À la rue Pétion, un petit bâtiment ancien passe presque inaperçu. Ses murs portent pourtant une partie de l’histoire de l’électricité à Jacmel. Ancienne station-relais associée à l’usine hydroélectrique de JEDO et à l’initiative de Narbal Boucard, l’édifice sert aujourd’hui de dépôt de charbon. Un changement d’usage qui pose une question simple : qui protège ce témoin de l’histoire industrielle de la ville ?
Rien, sur place, ne permet aujourd’hui au passant de mesurer l’importance du bâtiment. Pas de plaque historique. Pas d’indication sur sa fonction d’origine. Pas de dispositif visible de valorisation patrimoniale. Pourtant, les archives officielles replacent Narbal Boucard au cœur d’un projet majeur d’électrification de Jacmel au début du XXe siècle.
Un contrat signé le 20 juillet 1920 entre Boucard & Cie, représentée par Narbal Boucard, et le secrétaire d’État des Travaux publics porte sur l’installation à Jacmel d’une usine hydroélectrique destinée à distribuer la lumière et l’énergie électriques. La loi sanctionnant ce contrat précise que les concessionnaires étaient autorisés à utiliser la force hydraulique de la rivière des Cayes-Jacmel, à l’endroit appelé « Jet d’eau ».
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