Le discours exclusivement anglophone d’Ursula von der Leyen à Montréal révèle une contradiction qui dépasse le protocole diplomatique : l’hégémonie croissante de l’anglais au sein d’une Union européenne qui fait pourtant de la diversité linguistique l’un de ses principes fondamentaux.*
Il suffit parfois d’une langue absente pour révéler les contradictions d’un discours politique. Le 29 octobre 2026, à Montréal, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a prononcé une allocution de plus de vingt-trois minutes consacrée aux relations entre le Canada et l’Union européenne. Pas une phrase, pas même un mot de bienvenue, n’a été prononcé en français.
L’événement se déroulait pourtant au Québec, dont le français est la seule langue officielle. Les organisateurs avaient pris soin d’accueillir leur invitée dans les deux langues. Celle-ci, qui maîtrise le français, aurait pu témoigner d’une attention élémentaire à l’identité linguistique du territoire d’accueil.
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