Comptes rendus publics
Le week-end écoulé, amorcé par les déclarations de Magalie Habitant et consorts, s’est achevé dans la commune de Kenscoff, une fois de plus théâtre de l’impensable.
Le difficile choix consistant à déterminer ce qui est le plus condamnable entre, d’une part, les agents de police partouzeurs, et d’autre part, le porte-parole de l’institution, friand de visibilité, livrant à son public les détails des ébats pervers de ses pairs, a ravivé chez le simple citoyen le douloureux sentiment d’impuissance et confirmé l’inexistence de l’État.
Les témoignages de résidents, témoins d’une gestion désastreuse des forces de l’ordre censées assurer leur protection, n’ont rien de rassurant :
... une trentaine de soldats, mal nourris, mal équipés pour le froid des montagnes, disposant d’un seul véhicule de transport ;le reste de la flotte étant affecté au service du ministre de la défense pour les urgences de marché
... des agents de police s’abreuvant de boissons alcoolisées sous prétexte de combattre le froid, tout en s’amusant à correspondre par WhatsApp sur leur téléphone ;
... des unités spécialisées respectueuses des horaires de bureau : 9 h, début des opérations ; 16 h, fin des opérations et retour des blindés.;bien plus sollicité contre paiement lors d escorte de conteneur
Le simple bon sens ne semble pas avoir été enseigné à l’Académie de police, ni figurer dans les manuels militaires.
Quant aux révélations des prévenus et à leur implication dans un réseau mafieux, il y a là matière à inspirer le scénario d’un film de l’envergure du Parrain ; nous appellerons le nôtre La Marraine. Le seul point encore non élucidé — qui constituera le cœur de ce chef-d’œuvre en devenir — est le nom du commerçant pourvoyeur de véhicules blindés aux gangs… Mais chez nous, les spéculations vont bon train, et nous avons bon espoir que, sous peu, le nom effacé des minutes refera surface.
Magalie Habitant, loin d’être une simple paysanne comme le suggérerait son nom, étonne par son audace. Affublée d’un chapeau bleu, cette reine d’un jour, qui a vidé des poches pour en remplir d’autres — y compris les siennes — s’est muée en rossignol. Et de sa voix, elle détruira châteaux, monts et merveilles rêvés par tous ceux et celles qui, pour nous, souhaitaient pauvreté, exil et désespoir.
Au milieu de ce tohu-bohu, une note d’espoir qui mérite d’être signalée : certains des jeunes enfants de rue qui occupaient le coin de la route de Batimat ont finalement été récupérés par les responsables de la voirie. Ceux-là ne rejoindront pas les gangs, si un suivi de cette intelligente et citoyenne initiative est envisagé par les décideurs.
... Compliments aux initiateurs — mairie de Delmas ou Travaux publics, peu importe — vous nous donnez une raison de nourrir un espoir. Merci.
Tout n’est donc pas perdu.
A. Laraque
15 avril 2025
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