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Des distinctions pour les filles et des prix pour les femmes en Haïti

Des distinctions pour les filles et des prix pour les femmes en Haïti

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Dans la République d’Haïti qui se réclame une société dominée par une majorité de femmes et des jeunes, la création et l’institutionnalisation de prix pour honorer les femmes ou des distinctions pour encourager les filles,  sont des initiatives à encourager au plus haut niveau.

Dans la mesure où les générations futures ne pourront reproduire que ce que nous leur proposons aujourd’hui comme modèle et comme semence. Il y a lieu d’encourager la création de nouvelles formes de distinctions parascolaires et dans les champs des activités professionnelles et économiques pour promouvoir l’excellence, le sens de l’engagement et les réalisations les plus ambitieuses qui portent les marques des plus jeunes et des filles.

De nombreuses femmes encore vivantes peuvent encore inspirer des jeunes filles en Haïti, dans le secteur de l’éducation et dans les familles, dans les activités économiques et professionnelles, dans les domaines scientifiques, politiques et culturels.  

Des dizaines de femmes actives, des leaders confirmés par leurs contributions dans la société haïtienne mériteraient de recevoir des distinctions officielles, parmi les plus prestigieuses  et institutionnalisées venant de l’État ou des plus importantes institutions représentant les élites du pays.

Des efforts antérieurs ou en cours sont à signaler parallèlement en matière de création de prix et de distinctions qui portent les noms de femmes. On peut citer les nombreux concours de Miss organisés dans le pays au cours des dernières décennies qui servent de véritables vitrines pour les filles. Miss Vidéomax, Miss Anayiz, les Miss Haïti de tout genre, les Miss aux multiples qualificatifs, etc.

Des initiatives récentes comme celles  portées par Daniella Jacques. Les distinctions dans les années 2000 qui portent les marques de la Fondation Françoise Canez Auguste, les concours de portraits de femmes de « Group Concours », dans les secteurs culturels sont des actions à prendre en compte pour comprendre pourquoi les prix et les distinctions en Haïti ne peuvent pas durer ?

Dans la plupart des cas, certaines de ces initiatives pour honorer les femmes portent le plus souvent des noms de femmes déjà décédées. D’autres distinctions sont décernées pour animer une cérémonie officielle éphémère. Très peu se renouvellent sur la période d’une décennie au moins.

Des centaines de femmes émergentes dans les différents domaines de la vie nationale s’ajoutent régulièrement dans la liste de ces  battantes qui continuent de s’investir dans le pays malgré les critiques, les crises et les complots pour étouffer les rêves des jeunes et des femmes, jusqu'à les faire partir, mériteraient parallèlement de voir leurs noms associés à une nouvelle distinction nationale qui serait décernée sur une base régulière et sans discrimination en Haïti.

Des milliers de jeunes filles en Haïti, des écolières, des techniciennes et des universitaires, cherchent en vain des femmes modèles, qui se sont imposées dans la société haïtienne au cours des trois, quatre, cinq et dix dernières décennies.

Des figures féminines encore vivantes, mériteraient qu’on dédie un prix ou une distinction sur le plan local et national, dans un secteur spécifique qui pourraient contribuer positivement dans l’éducation, dans la modélisation et dans la recherche de l’excellence qui doit animer les plus jeunes filles du pays en particulier. Quels sont les huit secteurs à prendre en compte dans cette démarche ? Pourquoi commémorer de manière plus intelligente la journée internationale des droits des femmes en Haïti ? Pourquoi se solidariser avec les femmes victimes, mais surtout de mettre en valeur les femmes qui réussissent ?  Quelles sont les personnalités féminines d’origine haïtienne qui mériteraient qu’on immortalise leurs noms et leurs parcours à travers des distinctions des plus prestigieuses ?

Dans la liste des personnalités féminines qui méritent que des institutions publiques, comme des ministères, en dehors des banques, des fondations, des chambres de commerces et d’autres corporations et regroupements formels, associent leurs noms à des distinctions on peut citer ces huit femmes parmi des centaines de modèles : Odette Roy Fombrun, Ertha Pascal Trouillot, Josseline Colimon Fethière, Jessie E. Benoit, Marie José Nadal, Yvrose Green, Lilianne Pierre-Paul, Michaelle Jean.

