L’importance de la langue des signes dans le milieu socio-éducatif haïtien avec le Rotaract Club de Jacmel
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Le dimanche 25 septembre 2022, le Rotaract Club de Jacmel a organisé, dans le cadre de ses réunions statuaires deux dimanches par mois, une conférence-débat avec l’intervention de l’interprète et enseignant en langue des Signes, Pierre-Paul EXILUS sur l’importance de la langue des signes dans le milieu socio-éducatif. Cette activité qui s’est déroulée dans les locaux de l’Université Notre-Dame de Jacmel, a été réalisée pour marquer la journée internationale de la langue des signes le 23 septembre 2022. Cette activité a été réalisée aussi parce que c’est le mois de l’alphabétisation et de l’éducation de base pour le Rotaract Club de Jacmel. Ce club reconnait la langue des signes comme un moyen de communication.
La langue des signes est vue comme un système hétérogène combinant linguistique et gestuel. C’est une langue orale au sens de langue parlée par opposition à une langue écrite. Donc apprendre la langue des signes consiste à apprendre une quantité de signes précis où la position
des mains, l’attitude du corps et la mimique du visage ont leur importance. C’est pourquoi la langue des signes est considérée comme une langue à part entière et comme langue officielle dans certains pays. Tenant compte du contexte culturel, chaque pays a sa propre langue des signes, la langue des signes n’est pas universelle ; cependant il existe une langue signe internationale utilisée notamment lors des congrès et rencontres internationaux.
C’est la fondatrice du Centre Saint-Vincent de Port-au-Prince, Margareth John qui a introduit la langue des signes en Haïti en 1945 ; elle est anglophone et est venue avec la langue des signes américaine (American Sign Language : ASL) que nous utilisons toujours en Haïti. La langue des signes haïtienne est un projet en cours. « Nous utilisons une ASL modifiée », explique Exilus. L’utilisation de la langue des signes permet l’inclusion de ces catégories de personnes. Exilus fait aussi remarquer que ce ne sont pas les interprètes qui inventent les nouveaux mots, mais que ces mots viennent des communautés sourdes. Étant responsable d’Institut de langue des signes appelé Main d’Or, à Jacmel, Exilus a pu répertorier une cinquantaine de personnes sourdes ou malentendantes formant une communauté sourde à Jacmel. Il n’y a pas d’interprètes dans les institutions publiques et privées de la ville pour recevoir les personnes sourdes ou malentendantes quand elles vont chercher des services.
Pierre-Paul Exilus a fait le constat que dans tout le pays, il existe seulement 3 interprètes nommés en langue des signes : un interprète à la Primature, un au Bureau de Secrétaire d’État à l’Intégration des personnes handicapées (BSEIPH), et un interprète au Ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) ; il y a un interprète au Palais National, mais c’est un contractuel.
Exilus se dit quand même optimiste par rapport aux avancées dans ce domaine pour permettre l’inclusion des personnes sourdes ou malentendantes parce que la langue des signes est un cours obligatoire beaucoup d’écoles et universités de la ville ; dans une session, les étudiant(e)s pourront prendre conscience de l’existence de la catégorie des personnes sourdes et malentendantes et les intéressé(e)s pourront prendre des cours dans des instituts spécialisés comme Main d’Or ou l’Institut haïtien de Langue des Signes (IHLS) à Port-au-Prince qui forment des cadres entendants en vue de donner des services et de communiquer avec des personnes sourdes ou malentendantes.
Anchello-Frantzsou PIERRE
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