Haïti : L’ONI est-elle la boîte noire de la corruption électorale ou la bête noire des prédateurs médiatico-politiques et fraudeurs électoraux ?
(Partie 1 sur 3)
Dans nos précédents articles, nous avons énoncé la thèse que l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) en Haïti, dans le contexte de l’adaptation culturelle de toute une société aux effets shitholisants et déshumanisants de l’éclipse permanente qui régule son climat d’affaires (Ban’m fè nwa mwen pou’m jere biznis mwen), ne sera que l’ultime imposture des groupes dominants d’un pays asservi et verrouillé sur l’impuissance et la dégénérescence. Partant de cet énoncé provocateur, nous avons introduit une problématique que nous proposons de traiter, en long et en large, ultérieurement et dans un autre contexte de publication. Néanmoins, nous pouvons déjà introduire cette problématique provisoirement par la question : Quels liens peut-il y avoir entre l’entêtement des groupes dominants haïtiens à vouloir réaliser des élections dans un contexte social et humain effondré, lequel contexte semble paver la voie à la légitimation des gangs comme leadership politique émergent du XXIème siècle haïtien, et l’entêtement de ces mêmes groupes à promouvoir une innovation technologique aussi invasive et complexe que l’IA, dans un écosystème ténébreux qui récompense les mauvais arrangements et pousse chaque groupe et chaque acteur social à réussir et/ou à survivre à contre sens de l’intelligence naturelle et au détriment du collectif ?
L’hypothèse de travail
Notre hypothèse de travail relatif à cette problématique est que ces deux démarches concourent vers une même finalité inavouable. Une finalité dont le dessein anthropologique est si macabre qu’il ne peut être mené que dans l’ombre de l’attracteur innovant qu’est l’IA. Car l’IA a comme toute innovation une dualité qui lui confère une part d’enfumage qui voile ses vrais enjeux géostratégiques. Et c’est pourquoi le contexte actuel et l’orientation stratégique mécréante que lui donnent les groupes dominants haïtiens offrent un angle éclairant qui permet de percer l’enfumage de l’éclipse locale haïtienne pour déconstruire les mythes entretenus par l’IA et comprendre les vrais enjeux qui se jouent autour du destin de certains peuples. Et de fait, le contexte global du monde laisse augurer un alignement de l’axe d’évolution de la société haïtienne sur la trajectoire dégénérescente et mortifère de cette invariante tectonique dont l’activation permanente a transformé Haïti en une archéologie de paradoxes.
L’arc réflexif de traitement de la problématique
Haïti n’est-elle pas reconnue comme un lieu où l’entropie sociale croit à un rythme si vertigineux qu’elle entraine tout l’écosystème local dans un tourbillon d’instabilité politique et de turbulences sociales qui désactive le sens commun et désoriente la conscience collective ? Les lieux humains entropiquement performants ne sont-ils pas d’un point de vue systémique des lieux qui ont perdu la capacité de coordonner les réponses intelligentes aux problèmes qui menacent leur évolution ? Or, parce que la vie est une machine anti entropique (Angelino Lima, L'Humain et la Machine : Entropie, Intelligence et ce qui nous sépare encore), la performance de l’entropie en un lieu humain augure un dessein mortifère. Lequel dessein est orienté par une dégradation permanente de l’énergie et une perte totale de la valeur de l’information (Jean Zin, Entropie, énergie et information). Et c’est justement là qu’est le bug : quel sens peut avoir l’adoption de l’IA, dont la performance repose sur la maitrise d’un écosystème informationnel structuré, en un lieu humain dont la performance repose sur l’incapacité à donner sens aux données contextuelles pour atteindre une maitrise de l’information comme préalable à une modélisation de la connaissance pour l’élaboration de stratégies intelligentes ?
La réponse à cette question se trouve dans les stratégies que déploient les acteurs sociaux haïtiens dans le contexte d’effondrement écosystémique actuel. Elles permettront de voir quelle orientation ils veulent donner à Haïti : Font-ils preuve d’apprenance, en cherchant à comprendre en quoi leurs interactions avec Haïti durant ces 40 dernières ont contribué à la shitholisation du pays ? Ou au contraire, s’entêtent-ils à performer les stratégies mécréantes de réussite à somme nulle qui entretiennent l’indigence de ce lieu ?
Nous allons mettre à contribution cette tribune, divisée en trois parties, pour arpenter le cadastre du domaine des activités électorales haïtiennes, et cartographier les foyers actifs et brûlants de la tectonique frauduleuse qui est le combustible de l’indigence. Ainsi, nous apporterons une double preuve. D’une part, nous prouverons l’improbable capacité de l’écosystème haïtien à se conformer aux exigences d’une adoption responsable et contextuelle de l’IA. D’autre part, nous prouverons que le cœur du problème haïtien est dans le paradoxe de sa culture : alors qu’elle entretient le mythe de sa performance sur les théâtres mondiaux, elle se révèle incapable de réduire l’entropie qui shitholise le territoire et déshumanise sa population.
Si le domaine des activités électorales s’impose à notre argumentaire, comme exemple de cas de l’indigence qui rend improbable une intelligente utilisation de l’IA en Haïti, c’est parce que ses fissures béantes permettent de voir les fumiers actifs dont le foisonnement alimente la tectonique de la shitholisation d’Haïti.
Dans la seconde partie, nous montrerons, à partir de la tranchée de guerre, relative aux données d’identité des citoyens, qui est ouverte dans le front des acteurs du simulacre électoral, combien l’écosystème haïtien, dans sa structuration entre acteurs étatiques, politiques, économiques, académiques et sociaux, vit dans les valeurs partagées et les communs culturels d’une même appétence pour la malice infractionnelle, d’un même déni de responsabilité et d’un même mépris pour l’intégrité. Il va de soi qu’un tel écosystème n’a besoin que de cette intelligence déviante qui permet de promouvoir, quoi qu’il en coûte, la réussite individuelle et à somme nulle ou la survie agonisante.
Erno Renoncourt, le 05/09/2026
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