Écrire à la rédaction
Radio Pacific 101.5 fm
Culture

Port-au-Prince danse avec les zombies de canapé Vert

Port-au-Prince danse avec les zombies de canapé Vert

Écouter l'article

Dans les ruelles de Pyram de Canapé Vert, une étrange rumeur circulait depuis des semaines. Les habitants murmuraient à propos des zombies dans un vieil lakou, des créatures mystérieuses qui semblaient hanter les vieux fauteuils verts délabrés trouvés dans les coins reculés de la ville. Pourtant, personne n’avait osé confirmer leur existence, jusqu’à cette nuit-là.

C’était lors du Carnaval, lorsque la ville s’embrase de musique et de mouvement, que les premiers signes des zombies furent observés. Dambala, une jeune danseuse passionnée par les traditions vaudou, se retrouva soudainement envoûtée par une danse inexplicable. Ses pieds semblaient guidés par une force invisible, ses gestes empreints de grâce et de puissance. Autour d’elle, d’autres danseurs tombaient sous l’influence d’une énergie obscure, bougeant d’une manière qui n’appartenait pas à ce monde. Bientôt, la foule fut prise dans une transe collective. Les rythmes vaudous résonnaient dans l’air chaud et humide, enveloppant chacun dans un tourbillon envoûtant. Dambala, les yeux brillants d’une lueur étrange, sentit son esprit s’élever vers un état de conscience altéré. Elle voyait alors les zombies de canapé Vert se matérialiser parmi les ombres mouvantes.

C’étaient des êtres à moitié réels, leurs silhouettes se confondant avec les vieux fauteuils, leurs yeux brillant d’une lueur vert pâle. Chacun semblait captivé par la danse, comme s’ils cherchaient à revivre un passé oublié. Dambala sentit une connexion profonde avec ces créatures mythiques, comme si elles faisaient partie intégrante de l’âme même de Port-au-Prince.

Au milieu de la nuit, alors que la fête atteignait son paroxysme, un voile semblait se lever sur la ville. Les frontières entre le monde des vivants et celui des morts s’estompaient, permettant aux zombies de canapé Vert de se mêler aux danseurs, emportant chacun dans une danse qui transcendait le temps et l’espace.

Le soleil se leva sur une ville transformée. Port-au-Prince avait dansé avec ses légendes, intégrant les mystères du passé dans la vie quotidienne. Dambala, épuisée mais émerveillée, savait qu’elle avait vécu quelque chose de bien plus grand que la réalité ordinaire. Les zombies de canapé Vert étaient devenus une partie indissociable de l’âme vibrante de sa ville bien-aimée, rappelant à tous que même dans l’obscurité la plus profonde, la lumière et la magie peuvent trouver leur chemin vers le cœur des hommes.

 

Godson Moulite ( Et si le soleil se couche la nuit, Inédit)

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Culture

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre