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Éditorial 5 min de lecture

Pour comprendre l’histoire de la communauté haïtienne de Montréal

Pour comprendre l’histoire de la communauté haïtienne de Montréal

Recension de l’ouvrage d’Alain Saint-Victor : De l’exil à la communauté, une histoire de l’immigration haïtienne à Montréal, 1960-1990, Éditions DAMI 2020

Alain Saint-Victor est historien de formation, auteur de plus d’une dizaine d’articles et de chapitres de livre sur plusieurs thématiques. Son dernier ouvrage porte sur l’histoire de la communauté haïtienne de Montréal. Il relance le débat sur le processus de formation et de constitution de la communauté haïtienne dans la métropole québécoise. À la différence d’autres travaux s’inscrivant dans une approche sociologique de cette communauté, Saint-Victor met l’accent sur la façon dont l’immigration haïtienne devient progressivement une communauté. Il s’intéresse précisément à montrer comment s’est développée une certaine conscience communautaire parmi les immigrés haïtiens élisant domicile à Montréal au cours des décennies 1960 et 1970. L’historicité de ce procès constitue la pierre angulaire de la recherche de l’auteur.

En priorisant cet angle d’étude, il défend la thèse selon laquelle la communauté haïtienne s’est construite dans et par un ensemble de luttesvisantl’intégration de la société d’accueil. Analysant ces luttes et les différents contextes dans lesquels elles ont été menées, l’historien parvient à démontrer sa thèse en abordant plusieurs thématiques dont le combat contre le racisme, les obstacles à l’intégration, le chômage, etc.  

D’entrée de jeu, Saint-Victor établit la différence entre la première et la deuxième vague de l’immigration haïtienne à Montréal. S’appuyant sur la littérature scientifique et les archives des organismes communautaires, il montre que la première vague qui s’établit à Montréal au cours des années 1960 estcomposéeessentiellement d’immigrantsissus de la classe moyenne aisée, avec un capital culturel élevé. Ces immigrants sont peu nombreux, mais leur bagage culturel leur permet d’intégrer facilement la société d’accueil. Se percevant comme des exilés politiques, ils se considéraient avant tout comme des individus de « passage », attendant la chute du régime de Duvalier pour rentrer dans leur pays d’origine.

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