À la génération à venir, si nous avons le temps et les moyens de bien vieillir, il faudra expliquer, même avec le regard fuyant, pourquoi et comment on est arrivé là. Dans ce cul-de-sac à l’horizon bouché où nos meilleurs analystes de tous les secteurs confondus ont renoncé à esquisser le moindre plan d’avenir. La plus banale des planches de salut.
La politique telle qu’on nous l’a imposée avec nos dirigeants légitimés par des élections et l’opposition construite sur ses batailles perdues n’est qu’une machine en train de tourner à vide au point de devenir illusoire. Pourtant, en 1986 et peu d’années après, la politique avait un sens, puisque la contestation arrivait à rassembler autour du besoin de reconstruire un État sur les ruines de la dictature.
Tout était à changer, à passer dans le tourniquet de la transformation sociale : de la conception de l’université jusqu’à la reforme agraire en passant par les rapports entre les classes d’Haïtiens. Et, les luttes politiques avaient la générosité de mobiliser autour des causes du mal haïtien.
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