Éducation et insécurité en Haïti : regards croisés sur les réalités d’ici et d’ailleurs !
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« Dire adieu à l'insécurité! », tel est le rêve de plus d’un, en particulier des dizaines et centaines de milliers de familles en Haïti et dans ses communautés établies à l’étranger, et dans d’autres pays, notamment dans plusieurs États en Afrique. Ce titre tiré de l’ouvrage de Beth Moore nous propose des pistes de réflexion assez pertinentes pour aborder une telle problématique.
Dans le résumé disponible sur internet, et dans des espaces littéraires on peut lire : « Peut-être le mot insécurité a-t-il attiré votre regard ?... ...et toutes vos insécurités enfouies ont refait surface. Les images et le message que nous envoient quotidiennement les médias ne font qu'aggraver le sentiment d'insécurité qui est déjà en vous et toutes ces craintes qui vous déstabilisent. Vous avez besoin d'aide. (Et vous n'êtes pas la seule !) Peut-être que, globalement, vous allez bien... »
Des regards croisés sur les différentes dimensions à prendre en compte : « Mais n'y a-t-il pas toujours toutes sortes d'insécurités sur lesquelles vous pourriez travailler ? Les choses pourraient aller mieux, non ? Mais vous vous demandez : Puis-je vraiment dire “Adieu” à mes insécurités ? (Oui, vous pouvez !) Pourquoi autant de femmes éprouvent-elles ce sentiment ? Et celles que nous réalisons, le connaissent-elles aussi ? L'auteure de ce livre, Beth Moore, parmi toutes les autres, a-t-elle été prise à l'insécurité ? (Oui, elle aussi !) Voulez-vous, vous aussi, être libéré de tout sentiment d'insécurité ? Alors, ce livre est fait pour vous ! », conclut la présentation du livre.
Des titres comme: « Insécurité, le défi de l'homme » de Michel Le Mappian, en dehors de « Dire adieu à l'insécurité! » de Beth Moore ; « Sociologie politique de l'insécurité. Violences urbaines, inégalités et globalisation », de Sebastian Roché ; « Avoir peur. Insécurité et roman en Afrique francophone », de Alexie Tcheuyap ; « Quand la justice crée l'insécurité », de Xavier Bébin ; « L'insécurité sociale. Qu'est-ce qu’être protégé ? », de Robert Castel ; « Éloge de l'insécurité », d’Alan Watts ; « Le prix de l'insécurité. Enquête sur les défaillances de l'État, de Christophe Eoche-Duval,« L'insécurité culturelle, de Laurent Bouvet. Parmi d’autres, sont à découvrir et à lire, pour mieux s'instruire et construire sa résilience dans ce chaos.
Derrière le titre : “Insécurité, le défi de l'homme”, qui porte la signature de Michel Le Mappian, avocat depuis 1974, maire adjoint de Nantes depuis 1977. “Il en résulte une forte expérience relative aux questions de société et particulièrement d'insécurité. L'auteur refuse de considérer que la répression est la solution absolue. Il décrit les mécanismes qui ont abouti à une lente dégradation d'une société qui, en fait, a perdu une bonne partie de ses valeurs et de ses références.”
D'un certain laxisme sur les principes éducatifs, une perte de repères de rapports sociaux parfois sur des choses simples, “l'avoir plus que l'être” autant d'éléments qui, parmi d'autres, expliquent l'incivilité sociale. Mais l'auteur veut croire en l'Homme et élabore une reconquête des rapports sociaux. Les vertus républicaines sont des vertus d'espérance quand elles s'appellent : rôle de la famille, école, solidarisme, justice éducative, urbanisme.
Dans ce contexte, certains ont un rôle fondamental à jouer, qu'il s'agisse des enseignants ou des éducateurs, mais aussi de chaque citoyen. Cet ouvrage est aussi la démonstration que l'humanisme, valeur suprême, peut se conjuguer avec modernité. C'est ce qui en fait une valeur éternelle.
Difficile de ne pas aborder les différents angles et dimensions de cette problématique, sans prendre en compte la “Sociologie politique de l'insécurité. Violences urbaines, inégalités et globalisation”. À travers les recherches et réflexions de Sebastian Roché, nous sommes invités à comprendre que : “Les causes de l'insécurité ne sont pas là où ses manifestations sont médiatisées, dans les banlieues. Les désordres plongent leurs racines dans les difficultés économiques, mais aussi dans ce à quoi nous sommes tous le plus attachés : l'individualisme des valeurs et des modes de vie. Ce travail de recherche et de référence souligne la nécessité de renforcer l'analyse des causes profondes d'un malaise et d'un mal de vivre croissants.”, comme le rappelle le résumé du livre.
