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Rentabiliser le stade Sylvio Cator en aménageant un espace musée !

Rentabiliser le stade Sylvio Cator en aménageant un espace musée !

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Dans tous les stades qui se respectent, à travers le monde, le public a toujours droit à des bars et des restaurants, à des boutiques et à des salles de loisirs.  Tous les stades modernes de nos jours disposent des espaces où les multiples facettes de l’histoire et de la connaissance sont exploitées à travers une bibliothèque spécialisée, ou plus particulièrement un musée.

Dans combien de temps des familles et des écoliers, des universitaires et des touristes vont-ils pouvoir se rendre au stade Sylvio Cator en dehors des horaires des matchs de football ou des concerts religieux pour visiter des expositions et apprendre des informations pertinentes sur le sport haïtien ?

Découvrir, dans une des salles des expositions dédiées, le profil et le parcours de Sylvio Cator. Comme un devoir de mémoire qu’il faudrait prendre en compte. Quelles sont les dates les plus importantes dans la vie de ce personnage que les opérateurs sportifs haïtiens pourraient exploiter ? Comment voir des objets ayant appartenu à cet athlète international qui a choisi de garder les couleurs haïtiennes à tout prix ? Qui est Sylvio Cator ? Où contempler les images, les photos, les affiches, les trophées, les distinctions, les coupures de journaux et les archives de ses funérailles de Sylvio Cator ?

Des rares livres de Patrice Dumont, parmi tant d’autres, et d’autres publications haïtiennes et étrangères, comme les expériences du magazine « Tout Terrain » auraient pu servir à alimenter la riche documentation sur le sport haïtien dans tous ses aspects. Qui sont les historiens du sport haïtien ?

Dans ce musée dédié au stade Sylvio Cator, on pourrait voir toute la liste des activités organisées régulièrement dans cet équipement multifonctionnel depuis son inauguration. Des différents championnats, des matchs de football, des concerts, des réunions, des défilés, des portraits de joueurs comme des uniformes de toutes les équipes qui ont mis les pieds au stade, allaient être immortalisés entre des photographies imprimées, des affiches et surtout des projections dans les écrans de téléviseurs installés dans les couloirs.  

Dans l’histoire des médias dans le pays, notamment dans l’évolution des stations de radio et de télévisions, et de la retransmission en direct des matchs de football lors des championnats nationaux et des compétitions internationales, ils sont nombreux les chroniqueurs sportifs et d’autres spécialistes du sport haïtien qui passent comme des anonymes, que l’on pourrait honorer dans ce musée. Une belle exposition des portraits des journalistes sportifs haïtiens serait une première dans la promotion des métiers et des activités connexes dans cette industrie. Pour marquer les dégâts du tremblement de terre du 12 janvier 2010, comme pour valoriser championnats de quartiers pendant les vacances, on aurait pu apprécier des expositions illustrant ces sujets.

Des produits dérivés de toute sorte, comme on les trouve dans d’autres stades dans le monde, seront désormais accessibles au public haïtien. Autant de rapprochements possibles entre les multiples dimensions du marketing avec les opportunités économiques que les vedettes comme les équipes championnes peuvent offrir aux opérateurs et aux fanatiques.

 Des produits dérivés qui seraient accessibles à tous les goûts et à toutes les bourses, aux femmes, aux enfants et aux adultes comme : les drapeaux et les costumes de sports, les catalogues et les calendriers, les bracelets et les casquettes, les plumiers et les montres, les gobelets en plastiques et les statuettes des sportifs, les horloges, les nappes, les assiettes, etc. Une belle promotion rentable et non stérile que le stade allait imposer désormais aux amants du ballon rond. Des expériences ailleurs peuvent être adaptées en Haïti en ce sens, autour de l’économie des symboles respectifs de chaque équipe de football.

De dizaines d’établissements scolaires, des centaines de professeurs et des milliers d’élèves dans chaque département du pays visiteraient régulièrement le stade pour son musée.

