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Diplomatie des villes: centenaire de Jimmy Carter, quelle leçon pour les anciens dirigeants haïtiens ?

Diplomatie des villes: centenaire de Jimmy Carter, quelle leçon pour les anciens dirigeants haïtiens ?

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De Washington au retour dans sa ville natale, qu’il n’a jamais laissé pratiquement, pendant et après ses fonctions de président de la République. “Né le 1er octobre 1924, Jimmy Carter avait un temps fait pousser de l’arachide à Plains avant de se tourner vers la politique. Lorsqu’il a quitté la Maison Blanche, en 1981, l’homme politique est retourné vivre dans cette ville de Géorgie, dans laquelle il célèbre ce mardi ses cent ans en famille, à son domicile, où il bénéficie de soins de fin de vie depuis février 2023.”. Combien d'anciens chefs d’Etat haïtiens peuvent se permettre de retourner vivre dans leur ville natale ? Et pourquoi, en dépit des bonnes intentions de certains ?

Dans une récente publication sortie dans Le Parisien, titrée: “L’ancien président américain Jimmy Carter fête ses 100 ans, une première pour un ex-dirigeant des États-Unis”, nous avons trouvé certains des matériaux nécessaires en vue de construire notre argumentaire pour tenter de sensibiliser les élites haïtiennes, et en particulier la génération haïtienne émergente (locale et diaspora), en particulier les écoliers, les techniciens, les universitaires et les professionnels sur l’importance de maîtriser les contours des différents concepts qui contribuent à ériger cette approche autour de la diplomatie des villes en Haïti.

“Dans l’État de Géorgie (États-Unis), plus précisément dans la petite commune de Plains, personne n’a oublié Jimmy Carter. Ancien président des États-Unis et prix Nobel de la paix,  il s’apprête à être fêté comme un « héros » dans sa ville natale ce mardi, à l’occasion de l’anniversaire de ses 100 ans, rapporte l’article tout en nous inspirant à formuler certaines questions autour des éventuelles relations ou des réalisations des anciens chefs d’Etat haïtiens avec leurs villes natales. Ceci, sans se faire interpeller ou inviter à “Poze bon kesyon”, par l’ancien président haïtien et le plus proche voisin de la représentation de Washington à Tabarre, qui a eu a rencontré plus d’une fois l’ancien président américain centenaire (1 octobre 1924-2024), Jimmy Carter.

Des habitants fiers de célébrer le centenaire de Carter: “Si les habitants de Plains ne peuvent pas profiter de la présence de l’ancien président, ils comptent bien fêter eux aussi cet anniversaire particulier : en effet, Jimmy Carter est devenu le premier président américain à passer le cap du centenaire. Un concert sera ainsi organisé dans l’ancien lycée du démocrate, une cérémonie de naturalisation de 100 personnes et un défilé aérien d’avions militaires auront également lieu.”.

Devenir un symbole de réussite, de succès et un modèle d’inspiration pour les familles et toute sa ville natale, l’exemple du président centenaire qui n’est certainement pas l’exception dans le monde et en Haïti se précise encore selon le même article publié dans la presse française, à travers l’intertitre suivant  :  « C’est une bénédiction de l’avoir ici ». 

Des opinions partagées et qui persistent et signent entre les habitants: “À Plains, l’ancien président américain est très apprécié : « Jimmy est un homme bon, un homme pieux, et c’est ce que les gens aiment chez lui », explique à l’AFP Carl Lowell, un habitant de Plains. Tous les habitants de la commune semblent être reliés de près ou de loin au 39e président des États-Unis. « C’est une bénédiction de l’avoir ici », abonde Inez Battle, 72 ans. L’ancien dirigeant, qui fut également gouverneur de Géorgie, a joué un rôle central dans la création d’un centre local pour enfants dans lequel elle était bénévole, dit-elle. Cet établissement a beaucoup bénéficié à la communauté afro-américaine, salue Mme Battle, qui se souvient avec émotion des réunions avec M. Carter. « Au lieu de dire : on va faire ça, il vous demandait votre avis ».”.

Devenir célèbre ou une autorité sans détruire les liens avec son passé, ses origines ou sa ville natale ;  Défendre le développement de sa ville pendant et après ses moments de gloire sans imposer sa voix sur la population ; Développer des institutions destinées à assister les personnes du troisième âge, tout en encourageant des activités valorisantes et inspirantes au sein de cette communauté au bénéfice des enfants et des jeunes, afin de continuer à rester debout et vivant aux yeux des différentes générations ; Dynamiser de façon harmonieuse et prospère les relations économiques, culturelles, éducatives,  scientifiques ou politiques,  entre votre ville natale avec d'autres entités géographiques, institutionnelles ou philanthropiques locales ou internationales dans l'intérêt du plus grand nombre ; Déconstruire dans l'imaginaire contemporain la logique du dépaysement des dirigeants haïtiens à la sortie du pouvoir. Tels sont les cinq leçons retenus parmi d'autres dans ce retour à la source. 

