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Réguler l'université haïtienne : ce que le monde peut nous apprendre

Réguler l'université haïtienne : ce que le monde peut nous apprendre

Depuis mai 2011, Haïti dispose enfin d'une agence chargée de réguler son enseignement supérieur et sa recherche scientifique. L'Agence Nationale de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (ANESRS), instituée par la loi constitutionnelle de mai 2011 et concrètement mise en place par les décrets du 11 mars 2020, comble un vide que les deux textes eux-mêmes reconnaissent comme l'une des causes principales de la faiblesse de notre système universitaire. Mais une agence ne se construit pas seulement par décret. Elle se construit dans la durée, par la manière dont elle exerce, année après année, les pouvoirs qui lui sont confiés. C'est cette question, très concrète, que nous avons voulu explorer : comment d'autres pays, avant nous, ont-ils bâti la crédibilité de leurs propres agences, et que peut en retenir Haïti aujourd'hui ?

Un mot ancien pour une réalité nouvelle

La notion de régulation n'est pas née avec les universités. Elle vient d'une tradition juridique plus ancienne, celle des autorités administratives indépendantes, ces organismes publics chargés de surveiller un secteur sans dépendre directement de la hiérarchie ministérielle habituelle. Appliquée à l'enseignement supérieur, cette idée reste jeune, en particulier dans les pays du Sud. Or, partout où elle a été étudiée, la même structure revient : réguler une université, c'est à la fois orienter (fixer les priorités), encadrer (poser les règles), évaluer (mesurer la qualité) et, en dernier ressort, sanctionner les manquements. Le décret organisant l'ANESRS reprend, presque terme pour terme, cette architecture : contrôle administratif, scientifique et pédagogique d'un côté, régime de sanctions pénales de l'autre pour les cas les plus graves.

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