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Diplomatie culturelle : renforcement de la coopération entre Haïti et le BIE ?

Diplomatie culturelle : renforcement de la coopération entre Haïti et le BIE ?

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Depuis environ deux ans, les relations de coopération multilatérale  entre la République d’Haïti et le Bureau international des Expositions (BIE) se renforcent dans les différents domaines stratégiques relatifs aux expositions internationales. En dehors de la participation successive d’Haïti aux différentes commissions depuis 2022, le volet du programme de renforcement des capacités vient de franchir une nouvelle étape, avec la formation des cadres haïtiens dans les champs des expositions internationales, parmi les principales actions entreprises sous le leadership de la ministre des Affaires étrangères et des Cultes Dominique Dupuy.

Depuis 1949, la République d’Haïti s’est inscrite dans l’histoire universelle en tant que premier pays dans la région Amérique latine et la Caraïbe à organiser une exposition universelle (internationale), en dehors des États-Unis et du Canada, et le seul État d’origine africaine à imposer son histoire et sa culture à la face du monde, dans cette dynamique internationale qui institutionnalise et instrumentalise le concept des expositions comme outil diplomatique, instrument de communication, de négociation, de rapprochement des pays et de représentation à la fois des créations et des inventions dans les différents domaines valorisant chaque pays.  En attendant qu’un autre État de la Caraïbe rattrape les marques de l’excellence haïtienne de 1949, et qu’un premier pays africain complète la liste des pays à organiser les expositions internationales dans le monde, Haïti demeure cette référence, et a pour obligation de se réinventer à la face du monde. 

D’ici l’année 2049, le pays  devrait commémorer le centenaire de cette grande aventure historique, symbolique et inoubliable qui a fait la fierté du pays, à l’occasion de la commémoration du bicentenaire de la création de la ville de Port-au-Prince par le président Dumarsais Estimé. Quels sont les enjeux pour Haïti pour se préparer à une nouvelle réédition de cette célébration dans la capitale ou dans une autre ville qui serait aménagée pour la circonstance ? Comment ressusciter cette capitale sous les ruines, les décombres et le délabrement provoqué par les groupes de terroristes qui font la loi dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince ? Pourquoi la formation des ressources haïtiennes dans les champs de la planification, l’organisation et la préparation des expositions internationales se confirme comme une action intelligente et durable pour le BIE et pour Haïti ?

Dans moins d’un an, en  2025, le Japon qui a connu les revers de la Seconde Guerre mondiale en 1945 devrait récidiver par l’organisation d’une nouvelle exposition internationale, à travers les grands chantiers de l’Expo Osaka 2025. Une belle occasion qui est offerte à plusieurs pays dans le monde, incluant Haïti, qui devra mobiliser des ressources importantes de façon intelligente pour renforcer sa participation, pour renouveler sa présence et pour faire rayonner sa culture et ses couleurs, ses saveurs et son honneur dans ces différents domaines qui constituent la carte de visite de la première République noire dans le monde.

Différents sous-thèmes comme : “Sauver des vies, Inspirer des vies, Connecter des vies”, devraient illustrer et renforcer la vision et les valeurs qui vont enrichir  la thématique principale de l’Expo 2025 Osaka, Kansaï, Japon, qui se définit comme suit : “Concevoir la société du futur, imaginer notre vie de demain”.  À travers le concept de : “Laboratoire vivant des peuples”, les plus hautes autorités politiques, les élites économiques et culturelles du Japon, entendent marquer l’histoire universelle durant les prochains mois. Les autorités japonaises impliquées dans cette exposition prévoient une  fréquentation du site autour de 28,2 millions d’entrées,  et environ 3,5 millions de visiteurs étrangers.

De telles prévisions ne seront pas uniquement bénéfiques et profitables pour le Japon. L’ensemble des pays participants comme Haïti devront se préparer et s’organiser, se mobiliser et investir dans des projets inédits, économiques et réalistes qui aborderont les trois principales thématiques du Bureau international des Expositions que sont l’éducation, l’innovation et la coopération.

Dans quel sens la République d’Haïti pourrait-elle bénéficier et profiter de cette nouvelle vitrine, pour dépasser ses limites, après l’expérience peu rayonnante au Qatar, parmi plusieurs autres rendez-vous manqués ? Quels sont les enjeux pour le pays de Jean-Jacques Dessalines, de Henry Christophe et de Dumarsais Estimé, pour profiter de cette nouvelle expérience ? Quels sont les avantages pour Haïti en participant à ces expositions internationales et dans le cadre de cette nouvelle dynamique  de renforcement de sa coopération avec le BIE ? Quelles sont les ressources additionnelles à mobiliser, afin de permettre à Haïti de mieux se représenter et de profiter des prochaines expositions à venir ? 

