Musée haïtien de la Diaspora: une exposition pour honorer les chauffeurs haïtiens ?
Écouter l'article
Dans l’histoire de la migration des familles haïtiennes et l’évolution des différentes communautés qui composent la diaspora, entre les Caraïbes, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, l’Europe, l’Asie et d’autres coins dans le monde, ils sont nombreux les hommes et les femmes, en majorité les hommes, des jeunes et des moins jeunes, qui se livrent dans les activités du transport en commun dans plusieurs grandes villes du monde, et parfois dans les coins les plus reculés. Qui sont ces chauffeurs de taxis, de camions, d’autobus, entre autres affectés dans la transportation des passagers et la livraison des marchandises ?
Dans quel sens le futur musée de la Diaspora haïtienne pourrait-il les honorer à travers des collections, des expositions, des publications, des projections, des animations pour valoriser leurs contributions à la fois dans leur pays d’accueil et leur pays d’origine ?
De la sociologie de la migration haïtienne à la socialisation des professionnels haïtiens du transport, établis dans plusieurs coins du monde, au fil des générations, les chauffeurs de taxis en particulier représentent des témoins privilégiés de l’arrivée en majorité des différentes vagues migratoires des Haïtiens.
Dans cette exposition qui sera consacrée à la diaspora haïtienne, avec une déclinaison sur les chauffeurs, le public sera en mesure de découvrir les différentes facettes et les étapes de ce corps de métiers, aussi difficile, à risque, exigeant et prestigieux.
Du plus ancien chauffeur de Taxis (jaune) à New York, en passant par le premier haïtien à s’associer aux services de « Uber », parmi d’autres entreprises spécialisées dans les services du transport en commun via les technologies, avant que les robots viennent progressivement mettent au chômage la majorité des migrants, qui tardent à se reconvertir dans la mécanique ou l’électronique et le numérique.
Des avantages, des privilèges et aussi des inconvénients participent dans la fabrication des métiers comme celui des chauffeurs. Quels sont les désavantages, ces impacts négatifs sur le bien-être, la santé, la sécurité, l’intégrité et la survie des chauffeurs, qui sont d’origine africaine et Haïtiens ? Quelles sont les blagues, les histoires insolites et d’autres anecdotes qui participent dans le quotidien des chauffeurs haïtiens qui rencontrent en permanence des cultures et des nationalités différentes ? Pourquoi exposer la vie et l’avenir des chauffeurs haïtiens dans la diaspora ?
De l’arrivée de ces migrants dans le nouveau pays d’accueil, en passant par les étapes à franchir pour passer les tests théoriques et pratiques pour obtenir le permis de conduire, et les autres documents autorisant le pilote à assurer les services de transports des passagers et des marchandises, suivant le type de véhicules. Toutes ces étapes seront présentées dans des expositions de photographies d’archives, de vidéos des simulations et des projections de documents ou des véhicules pilotés par les Haïtiens à Paris, à New York, à Montréal, et toutes les autres grandes capitales du monde ?
De nombreuses expositions ont déjà été réalisées dans plusieurs institutions dans le monde sur le secteur du transport et les professionnels au cours des dernières décennies. La maîtrise des thématiques et la scénographie de ces expositions pourraient grandement aider les responsables du musée haïtien de la diaspora à se documenter et à constituer l’une des plus importantes collections et expositions sur le sujet.
Dans la capitale française, on retiendra l’exposition titrée : « L’exposition des chauffeurs de taxis parisiens à la pollution atmosphérique ». On peut lire dans l’abstract : « Certains professionnels comme les policiers, les chauffeurs (ex. taxi, transport en commun…), les livreurs, les postiers, les travailleurs sur les routes et autoroutes, etc., sont fortement exposés, pendant leurs heures de travail, à la pollution de l’air due au trafic routier. Dans ce contexte, la question de la nature des polluants impliqués se pose, notamment celle des particules fines jugées néfastes pour la santé. Jusqu’alors, les premières études ont porté sur les mesurages dans l’habitacle des véhicules, des polluants réglementés (ex. monoxyde de carbone, oxyde d’azote…) mais rarement sur les particules ultrafines et la carbone suie, faute de dispositifs adaptés. ».
D’autres évènements en perspective : « Le week-end du 30 novembre et 1er décembre 2024, la 16e édition du Salon des taxis invite chauffeurs, institutionnels et partenaires à participer à un événement majeur de la communauté professionnelle. Forts du succès de la précédente édition, les organisateurs annoncent un millésime axé sur les préoccupations pratiques de l’activité. D’ores et déjà, les exposants se préparent pour offrir un moment de convivialité, d’innovations et de services. Marc Szperling, commissaire de l’exposition, nous en donne un avant-goût ! ». Comment les responsables du Musée Haïtien de la Diaspora pourraient-ils profiter de l’organisation du Salon des taxis 2024, ce grand rendez-vous pour les chauffeurs ?
Dans les différentes collections qui vont orner le musée de la Diaspora haïtienne, il sera possible de découvrir autant l’histoire des grandes personnalités politiques, des secteurs économiques, culturels, éducatifs et scientifiques, mais également des métiers souvent marginalisés, combien porteurs de bien-être et de retombés pour les familles de la diaspora et leurs parents en Haïti.
Dominique Domerçant
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.