Géopolitique de la sécurité en Haïti: la diaspora expose et propose ?
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Des professionnels d'armes en majorité, parmi d'autres acteurs et des membres influents de la diaspora haïtienne en Amérique du Nord, ne se contentent pas de déplorer la situation sécuritaire critique dans leur pays d'origine. Ils s'organisent pour exposer l'état des lieux de la situation, tout en proposant des pistes de solutions pratiques et durables aux autorités haïtiennes.
Discours critiques et constructifs se complètent à travers la communication des intervenants et les interactions avec les membres de l'assistance. Ces experts en sécurités, activistes de la diaspora et patriotes éloignés mais très engagés plaident en particulier pour le renforcement des institutions sécuritaires et de la justice en Haïti, exigent leur intégration et une implication active des professionnels en armes de la diaspora. Ils en profitent pour critiquer les étrangers et les mercenaires recrutés depuis un certain temps en Haïti, pour combattre cette crise, largement alimentée par des trafics d'armes, de drogue et d'humains ou d'organe imposés par acteurs de l'international. Retour sur les points forts de la rencontre de la diaspora sur la résolution de la crise sécuritaire en Haïti ?
Dimanche 17 août 2025, à deux mois de la commémoration de l'assassinat de l'Empereur Jean-Jacques Dessalines, le père fondateur de la nation haïtienne, la ville de Montréal a accueilli la rencontre "An nou pale de sekirite an Ayiti, le rôle de la diaspora". Cette initiative portée par le docteur Jean Fils-Aimé, une voix engagée et confirmée de la diaspora et des médias sociaux.
Déterminé dans cette mission citoyenne, le Dr Fils-Aimé n'est pas seul dans ce combat qu'il tente de livrer envers tous les ennemis de l'héritage de l'Empereur Jean-Jacques Dessalines.
Dans l'impossibilité de compléter le panel avec une personnalité féminine spécialiste en sécurité ou une activiste disponible lors de cette rencontre, les intervenants répondaient au nom de Jafrikayiti, Me Rosevelt Rosier, et trois anciens policiers et militaires qui ont servi sous les couleurs du Canada et des Etats-Unis, tels que le capitaine retraité Rodrigue François, le spécialiste de la logistique miltaire de l'armée canadienne Laguerre Louis, le commandant Patrice Vilcéus, et le militaire retraité de la US army, figure politique Rod Joseph.
Dr Jean Fils-Aimé expose, Jafrikayiti propose ?
Dr Jean Fils-Aimé, chef d’orchestre de cette parade, a pris le soin de rappeler de façon rassurante ses échanges avec des autorités et responsables de la sécurité en Haïti. Il rapporte que ces derniers, ont salué cette démarche portée par des professionnels accomplis de la sécurité, issus de la diaspora haïtienne. Il entend faire de cette initiative, un levier pour mobiliser la diaspora dans le sauvetage de son pays natale, et la sauvegarde de l'héritage des ancêtres et artisans de 1804.
Discours trempé dans la vision de Dessalines, Jafrikayiti expose sa déception face au déclin des institutions haïtiennes, et la domination des pays voisins, sur un ton ironique. Objectif et pragmatique, il invite la diaspora à l’action :”Ke sak gen pou fèt la, si nou pa fèl, son chay nap mete sou do pitit, pitit, pitit pitit nou.”. Tout au cours de son intervention, Jafrikayiti a tenu à rappeler le sens du sacrifice des ancêtres pour imposer à la face du monde cette fière et grande nation.
Rodrigue François prone la bonne gestion des ressources, Laguerre Louis priorise chaque dimension de la sécurité !