De : “La délinquance des jeunes. L'insécurité en question”, cet ouvrage d’Olivier Guéniat, préfacé par Jean Zermatten, nous livre une nouvelle lecture : “Sur la délinquance des jeunes, un directeur de police réunit ici quatre approches: des chiffres parfois inédits, les travaux de référence de la criminologie, quelques aspects législatifs, enfin de nombreux cas tirés de ses dossiers. L'auteur, fort de son expérience, et sans craindre de prendre position, analyse l'évolution des délits mineurs. Leur nombre baisse, ce qui surprend et contredit le battage médiatique.”
D'autres aspects non négligeables comme : “Certains comportements se font plus violents. Ce livre traite dans cette perspective l'action des bandes, le ciblage des jeunes et le marketing, la haine raciale, le cannabis et particulièrement l'emprise de la télévision et d'internet, qui crée une périlleuse réalité virtuelle, avec des dérives telles la pornographie ou la pédophilie. L'ensemble du problème de l'insécurité se trouve éclairé par des vérités parfois brutales, mais contrastées.” L'auteur cerne ici les dangers hors des paniques irrationnelles.
De quoi : Avoir peur. Insécurité et roman en Afrique francophone ». Dans ce livre signé Alexie Tcheuyap, on se lance dans des questionnements pertinents: « Pourquoi la peur reste-t-elle prise en charge par des écrivains africains de générations différentes ? Quelles configurations sociopolitiques se dessinent lorsqu'on passe de l'État espéré de droit à l'État d'insécurité absolue? Avoir peur serait-il un paradigme essentiel de lisibilité de l'expérience postcoloniale ? Partant d'une analyse transversale du roman africain de langue française, les auteurs mettent en lumière la vulnérabilité de sujets qui, suppliciés par des épidémies ou des catastrophes de tous ordres, vivant dans la hantise d'être muselés, arrêtés, torturés par les “forces de l'ordre”, milices, bandes criminelles et terroristes islamistes infestant des autocraties tropicales, sont promis à une fin tragique. »
Démarche qui : « Offre des pistes essentielles pour l'interprétation de l'insécurité comme signe, cet essai construit des hypothèses sur le rôle de l'État et le sens du politique en contexte de déréliction. Il détermine également les conditions de possibilités d'une véritable émancipation dans une conjoncture où les autoritarismes les plus brutaux sont pris de panique. »
De nombreux observateurs se questionnent sur les origines profondes de cette crise sociétale majeure, en particulier : « Quand la justice crée l'insécurité ». À travers les écrits de Xavier Bébin, on abordera : « Le fonctionnement actuel de notre système judiciaire met en danger la sécurité des citoyens. Face à cette insécurité, il ne faut plus se demander : “Que fait la police ?”, mais : “Que fait la Justice ?” Car une réalité insoupçonnée du monde pénal favorise l'impunité et se désintéresse des victimes. Contre le “judiciairement correct”, ce livre démonte toutes les idées reçues qui engendrent dérive de notre société et perte des valeurs, lesquelles fondent toute politique de lutte contre la délinquance. »
Divers acteurs et points de vue se complètent: « Parmi ces préjugés, on entend que la prison est l'école du crime, ou que la pauvreté est une cause de la criminalité. Ce “dogmatisme pénal” empêche nos dirigeants de prendre les mesures qui s'imposent. Grâce à un travail acharné avec tous les acteurs concernés (juges, avocats, psychiatres, policiers, victimes, responsables politiques) et à une riche documentation, Xavier Bébin nous livre ici un texte vif et courageux qui décrit les dérives d'un système judiciaire et nous donne une vision plus juste du crime et de la justice pénale en France. », conclut le texte de présentation de l’ouvrage.