Des dizaines et des centaines d’autres noms de femmes sont encore en attente dans chaque domaine d’activités humaines les plus valorisantes, pour servir de leitmotivs, de challenge, de défis, de sources de motivation, d’élan pour les générations actuelles et futures.  

Des distinctions pour les filles avec les noms de femmes encore vivantes, et des prix pour les femmes confirmées au fil des temps, les acteurs du système éducatif et les médias du pays devraient s’entendre sur l’importance de définir de nouveaux cadres de promotion des valeurs dans le pays.

Dans la Police nationale d’Haïti (PNH), bientôt trentenaire. C’est l’occasion de voir naître une nouvelle distinction pour les femmes policières. Avec le nom de Christine Jeune et les avantages qui accompagneraient une telle distinction, il serait possible d’encourager de façon plus intelligente les femmes engagées dans la mission de protéger et servir.  

Dans le secteur de l’éducation, ceci à tous les niveaux, elles sont nombreuses les membres du personnel des enseignantes, ainsi que les femmes qui évoluent dans l’administration des écoles, des centres de formation professionnelle et des universités du pays, qui mériteraient de se voir décerner un jour une distinction en hommage aux nombreuses années consacrées à une institution, un secteur, un champ professionnel.

Des femmes médecins, des infirmières, des femmes juges et des avocates, des couturières et des femmes sages, des secrétaires et des femmes de ménage, la nouvelle génération de femmes qui travaillent dans les stations d’essence ces derniers temps, sans oublier les professions et les activités économiques spécifiques aux femmes, qui attendent des considérations et une attention sous forme de distinctions.

Des mambos comme des sœurs de l’Église Catholique et des autres courants religieux du pays parmi les plus importantes et les plus influentes au cours des cinq dernières décennies doivent pouvoir servir dans cette institutionnalisation de l’excellence et de la militance dans chaque secteur spécifique.

Des marchandes de nourriture, des boutiquières, des commerçantes qui occupent les coins des rues les plus dangereuses depuis plus de trente ans en moyenne (sans encourager le désordre urbain), méritent également une distinction de la mairie de la ville pour ses nombreuses années de services fournies à la communauté. Les administrations communales devraient s’inscrire dans la liste des premières institutions à promouvoir la question de genre et de l’égalité des droits dans une démarche de promotion de la femme à travers la création des distinctions pour encourager les acteurs de la ville, dans leur complémentarité et leur proximité.

Dans chaque école de filles en Haïti, les responsables devraient instaurer des distinctions pour encourager l’excellence académique et l’esprit d’initiative, pour valoriser le sens du service ou l’entrepreneuriat dans les salles de classe.

Des prix qui seraient créés en hommage à l’une des anciennes professeures ou élèves qui ont laissé ses empreintes dans l’histoire de l’établissement, dans un champ plus large, comme sur le plan local et international.   

Développer le concept d’une distinction sur le modèle du marron inconnu, comme le prix de la « Femme haïtienne inconnue », permettrait aux organisateurs de ne pas faire de jalouses dans les rangs de ces femmes influentes qui se battent et se bousculent dans cette compétition invisible pour la survie, par la séduction de toutes sortes, pour l’élégance et l’excellence.  

Durant toute l’année sur une base trimestrielle, les plus hautes autorités du pays et les élites de la nation, pourraient s’entendre sur un cycle renouvelé des distinctions à décerner tous les trois mois dans des domaines spécifiques et pour des publics particuliers.

Définir les critères de base pour chaque domaine d’activités afin d’éviter toute forme de marchandage ou  les opérations de charmes « Voye ti zanmi monte » ; rechercher des primes alléchantes et d’autres avantages sociaux pour chaque catégorie de gagnantes sans oublier le recrutement et la crédibilité des membres des jurys qui vont sélectionner les meilleurs profils de femmes sont dans la liste des enjeux pour instaurer une culture d’excellence autour des femmes en Haïti.  

 

Dominique Domerçant

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