Diplomatie des villes en Haïti. Comment présenter la création et l'évolution des communes d’Haïti à partir des repères diplomatiques, des dimensions géopolitiques et des références inscrites dans les relations internationales ?  Quel est l'état des lieux de la coopération décentralisée entre les communes d'Haïti avec d’autres villes dans le monde en 2024 ? Pourquoi encourager les administrations communales du pays à engager des conseillers diplomatiques,  ou à se doter et renforcer leur unité, service, cellule  ou direction de la coopération ? Quels sont les avantages pour une ville de disposer d’un diplomate comme maire ? Comment répertorier toutes les dimensions diplomatiques dans les villes en Haïti dans ce contexte de mondialisation ?  Comment négocier l’avenir de la capitale haïtienne et des autres villes du pays, sans tenir compte des enjeux diplomatiques et géopolitiques, en passant par la diaspora haïtienne établie dans d’autres villes et régions dans le monde ?

Diplomatie des villes natales des anciens chefs d’Etat haïtiens. Quels sont les rares chefs d’Etat haïtiens qui sont morts dans leurs villes natales respectives ? Que deviennent les anciennes résidences familiales des anciens chefs d’Etat haïtiens, des années après la fin de leurs mandats ou des décennies à la fin de leur régime politique ? Pourquoi l’Etat haïtien devrait-il décréter patrimoine national ou communal les anciennes résidences des chefs d’Etat haïtien afin de protéger ces bâtiments symboliques en tant que bien culturel et site touristique à visiter ? Quels sont les avantages pour chaque mairie en Haïti pour répertorier et valoriser ces lieux historiques, ces résidences symboliques à des fins d'éduquer et d’inspirer la jeunesse haïtienne ?

Diplomatie des villes autour de la ville natale des actuels dirigeants haïtiens. Avec un conseil présidentiel de sept membres, en dehors du premier ministre et des ministres du gouvernement de transition installé au milieu de l'année 2024, la création et la promotion d’un fonds d’investissement et de renforcement des infrastructures des villes natales de ces dirigeants, peut paraître comme une action discriminatoire et impopulaire face à la majorité des autres communes qui seraient délaissées, et pourtant, les parlementaires disposent également des enveloppes respectives pour leurs communes d’attaches ou juridictions dans le temps, cela aurait pu servir à encourager la formulation d’une politique publique dans la ville natale des anciens dirigeants haïtiens, avec la création d’une bibliothèque communale, d’un musée pour la ville, d’un centre professionnel polyvalent, ou de tout autre institution culturelle, éducative et Communautaire destinée à encadrer les familles et à accompagner les jeunes en général dans la ville.   

Diplomatie des villes en Haïti, au temps des violences urbaines. Comment se négocient à la fois la circulation et l’isolement entre les différentes villes d’ailleurs qui produisent des armes et munitions et les villes d’Haïti qui comptent les victimes des violences causées ? Comment  s’organise sous l’influence des médias la construction dans l’imaginaire ou la représentation dans le langage populaire des autres villes fragiles dans le monde dans le temps, éloignées d'Haïti mais portant inscrites dans le vocabulaire populaire, comme Tokyo, Boston, Bagdad, Kosovo entre autres ?

Dans la célébration du centenaire de la naissance de l’ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter, dans sa ville natale, l’invitation a été faite à tous les hommes et les femmes d’Etat, d’ailleurs, et surtout d’ici, en Haïti, à ne pas renier, délaisser, oublier, négliger, ignorer et marginaliser sa ville natale, son quartier d’origine, et parfois même l’endroit symbolique où la résidence qui l’a vu naître. En invitant les anciens et actuels dirigeants et des autres membres des élites du pays à se rattraper, à se réconcilier avec leurs villes natales respectives, ils seront nombreux, les dizaines, les centaines et les milliers de familles et des jeunes qui vont s’inspirer de cette marque de reconnaissance et d’affirmation du sentiment d’appartenance à la terre natale. Savoir représenter sa ville natale avec honneur, pouvoir défendre et négocier des avantages au profit du développement de sa ville d’origine en particulier,  tels sont parmi les atouts proposés par l’art de promouvoir et surtout pratiquer en Haïti, de façon intelligente la diplomatie des villes ?

 

Dominique Domerçant 

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