Il existe des silences plus accablants que les discours de l'adversaire. Celui des autorités haïtiennes en est un.
Plus de 2 000 soldats étrangers arrivent sur le sol haïtien. Le Premier ministre y voit une "coordination bilatérale et coopérative". Soit. Mais aucun accord juridique signé n'a été rendu public, et personne ne sait qui commande ces troupes, combien de temps elles resteront, ni quelles règles les encadrent.
Voilà la souveraineté telle qu'on la pratique : un mot qu'on brandit pour refuser de rendre des comptes, qu'on range dès qu'il faut déléguer la sécurité, et qu'on ressort au moindre reproche. Si des voix s'indignent aujourd'hui d' "ingérence", qu'elles répondent d'abord à une question: où étaient-elles quand des familles quittaient leurs quartiers sous la menace des gangs?
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