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Quand une pluie devient un déclic : Le combat d’une jeune haytienne face à la pollution plastique

Quand une pluie devient un déclic : Le combat d’une jeune haytienne face à la pollution plastique

    De Cap-Haïtien à Port-au-Prince, son histoire personnelle est devenue un engagement citoyen. Entre mémoire d’inondations et rêve d’un pays plus vert, Shednica Appolon a transformé une indignation en action collective avec Haïteco Recycling. Dans un récit bref, plutôt captivant, elle a tout raconté en confiant à la rédaction du quotidien Le National son ambition pour un environnement sain et viable.  Retour sur son engagement.

Le jour où tout a commencé

     Elle n’avait pas encore 15 ans. À Cap-Haïtien, dans le quartier de Ste-Philomène où chaque averse transformait les rues en torrents de boue et de plastiques. Les habitants, persuadés que “lapli ap pote fatra yo ale”, jetaient leurs déchets dans les canaux, comme si l’eau pouvait effacer les responsabilités. Mais pour Shednica Appolon, adolescente d’alors, pleine d'ardeur, ce spectacle était moins une habitude qu’un choc.

     « Je ne suis pas venue vous parler de chiffres, de théories ni de grands discours sur la pollution plastique. Je suis venue vous parler de moi, de mon vécu. Tout a commencé à Cap-Haïtien, là où j’ai grandi, et où j’ai vu de mes propres yeux comment les déchets pouvaient transformer une pluie en inondation, une rue en danger. C’est de cette expérience que naît mon engagement. Aujourd’hui, à travers Haïteco Recycling, je transforme cette prise de conscience en action pour ma communauté et pour les ODD 11, 12 et 13 : bâtir des villes et communautés durables, promouvoir une consommation et une production responsables et lutter contre les changements climatiques à travers le recyclage des déchets, la sensibilisation et l’éducation environnementale ».

     Elle regardait les maisons de Cité du Peuple inondées, les sachets plastiques étouffant les caniveaux, la mer engloutissant les déchets rejetés par les pluies. Ce jour-là, elle comprit que le plastique n’était pas seulement un rebut de consommation : c’était une menace sournoise, aggravant les inondations, la salubrité et la vulnérabilité des familles. « C’était comme ouvrir les yeux sur une évidence que tout le monde refusait de voir », confie-t-elle au journal.

De la prise de conscience à l’action

     Dès lors, impossible pour elle de fermer les yeux. Le premier geste fut simple : garder ses propres déchets dans son sac plutôt que de les jeter à terre. Puis vinrent les activités de nettoyage à l’école, les débats sur l’écologie, les prises de parole. « Protéger la nature, c’était protéger les vies humaines », répétait-elle à qui voulait l’entendre.

    Ce n’était plus un simple intérêt, mais une vocation qui s’affirmait. Les lectures, les formations, l’observation du quotidien confirment toutes la même vérité : Haïti ne pouvait continuer à vivre au rythme des catastrophes amplifiées par l’incurie et le plastique.

Haïteco Recycling : transformer l’indignation en solution

      En 2023, l’idée devint réalité. Shednica fonda Haïteco Recycling, non pas comme une entreprise parmi d’autres, mais comme l’incarnation d’un rêve né au milieu de rythmes des inondations.

Son objectif est triple :

     Réduire la pollution plastique en collectant et recyclant les déchets; Éduquer et sensibiliser enfants, jeunes et communautés; Bâtir une culture éco citoyenne, où chaque geste individuel compte dans la construction d’un avenir collectif.

« Je crois qu’un sachet jeté au bon endroit peut éviter une inondation », affirme-t-elle, convaincue que l’éducation environnementale, transmise dès l’enfance, peut sauver des générations entières.

Une jeunesse au service de l’avenir

      Pour Shednica, l’avenir d’Haïti passe par une éducation civique renforcée d’une conscience écologique. « Dès l’enfance, il faut montrer que chaque geste compte, que jeter un déchet au bon endroit, c’est déjà protéger une vie », insiste-t-elle. Mais elle le sait : ce combat n’est pas solitaire. Son histoire, née à Ste-Philomène, n’est qu’un appel lancé à tous et à toutes. Chaque citoyen, par un geste aussi simple qu’utiliser une poubelle, devient acteur d’un changement collectif.

Un appel à la mobilisation

     Aujourd’hui, la fondatrice d’Haïteco Recycling mène son combat avec une conviction inébranlable. Elle sait que le plastique qui étouffe les canaux est aussi celui qui étouffe l’avenir du pays. Mais elle croit à la force de petits gestes.

« Un petit geste, multiplié par des milliers de personnes, peut changer l’histoire d’un pays », répète-t-elle, comme une devise. Et si le véritable avenir d’Haïti se jouait dans ce choix quotidien entre jeter au sol… ou bâtir un futur durable ?

 Shednica Appolon, fondatrice d’Haïteco Recycling et militante écologique, incarne cette génération qui refuse la fatalité et fait du recyclage un acte de résistance citoyenne.

 

Elmano Endara JOSEPH

joseph.elmanoendara@student.ueh.edu.ht,

+509 3232-8383

Formation : Masterant en Fondements philosophiques et sociologiques de l’Éducation/ CESUN Universidad, California, Mexico; Juriste Communication sociale/ Faculté des Sciences Humaines (FASCH), Masterant

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