Rétrospective sur la géographie picturale caribéenne !
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Dans cette exposition tenue il y a plus de vingt-deux ans, déjà (2002-2024), il était possible de confirmer : « la capacité magique d’impact et de séduction admire par le monde intellectuel et culturel dans la peinture haïtienne est légitime dans cette formulation d’origine, enrichie sociologique par les actions héroïques qui forgèrent son indépendance au début du XVIIe siècle, stimulant un mystère sacré qui, impulsé par la grande énergie de la foi, l’espérance et la Vodou, se traduit dans ses peintures en actes d’une poétique mystérieuse et d’une séductrice vitalité plastique. », pour reprendre les propos de Abil Peralta Aguero, dans la page six du catalogue.
Des artistes venus d’Haïti et d’autres, originaires de plusieurs pays de la Caraïbe, tels que le Cuba, la République dominicaine, Porto Rico, la Martinique et la Colombie avaient répondu à l’appel dans cette belle fête des couleurs. Yvon Lizaire, Carlos Jn Baptiste, Valcinn II, Eddy Gaetan, Jn Pierre Auguste, Ralph Allen et Jn Joseph Thermitus complétaient la liste de la partie haïtienne.
D’autres créateurs issus des pays voisins d’Haïti répondaient au nom de : Agua Limpia (Colombie), Digo Jacobson et Orlando Vallejo (Porto Rico), Habdaphaï (Martinique), Juan Mayo et Van Robert (Republique dominicaine), Vicente Dopico Lerner et Roberto Diaz Cabrera (Cuba).
D’un mélange de jaune, de rouge et d’orange, le peintre Martiniquais Habdaphaï propose un mariage de formes hybrides dans la représentation de son imaginaire. La palette du peintre Orlando Vallejo offre l’occasion de découvrir un arc en ciel de tons qui laissent découvrir un paysage comportant un arbre et une flamme dans un ciel brillant de mille couleurs.
Dans mes archives culturelles, je découvre ce catalogue qui porte le titre: « Fraternite caribéenne: au Festival des couleurs », publié à l’initiative de « Les promotions artistiques Yvon Pointu, SA ». Cette œuvre à la fois littéraire et artistique visait à illustrer une exposition organisée au MUPANAH le 6 décembre 2002.
Déjà 22 ans après, cette publication représente l’ un des témoins des belles années artistiques et culturelles que le pays a connues dans la transition entre les deux millénaires. Les arts plastiques et visuels avaient été à l’honneur. Plusieurs galeries d’art et des boutiques en dehors des musées et des centres culturels offraient un agenda culturel riche et varié à l’époque, dans la capitale haïtienne et d’autres villes culturelles.
De Phénil Gordon Désir, on pouvait lire ses propos publiés dans la page 4 du catalogue: « La peinture est un voyage mystique de couleurs qui permet au peintre d’exprimer la beauté émergeant de l’océan de son imagination, et qui s’épanouit dans l’espace, tel un sourire éternel sur un beau visage. »
Dans la page précédente, Lionel Lerebours, qui faisait office de directeur général du MUPANAH, n’est pas resté indifférent face à cette belle fête de la peinture caribéenne qu’il accueillait dans les locaux du plus grand musée de la République. « L’art haïtien, encore une fois, au MUPANAH, dialogue avec l’art du reste de la région. », « En effet, les expositions d’envergure internationale sont toujours profitables aux artistes et aux publics, car, par une sorte d’osmose, s’effectuent subtilement des échanges de techniques et un dialogue de voisins. Ces événements offrent la possibilité de dépasser les frontières et de mettre publics et artistes en contact avec les créations de divers horizons », tels sont parmi les propos de l’ancien directeur du MUPANAH.
Dans la majorité des œuvres picturales qui illustrent ce document de 112 pages, l’art figuratif est célébré dans toutes ses dimensions et expressions. Les corps de femmes aux multiples volumes, les visages radieux des enfants qui défilent, les instruments de musique, notamment les tambours, en dehors des œuvres abstraites sont parmi les sujets qui confirment la fertilité artistique et la créativité des talents de la Caraïbe.
Dominique Domerçant
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