Garder le pouvoir à vie a toujours été l’obsession de tous nos dirigeants. Croire que c’est seulement François Duvalier qui était accroché à cette idée, c’est ignorer ce virus qui nous ronge de l’intérieur et qui nous porte à considérer l’autorité seulement comme un moyen de nous prémunir contre la précarité, et d’engranger au-delà de tous nos besoins jusqu’à nous transformer en nuées de sauterelles qui ravagent les champs de la nation jusqu’à laisser le peuple dépourvu de tout, affamé, livré à tous les coups du sort.
Bien sûr on ne se risquera pas à parler de présidence à vie. Mais on laissera entendre qu’on travaille pour garder le pouvoir pendant cinquante ans. Mais cinquante ans pour quoi faire ? Pour faire fructifier une méchanceté qui n’a pas de limite et qui s’étale dans toute sa laideur aujourd’hui avec ce chaos que nous connaissons.
Si on ne parle pas de cinquante ans au pouvoir, il peut y avoir la transition à vie. La transition serait peut-être la meilleure forme de gouvernement pour notre classe politique. Chacun y trouve sa part de pouvoir. Disons mieux sa part de gâteau. La majorité de ceux qui vociféraient dans les rues a trouvé une place autour de la table. Pendant ce temps les gangs se partagent l’autre gâteau en découpant le territoire et en contrôlant des voies stratégiques. Les allées et venues entre les gangs à sapat et les gangs à cravate complètent le panorama de cette comédie meurtrière qui achève la nation.
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