Le Nord-Ouest ou le parent pauvre d’Haïti
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Un dialogue communautaire a été réalisé à Port-de-Paix, le jour de la Fête Dieu, le jeudi 8 juin. Réunissant les maires et les cadres de la collectivité territoriale, cette activité été l'occasion pour les participants de formuler des recommandations sur la reforme de la fonction publique territoriale. Ces échanges ont permis aux différents acteurs présents de dresser un état des lieux sur la vulnérabilité des différentes communes du département du Nord-Ouest. Les maires en ont profité pour cracher leurs dégoûts dénoncer l'absence des services de l’État central au niveau des collectivités (DGI, Une seule BNC pour tout le département, salaire, problème de budget…) et l’incapacité des maires à répondre aux besoins de leur administration respective ainsi qu’aux exigences de leurs municipalités.
Le maire titulaire de la commune de Baie-de-Henne, M. Ilercier Tertius, présent lors de cette activité, a se dit consterné du fait que sa zone n’a jusqu’à date un bureau de la DGI. C’est aussi le même cas pour l’Ile de la Tortue et la commune d’Anse-à-Fôleur. Pour les autres maires, l'absence des bureaux de DGI représente un manque à gagner pour l'administration municipale qui ne peut pas collecter les impôts, cela impacte négativement sur le fonctionnement des mairies qui deviennent moins autonomes. Actuellement, le représentant du comité intérimaire exécutif de ladite commune se dit inquiet par rapport aux impacts des intempéries sur sa communauté. Les dégâts sont accablants, les victimes sont délabrées alors que les moyens de réponses sont inexistants, a-t-il fait savoir.
Pour le comptable payeur de Môle Saint-Nicolas, Petit-Phar Fadim-Serge, malgré les mobilisations pour instaurer le Programme de Modernisation de l’Administration Public « PMAC », aucune suivie n’a été effectuée dans les mairies. Depuis l’arrivée de l’ex-président Michel Joseph Martely, aucune formation n’a été proposée jusqu’à date aux cadres des mairies. Selon lui, les mairies n’ayant aucun budget de fonctionnement font face à des problèmes de ressources financières, humaines et matérielles. Malgré tout, des cadres sont mobilisés pour travailler dans des conditions inadéquates.
« Les mairies des zones rurales sont impuissantes dans la gestion de leur fiscalité. Il est nécessaire de lancer un programme de relance de la fiscalité au niveau des mairies en appart avec la DGI et par ailleurs, d’exiger la transparence en terme gestion des fonds pour le développement local. Ma commune, Môle Saint-Nicolas, a une dette de deux années fiscales envers ses salariés et c’est triste de faire attendre les employés de la voirie qui, en 2023 ,vivent avec un salaire mensuel de deux milles cinq cents gourdes». C’est en ces propos que la Mairesse Ernilla Massillon s’est adressée dans le dialogue en essayant d’apporter des recommandations précises.
Pour ce qui concerne le représentant de Chansolme, Pirame Hablamy, il est très fatigant et désespérant de compter sur le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales et sur la capitale où se concentrent toutes les prises de décision pour les collectivités et tous les avantages des services publics. Il corrobore avec frustration tenant compte des propositions non tenues sur le programme PMAC et voilà maintenant, le ministère pense lancer un programme de réforme dans l’administration publique territoriale sans avoir concrétisé le programme antérieur.
Le département du Nord-Ouest est non seulement très exposé aux aléas climatiques, mais ne contient aucune entreprise publique importante pouvant attiser des communications routières avec les grandes villes du pays. Zéro bibliothèque municipale, zéro infrastructure publique importante, zéro budget fonctionnel, zéro avantage social… La mairie de Chansolme et celle d’Anse-â-Fôleur fonctionnent en 2023 dans le loyer qu’elles peinent à payer dans leurs fonds d’allocation déjà insuffisants.
Le problème du littoral qui aggrave la situation à Port-de-Paix et à Saint Louis du Nord à cause de l’indisponibilité d’un dépôt de décharge, selon le directeur de la mairie de Saint-Louis du Nord, Jud Alcindor, persiste à cause de leur incapacité à bien mener la gestion des déchets. Cela inquiète plus d’un et nécessite des prises de décisions rapides et efficaces. Saint-Louis du Nord comme étant le grenier du Nord-Ouest, pour l’instant, n’a plus d’espace disponible pour implanter un site de décharge dans le haut Nord-Ouest.
Les représentants des collectivités confessent que le Nord-Ouest est toujours le dernier servi de tous les départements et parfois n’est même pas pris en compte par le ministère de l’Intérieur notamment dans les subventions d’évènements. Diverses recommandations sont faites. Malheureusement, c’est avec désespoir qu’a pris fin cet atelier qui a bénéficié du soutien financier d’Initiative de Développement (ID) et d’ADEMA.
Oralus Christ-Falin
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