«Simityè Kamoken» à l’affiche à Anba zanmann
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À Anba zanmann, chez le poète Sonson Mathurin se tiendra le 22 septembre 2024 la projection du film : «Simityè Kamoken » réalisé par la journaliste et cinéaste Rachèle Magloire. Deux séances seront programmées pour ce jour et elles seront suivies de débats pour permettre au public de se remémorer quelques séquences de terreur de la dictature de François Duvalier.
Ce film porte essentiellement sur l’un de ces mouvements armés, les FARH (Forces Armées Révolutionnaires d’Haiti) dirigé par le révolutionnaire Fred Baptiste, originaire de Jacmel dans le département du Sud-Est. A cette époque la dictature qui venait de s’officialiser ne cachait plus sa brutalité implacable. L’opposition pacifique était devenue impossible. De plus en plus de gens fuyaient. Ce mouvement s’est organisé depuis la République dominicaine, où ils se sont entraines. Fred et ses hommes sont entrés en Haiti en 1964 au lendemain de la proclamation de la « présidence à vie » de François Duvalier et durant 2 mois ils ont tenté de structurer une guérilla et mené des actions contre des macoutes de la région. Plusieurs paysans se sont joints ou ont tenté de se joindre à la guérilla.
En 1964, suite au débarquement d’une trentaine d’hommes armés pour le renverser, le dictateur haïtien Duvalier déclenche une campagne de terreur pour dissuader les paysans de rejoindre la rébellion, composée d’hommes originaires de la région où ils s’étaient installés : le Sud-Est. Plus de 50 ans après, les paysans racontent pour la première fois leur histoire. Pres de 40 ans après la fin de la dictature, on réalise que le travail de mémoire est loin d’être terminé.
« Simityè Kamoken » porte essentiellement sur l’un de ces mouvements armés, les FARH (Forces Armées Révolutionnaires d’Haiti) dirigé par le révolutionnaire Fred Baptiste, originaire de Jacmel dans le département du Sud-Est. A cette époque la dictature qui venait de s’officialiser ne cachait plus sa brutalité implacable. L’opposition pacifique était devenue impossible. De plus en plus de gens fuyaient. Ce mouvement s’est organisé depuis la République dominicaine, où ils se sont entraines. Fred et ses hommes sont entrés en Haiti en 1964 au lendemain de la proclamation de la « présidence à vie » de François Duvalier et durant 2 mois ils ont tenté de structurer une guérilla et mené des actions contre des macoutes de la région. Plusieurs paysans se sont joints ou ont tenté de se joindre à la guérilla. Bernard Diederich, un journaliste de Nouvelle Zélande établi en Haiti d’où il est expulsé en 1963, a documenté cette rébellion et partagé avec nous, ses documents, ainsi que ses souvenirs.
Une Histoire jamais documentée
Le film se concentre sur la répression sauvage contre la population dans le Sud-Est d’Haiti. Pour la première fois, ces événements sont documentés. Des témoins des fait, d’autres don’t la famille a été décimée ainsi que d’anciens membres des services de sécurité locaux racontent. Deux anciens révolutionnaires et le vieux journaliste néo-zélandais, ami des kamokens, disent ce qu’ils ont vécu et vu. « Mon enquête s’appuie largement sur leurs témoignages qui sont recoupés avec des documents officiels récupérés auprès des forces armées haïtiennes et des services de renseignement nord-américains, aujourd’hui déclassifiés. Je fais également appel à ma propre mémoire en évoquant mon parcours familial, en exil, puis de retour après la chute de la dictature. Jai pu enrichir toute cette matière avec les archives familiales depuis les films et photos de mon père, de mon frère, les travaux de ma tante Adeline Magloire-Chancy, et surtout l’analyse de la dictature par mon oncle Max Chancy livrée au réalisateur Québécois Daniel Bertolino en 1974, et qu’il m’a gentiment autorisé à utiliser. » A fait savoir Rachèle Magloire
Née à Port-au-Prince, le 31 Décembre 1961. Rachèle Magloire a grandi au Québec où elle a terminé une Licence en communications, avant de retourner en Haiti en 1987. Issue d’une famille de démocrates révolutionnaires qui ont participé activement aux luttes pour la démocratisation. Un de ses oncles a été exécuté en pleine rue en 1963, un autre oncle et une de ses tantes étaient recherche.es, son père brièvement arrêté et toute sa famille a abouti en exil. Revenue au pays après la chute du régime en 1986, elle a mené plusieurs enquêtes pour contribuer à retracer l’histoire de ces mouvements et des sacrifices de milliers de militants qui par centaines ont payé de leur vie leur engagement dans la lutte pour la liberté. Journaliste à ses débuts, elle a rapidement été happée par les nombreux soubresauts politiques et sécuritaires de la transition, depuis les régimes militaires qui ont succédé à Jean-Claude Duvalier, jusqu’aux différents gouvernements civils issus d’élections généralement contestées. En abordant ce film, elle s’est totalement replongée dans les années noires, qui ont été des années de luttes et de souffrances parfois inimaginables, comme celle de perdre des dizaines de personnes dans une seule famille. Aujourd’hui encore des témoins sont réticents à parlerJ Rachèle Magloire espère que ce film contribuera non seulement à honorer la mémoire des combattants et des victimes, mais aussi à tenter de comprendre l’origine de la violence armée qui frappe actuellement Haiti.
Schultz Laurent Junior
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