Demandez-vous ce qu'est : « L'insécurité sociale. Qu'est-ce qu’être protégé ? », et l’auteur Robert Castel vous répondre que : « L'association de l'État de droit et de l'État social devait permettre de construire une “société de semblables” où, à défaut d'une stricte égalité, chacun serait reconnu comme personne indépendante et prémuni contre les aléas de l'existence (chômage, vieillesse, maladie, accident du travail...) ; “protégé”, en somme. Ce double pacte - civil et social - est aujourd'hui menacé. D'un côté, par une demande de protection sans limites, de nature à générer sa propre frustration. »
De l'autre, par une série de transformations qui érodent progressivement les digues dressées par l'État social : individualisation, déclin des collectifs protecteurs, précarisation des relations de travail, prolifération des « nouveaux risques »... Comment combattre cette nouvelle insécurité sociale ? Que signifie être protégé dans des « sociétés d'individus » ? C'est à ces questions que tente de répondre Robert Castel.
Dans cet : « Éloge de l'insécurité », titre du livre d’Alan Watts, il confie : « “J'ai toujours été fasciné par la loi de l'effort inverse : quand vous essayez de rester à la surface de l'eau, vous coulez ; mais quand vous essayez de couler, vous flottez. Mon livre explore cette loi en l'appliquant à la recherche par l'homme de la sécurité psychologique, et à ses efforts pour trouver des certitudes spirituelles et intellectuelles dans la religion et la philosophie. Écrit avec la conviction qu'aucun thème ne pourrait être mieux approprié à une époque où la vie humaine semble particulièrement précaire et aléatoire, il soutient que pareille insécurité résulte de la volonté d'atteindre cette sécurité, et que, a contrario, salut et bon sens consistent à reconnaître le plus radicalement possible que nous n'avons aucun moyen d'assurer notre propre salut.”
Découvrir : Le prix de l'insécurité. Enquête sur les défaillances de l'État », à travers les écrits de Christophe Eoche-Duval. Il nous fait l’inventaire de : « Combien de morts chaque année “pour cause d'insécurité” ? Insécurité routière, crimes intrafamiliaux, violence de droit commun... L'insécurité sous toutes ses formes cause de nombreuses victimes chaque année en France. Pourtant, nous consentons à réduire chaque jour davantage nos libertés pour remettre notre sécurité entre les mains de l'État. Pour quels résultats ? Si le premier des droits de l'homme est le droit de vivre en sécurité, comment l'État le fait-il respecter ? Afin de répondre à ces questions de société, l'auteur nous invite à suivre son enquête au cœur de la problématique de la sécurité en France, en s'appuyant sur des données chiffrées et officielles. », tout en concluant que : « Mais l'insécurité n'est pas une fatalité ! Cet essai est un plaidoyer pour que l'État s'applique à lui-même une obligation de résultat, et garantisse la sécurité de ses citoyens - ou qu'il paie le prix de ses défaillances. ».
Dans le cas d’Haïti comme partout ailleurs, on ne saurait négliger la dimension de : « L'insécurité culturelle, explorée dans l’ouvrage de Laurent Bouvet. “La crise économique ne suffit pas à expliquer le malaise français. Face aux bouleversements de l'ordre du monde et aux difficultés du pays, la montée du populisme et du Front national témoigne d'une inquiétude identitaire et culturelle. Comment vivre ensemble malgré nos différences ?Laurent Bouvet, spécialiste des doctrines politiques et observateur attentif de la vie politique, examine l'origine de cette angoisse et ses effets.”. En décortiquant les représentations, vraies ou fausses, que nos concitoyens se font de la mondialisation, de l'Europe, de l'immigration, de l'islam ou des élites, il montre comment des dimensions culturelles se mêlent étroitement aux conditions matérielles. Rompant avec l'aveuglement et le conformisme. Ce dernier est professeur de sciences politiques à l'Université Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Le Communautarisme. Mythes et réalités (Lignes de Repères, 2007) et Le Sens du peuple. La gauche, la démocratie, le populisme (Gallimard, 2012).
Dans cette liste de neuf ouvrages proposés sur la problématique de l'insécurité, parmi plusieurs centaines d’autres titres, retenus dans plusieurs langues, incluant les auteurs évoluant en Haïti et dans la diaspora, je vous inviterai à explorer ensemble les contours d’un plaidoyer autour de l’importance pour les écoles ou universités en Haïti d’organiser une semaine sur la problématique de l'insécurité dans le monde et en Haïti. À travers les apports de l'éducation, les écoliers et les universitaires pourront mieux maîtriser les principales connaissances, développer des compétences, afficher des comportements plus responsables, et construire une culture résiliente autour de l'insécurité, qui n’est pas un problème exclusivement haïtien.
Dominique Domerçant
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