Musée des femmes d'Haïti au Québec !
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Des noms et parcours de femmes à découvrir progressivement ou suivant son choix, parmi lesquels on retiendra: Jeanine Renaud-Murat, Jacqueline Damas, Michèle Haïti, Michaëlle Leger-Roy, Marthe Pierre-Pierre, Mireille Apollon, Yvette Bonny parmi tant d’autres.
Dans l’objectif de m’offrir l’un des meilleurs cadeaux pour cette fin d'année, qui n’est autre qu’un livre, je suis tombé dans les rayons de la librairie La Pléiade sur les deux exemplaires de cet ouvrage, affichant ce beau bleu nuancé et attirant qui compose la couverture. Haïti et femmes sont les deux principaux mots qui m’attiraient le plus. "D'Haïti au Québec, quelques parcours de femmes”, est le nom de cette publication sortie dans les éditions du CIDIHCA en 2016. Objet de mémoire, un instrument de savoir, un prétexte pour encourager la création d’un premier musée consacré aux Haïtiens au Canada !
Des femmes se mettent ensemble au sein d'un collectif, parmi lesquelles on retrouve: Rose Marie Gautier, Josette Jean Pierre Rousseau, Beatrice Longchamps, Alexandra Philoctète, Maude Pierre Pierre, Marlène Rateau, et Arliette Saint-Jean Flavien, pour offrir un catalogue qui rend hommage aux femmes d’Haïti au Québec. Un bel exemple à suivre par d'autres femmes de la diaspora haïtienne éparpillées un peu partout au Canada, aux États-Unis, en République dominicaine, au Chili, Mexique, Brésil, en Europe, en Afrique ou dans les Antilles. D'où l'importance de créer des musées de la diaspora haïtienne, comme d'autres communautés, et les Juifs en particulier le font dans plusieurs grandes villes du monde !
Dans l’histoire de la diaspora haïtienne au Canada, en particulier des professionnels et des familles évoluant au Québec, la publication titrée : “D’Haïti au Québec, quelques parcours de femmes” nous offre l’occasion de découvrir une sélection importante et pertinente de femmes modèles, des références incontournables dans l’histoire de la migration haïtienne et de l'évolution de la diaspora féminine au Canada.
Difficile de parler des relations entre Haïti et le Canada, avec la femme comme passerelle ou point d’intersection sans citer le nom de Michaëlle Jean. En effet, c’est ce personnage emblématique, et la voix féminine contemporaine d’origine haïtienne, qui a occupé à date pratiquement les plus hautes fonctions politiques et diplomatiques dans le monde, qui a préfacé cet ouvrage qui met sous les projecteurs plusieurs noms et visages de femmes importantes, inspirantes et influentes.
Dans cette belle récolte de portraits de femmes d’origine haïtienne, l’auteur de cet ouvrage nous offre la possibilité de poursuivre notre plaidoyer pour défendre et promouvoir la mémoire collective et le sens du bien commun à travers la consolidation des musées existants et la création de nouveaux centres d'interprétation et des musées spécialisés tant en Haïti que dans les communautés haïtiennes les plus dynamiques et plus ouverts aux pratiques de l’intelligence culturelle et collective.
Des années 50 à 2000, l’ouvrage propose des parcours de femmes, des témoignages, des cheminements, des présentations et des représentations de femmes célèbres, anonymes, courageuses, rebelles, responsables, réalisant un parcours exemplaire en dehors de la terre natale.
Dans cet ouvrage de mémoire, nous passons du statut de lecteur à visiter comme dans un musée, pour découvrir l’histoire des femmes fortes comme: Rose-Marie Dhaïti, Monique Argant, Josette Jean-Pierre Rousseau, Nadine Magloire, Gilberte Douyon Azevedo, Marie-Claude Vieux, Marlène Rateau, Michèle Bertol, Thérèse Tardieu, Jocelyne Bonnefil, Ghislaine Boucherau, Marie-Yolaine Saintonge Thomas ou Liliane Dévieux.
