille et qui n’est jamais accidentel.
Ainsi, la pluralité des fonctions accordées ici au mode de spacialisation, avec un accrochage particulier de type participatif faisant du visiteur et potentiel acheteur consommateur un véritable acteur de l’expérience artistique, permet aux œuvres exposées de se réinventer de nouveaux sens à côté des lits, des chaises, des tables , des canapés, des bureaux et d’autres objets. Mais, dans le cadre d’une dialectique du donner et du recevoir, elle donne aussi de la valeur ajoutée à ces produits ordinaires. Au risque même d’y voir une transgression des frontières entre quête esthétique et excentricité mercantile.
Voltaire Jean
Auteur, critique d’art
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