Dans une approche basique ou même pédagogique, il serait important de définir ce qu’est une exposition ? Selon le BIE : “Une Expo est un événement mondial qui vise à éduquer le public, à promouvoir le progrès et à favoriser la coopération. C’est le plus grand lieu de rencontre au monde, réunissant les pays, le secteur privé, la société civile et le grand public autour d’expositions interactives, de spectacles vivants, d’ateliers, de conférences et bien plus encore.”, peut-on lire sur le site de cette institution de référence dans le secteur.

Disposant son siège à Paris, le Bureau international des Expositions (BIE) a été créé en 1928 par 31 pays, le BIE compte désormais 184 États membres, preuve du succès des Expos et de l’intérêt grandissant que les pays leur portent. Les États membres du BIE, incluant Haïti,  prennent part à toutes les décisions de l’organisation et œuvrent à l’amélioration continue de ces événements d’année en année.

Dimitri S. Kerkentzes occupe actuellement la plus haute fonction de l’institution, au titre de Secrétaire général du BIE. Dans le cadre de la séance de formation organisée au cours du mois de septembre de 2024, qui a permis à plusieurs cadres haïtiens et des spécialistes engagés au service d’Haïti, de s’informer et de former, pour mieux responsabiliser et assister les plus hautes autorités, les élites et la société haïtiennes en général, plusieurs autres spécialistes et responsables étaient présents. On peut citer : Melchor Mazzini, Anca Anghel, Stephano Acbano, Wanja Roguez, Sarah Carosiello, Ronald Cullens et Joseph Lau.

Dans la partie haïtienne, on pouvait rejoindre différents cadres, notamment des diplomates,  des spécialistes de la  culture et de l’éducation, des commissaires d’expositions, tous des professionnels confirmés dans leurs domaines respectifs se sont réunis durant cette session, parmi lesquels figurent : Louino Volcy, Jean Marie Théodat, Florence Alexis, Dominique Domerçant, Barbara Germain, Pierre Jude Buteau, Nixon Destiné,  Marie Michèle Isaac Lalanne, Jean Berthony Mathieu, Marie Mahallia M. Chéry, Eugène Piard.   

Des expositions proposées par le BIE sont réparties dans les quatre catégories suivantes : les  expositions universelles, les expositions spécialisées, les expositions horticoles et la Triennale Milano. “Le BIE est l’Organisation intergouvernementale chargée de superviser et réglementer toutes les Expositions internationales de nature non commerciale et qui durent plus de 3 semaines. C’est ce que nous appelons les "Expos". Aujourd’hui, quatre types d’Expos sont organisées sous les auspices du BIE : les Expositions universelles, les Expositions spécialisées, les Expositions horticoles et la Triennale Milano.”, rapporte le site officiel de l’institution.

D’autres informations pertinentes à retenir dans la présentation du BIE : “Notre mission est de garantir le succès de ces événements mondiaux, de protéger les droits de leurs organisateurs et participants et de préserver leurs valeurs fondamentales que sont l’Éducation, l’Innovation et la Coopération. Pour cela, nous : Choisissons les pays organisateurs des futures Expos ; apportons aux pays candidats et aux pays hôtes notre expertise en matière d’événementiel, de nation branding et de diplomatie publique; réglementons l’organisation de l’événement et assurons que le pays hôte et les participants respectent la Convention du BIE et les règles de l’Expo”.

De nombreuses dates importantes vont contribuer dans le renforcement de cette nouvelle dynamique de coopération multilatérale et de commémoration institutionnelle entre la République d’Haïti et le Bureau international des Expositions. Haïti devrait s’organiser pour profiter de ce nouvel élan diplomatique et culturel avec la BIE, à travers les prochaines réunions en perspective, les missions et  suivis des dossiers à assurer, dans  les prochains mois,  et surtout pour  les quatre prochaines années devant marquer le centenaire de l’institution, et en particulier durant le prochain deuxième quart de siècle qui ramène le centenaire de la première exposition universelle organisée par Haïti en 1949.

 

Dominique Domerçant 

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