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La 6e édition de Les Rencontres du documentaire en Haïti explore les territoires perdus de Port- au-Prince

La 6e édition de Les Rencontres du documentaire en Haïti explore les territoires perdus de Port- au-Prince

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Les Rencontres du documentaire en Haïti reviennent pour une sixième fois dans le paysage culturel et artistique haïtien . Pour ce sixième tour de piste , l’ Association  Kit qui chapeaute cet évènement explore du 15 au 21 décembre 2024  les “ Territoires perdus” , le thème retenu de cette année. Il s’agit à travers ce thème de mettre sur les feux des projecteurs l’ image fanée, ensanglantée et moribonde qu’ est devenue Port- au-Prince , la capitale haïtienne.

Depuis quelques temps , Port- au-Prince , la capitale haïtienne vit des jours effroyables.La ville est devenue un tombeau à ciel ouvert. Les citoyens meurent en grand nombre chaque jour, victimes de la barbarie des gangs armés . Dans cette capitale assiégée par la peur et la désolation,le sommeil comme dit le poète  est dans la tourmente,  la lune sous écluses azurée s’agite sous le bosquet, la nuit s’évapore et le songe dément vagabonde. Les fleurs se mouillent par des pleurs improvisés. “ Territoires perdus” est le thème retenu pour pour la sixième édition de ce festival qui met une fois de plus à l’honneur cette année toute une panoplie de manifestations culturelles et artistiques :  Exposition photographique, projection de films, causeries,  une manière d’ investir les murs délabrés et abandonnés de cette ville tachée de calcaires. Dans son éditorial, le réalisateur et cheville ouvrière de Les Rencontres du documentaire en Haïti  Samuel Suffrin s’interroge tout en posant en même temps un regard inquisiteur Port au Prince, capitale de toutes les douleurs :” Que reste-t-il de cette ville si ce n’est que les tombes du cimetière de Port-au-Prince.
Les lits écrasés des hôpitaux.
Les cendres des maisons brûlées.
Les bancs vides des églises.
Les écoles abandonnées.
Les corps incendiés.
Les pneus enflammés.
Les poussières du palais national.
Un drapeau déchiré.
Port-au-Prince boit le sang de ses entrailles. 
Des vies noyées dans le silence.
Ma ville ne nourrit pas ses enfants.
Ses terres germent des cartouches.
Ma ville danse les morts. 
Ma ville est en guerre contre la vie. “

En plus d’ aborder  la situation chaotique du pays, de Port-au-Prince plus précisément.le festival organise une exposition photographique sur les murs de Port-au-Prince avec quelques clichés du photojournaliste Joseph Odelyn. Nous investirons quelques murs délabrés de cette ville,  et les transformerons en lieu d’exposition d’œuvres d’art. Un salon photo en ligne sera aussi créé pour permettre à  un plus large public d'accéder aux œuvres photographiques de Joseph.  En partenariat avec Ayibopost, des causeries seront diffusées en ligne pendant la période du festival avec des femmes militantes, des cinéastes, des photographes, des journalistes, des historiens, des sociologues qui abordent la thématique du festival de leur point de vue. Le festival s’ouvre d’ailleurs avec une performance poétique de l’artiste Ricardo Boucher dans l’un de ces camps de réfugiés de Port-au-Prince. Cette année, nous serons encore chez l’habitant, nous projetons des documentaires dans des maisons à Delmas, où tous les voisins pourront se réunir autour d’un film. Cette édition propose aussi quelques séances de projections en plein air dans ces quartiers-là qui sont jusqu’à présent libres d’accès. Sans oublier des films qui posent un regard sur la relation Haitiano-Dominicaine, seront particulièrement projetés dans quelques écoles de la capitale.  Parmi les films retenus : Il y a l’homme sur les quais de Raoul Peck,  Douvanjou ka leve de Gessica Généus, Massacre river, de Suzan Beraza , Déportéd de  Rachèle Magloire, Le violoniste, de Richard Senecal,Si Bondye vle Yuli, de Jean Jean Yuli , Apatrides de Michèle Stephenson et Trilogie : Amour, Ciel, Cendres de Samuel Suffren etc


Schultz Laurent Junior

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