Des visites qui seraient réalisées pendant la journée et lors des jours de congé pour voir les diverses collections qui ornent les expositions de ce premier musée du sport en Haïti. Des documentaires et des films seraient projetés régulièrement autour des thèmes variés comme : l’éducation sportive, l’histoire du sport haïtien, les portraits des talents sportifs en Haïti et dans la diaspora, l’économie du sport, la participation d’Haïti dans les compétitions sportives internationales, la diplomatie sportive, la géopolitique du sport, les rencontres sportives entre Haïti et la République dominicaine, le sport et la politique, le sport pendant les élections, le sport haïtien au lendemain du 12 janvier 2010, etc.   

Dans les rubriques sportives et les magazines diffusés dans les médias en Haïti, les animateurs et chroniqueurs allaient avoir de nouveaux sujets de discussion, tout en s’informant et se formant à partir des documents d’archives et les données qui seraient désormais rendues publiques sur le sport haïtien. Pourquoi encourager la création d’un musée du sport haïtien dans le voisinage immédiat du stade Sylvio Cator ? Comment la programmation et les atouts d’un tel musée allaient-ils stimuler les jeunes dans les choix des métiers associés au sport ? 

Donnez-moi un coin, une salle, un couloir ou un hangar du stade Sylvio Cator, et je vous organiserai les premières grandes expositions thématiques autour des talents et des institutions.

Définissons de nouveaux agendas récréatifs durant sur toute l’année pour permettre aux écoliers et leurs familles, aux journalistes et universitaires de découvrir l’histoire et l’évolution du sport en Haïti. Le sport haïtien a plus que jamais besoin autant des investissements que d’innovations pour pouvoir se rentabiliser dans la forme et le fond.

Développons de manière intelligente et durable, des programmes et des projets d’animation qui permettraient désormais aux responsables de ces équipements sportifs de créer de nouvelles animations socioculturelles au sein de la communauté.

Dans chaque quartier comme dans les villes et les départements du pays, ces nouveaux produits et services conçus autour du sport ne peuvent que renforcer le sentiment d’appartenance et faire fructifier les investissements consentis. Qu’est-ce qu’un tel équipement pourrait-il rapporter comme recette aux responsables de la Fédération haïtienne de football ? Quel est le montant minimal à investir pour offrir à cette population passionnée du football son premier musée du sport en Haïti ? Faut-il attendre des miettes de la FIFA ou des potentiels investisseurs étrangers pour lancer les chantiers et inaugurer un tel espace ?    

Diversifions les activités économiques dans nos stades ou terrains de jeux en Haïti, en offrant la possibilité au public, en dehors de la programmation des matchs, de visiter ces espaces pour apprendre, comprendre et mieux entreprendre dans le sport haïtien. Comment rentabiliser l’image de marque des joueurs et des équipes de football en Haïti ? À quand va-t-on prendre en compte la collecte et la conservation des archives destinées à la constitution des collections indispensables pour créer le musée ? Quels sont les emplois directs et indirects qu’un tel espace pourrait favoriser ? 

De qui viendront les premiers travaux de recherche, en passant par la formulation du projet et la conception du plan d’architecture ? Qui va offrir les premiers documents et les archives pour constituer les collections de ce musée ? Qui va élaborer le plan d’affaires que les bailleurs attendent pour investir ? Quels sont les officiels et les dirigeants haïtiens, les plus visionnaires, en attendant de créer de nouveaux stades qui vont penser à valoriser le patrimoine du sport en Haïti ?

Dommage que la majorité des acteurs et des opérateurs dans l’industrie du sport en Haïti se limite exclusivement à la grande vague saisonnière des publicités qui accompagnent les phases finales de la Coupe du Monde de football tous les quatre ans. Dommage que lors de leurs voyages à l’étranger, ils n’accordent pas trop d’importance à la véritable économie qui se tourne dans l’exploitation des produits dérivés du sport en général ? À quand les états généraux de l’économie du sport et des loisirs en Haïti, qui ne passeront nécessairement pas la création du Musée des sports en Haïti ? En commençant par immortaliser dignement le nom, l’héritage et le patrimoine qui portent le nom de Sylvio Cator, inscrit dans la mémoire collective depuis des générations, mais peu connu pour ses contributions et ne disposant d’aucun centre de documentation, des publications spécialisées ou d’une statue érigée dans sa ville natale, qui porterait ses marques.  

Dominique Domerçant

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