D'un simple ouvrage proposant une sélection de portraits de femmes, accompagnés chacun de sa biographie respective, c’est une fenêtre qui est ouverte pour jeter les bases de ce prochain, future ou musée virtuel, réel ou imaginaire que le Canada, en particulier le Québec pourrait offrir à la communauté haïtienne en général, et en hommage aux femmes qui se sont investies durant plusieurs années pour porter l'économie canadienne, former plusieurs générations d'élèves, d'étudiants, des chercheurs et des dirigeants du Canada ?
D’autres moins connues, visibles et oubliées dans la plupart des cas, ou se reposent dans le silence éternel ont passé toute leur vie à prendre soin des patients d’origine multiples, participer dans le développement et l’ensemble des activités domestiques, techniques, administratives, culturelles, professionnelles, écologiques, gastronomiques, sanitaires, la logique et la politique.
De quoi serait fait ce musée de la diaspora haïtienne au Canada qui disposerait d’une salle spéciale dédiée à l’histoire des femmes qui se sont investies et qui ont marqué leur passage au Canada ? Pourquoi encourager la création d’un tel projet culturel et scientifique dans l’espace du Canada francophone ? Comment mobiliser le financement et les ressources professionnelles et scientifiques pour monter ce grand projet ?
De quelles familles ou institutions dirigées par des hommes et des femmes d’origine haïtienne qui évoluent au Québec ou sur tout le territoire du Canada, que viendront les premières pièces, les objets anciens, les documents d’archives et toutes les documentations originales et authentiques qui vont enrichir les collections de ce musée et satisfaire la curiosité des visiteurs lors expositions thématiques ?
En dehors des locaux de l’ambassade et du consulat d'Haïti, de la maison d'Haïti, du Cidihca et d’autres institutions culturelles (Haïtiennes) majeures établies au Canada, qui seraient directement impliquées dans la création de ce musée, comment trouver le local pour aménager et rentabiliser ce futur musée lors des journées internationales, des fêtes nationales canadiennes et haïtiennes ?
Découvrir des expositions autour des femmes et des animations culturelles, des conférences et des visites guidées pour rapprocher des Haïtiens et des Canadiens autour des dates suivantes: le 1 et 12 janvier, en février pour le carnaval haïtien, le 8 mars en hommage aux Femmes, en avril pour les Pâques et les cerfs-volants, le 18 mai pour la fête du Drapeau et de l'Université, le 24 juin pour la fête du Québec, le 1 juillet pour la fête du Canada, entre le 13 et le 14 août pour marquer la cérémonie de Bois-Caïman, le 20 septembre pour la naissance de Jean-Jacques Dessalines et le 30 septembre pour la journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Au deuxième lundi d’octobre pour l’Action de grâce, le 11 pour le jour de Souvenir et le 18 novembre pour Vertières, et pendant les fêtes de fin d'année en décembre ?
Dans ce musée des Femmes d'Haïti au Québec, on ne se contentera pas uniquement d’admirer quelques beaux visages de femmes et des sourires rayonnants de ces dernières, en dehors de survoler ou de decrypter soigneusement l’histoire et les non-dits que nous cachent les paragraphes, il sera possible de retracer quelques des souvenirs des personnalités suivantes: Mireille Olivier, Dilia Philoctète Kaufmann, Maryse Alcindor, Lisette Doleyres, Merlaine Chrispin Brutus, Edna Étienne, Simone Lissade Métellus, Vonette Cadet Bélizaire ou de Jacqueline Eyssallenne Fouché. On retrouve pratiquement plus de trois fois plus de noms et de parcours de femmes.
Dans ce répertoire intitulé “D’Haïti au Québec, quelques parcours de femmes”, toutes les pièces pour constituer les collections du musée sont déjà disponibles. Dans les 200 pages qui composent l’ouvrage il sera possible de trouver suffisamment de repères pour aller chercher les objets ayant appartenu ou offerts par ces femmes pour monter la prochaine exposition dans le musée des femmes d’Haïti.
Dominique Domerçant
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