Dans son parcours de capitaine retraité de l'armée canadienne, le militaire Rodrigue François, du haut de ses experiences dans les forces aériennes et terrestes, à la fois comme enquéteur, ingénieur aérospatial et mécanique, s'exprime sur le sort d'Haïti : “Sak tuyem avèk sa kap pase an Ayiti, se paske se pa Ayisyen vreman kap kòmande.”.”Nou gen pitit nou ki Ayiti menm, nou gen pitit nou ki nan peyi etranje, ki ka ede nenpòt kòman…ki ka ransenye, epi yo pa sèvi avèk nou.”. Il se questionne : “Poukisa yo pa sèvi avèk nou ? Mwen pa konnen !”.
Déterminé à servir également son pays, tout en déclinant des postes politiques entre autres, Rodrigue François propose aux autorités haïtiennes les lignes directrices suivantes : 1. La bonne gestion..."Sa nou genyen yo si nous te Jere yo byen...yo te ka servi nous pi byen."; 2. Le renforcement des capacités, selon lui : "beaucoup de policiers et de militaires sont mal utilisés."; 3. La communication, entre les coprs de la police ; 4. La formation, un militaire ou un policier doit être sur sa garde et non sur son téléphone...; 5. Le recrutement des jeunes par les gangs…ou l'urgence pour offrir d’autres alternatives et opportunités aux jeunes ?
Deuxième intervention: Un autre militaire retraité et spécialiste de la logistique, de la finance et l’administration à l'honneur. Laguerre Louis dispose plus de 25 ans de services dans les rangs de l’armée canadienne. Il a servi également en Bosnie, en Afganistan, avant d'occuper le poste de diplomate à l’ambassade du Canada au Chili. Pour Louis, il entend que : “Sekirite a pa ka fèt, si nou pa pran konsyans de kisa nou bezwen vrèman.”.
Devant les menaces internes et externes imposées par cette crise, il souligne : ”Ou bezwen yon seri de proteksyon.”, tout en rappelant l’importance et le rôle des différentes spécificités au sein des forces armées en ces termes : “Pou ki rezon chak peyi gen yon kòw militè ?”.
Patrice Vilcéus invite à la vigilance, Me Rosevelt Rosier encourage des poursuites judiciaires ?
Durant 30 ans, il a servi dans la police de Montréal, et cinq ans dans l’armée canadienne, entre les forces navales et la marine, et sortir avec le grade de commandant. Patrice Vilcéus a contribué dans une unité engagée à Ottawa, engagée dans la formation des policiers haïtiens à travers plusieurs pays dans la Caraïbe. Il conseille en ces termes: “Solisyon ensekirite Ayiti an, se pa yon bagay nou ka diskite an gwoup. Paske moun ka kreye ensekirite nan peyi a gen ramifikasyon kote nou pa menm panse yo gen ramifikasyon.”.
De la place de la justice dans la lutte contre l'insécurité en Haïti: Après des études de droit réalisées en Haïti et au Quebec, Me Rosevelt Rosier est un avocat membre du Barreau de Québec, spécialiste en droit à l’immigration, en droit civil, qui a fait également des études diplomatiques à l'académie nationale diplomatique et consulaire (ANDC) va droit au but dans sa communication.
Dans sa communication, Me Rosevelt Rosier a exploré plusieurs aspects juridiques, politiques, géopolitique, et économique pour mieux renforcer la compréhension de l'assistance autour de la problématique de l’insécurité en Haïti. Il se questionne de façon logique et cohérente, critique et impartiale sur les origines de cette crise: “Kòman ke tout zam sa yo rantre nan peyi a ?”;”Kòman antretyen zam sa yo fèt anndan peyi a ?”
Rod Joseph expose les fautifs et les limites de l'insécurité, et propose un plan ?
Dr Rod Joseph, qui a servi dans les rangs des forces armées des Etats-Unis, a été très critique dans ses propos. Il expose les constats et les constrates. Il renouvelle ses contributions dans les sphères de la géopolitique autour d'Haïti, tout rappelant et en misant sur ses connexions croisées. A travers son combat contre l'insécurité en Haïti, il s'inspire et utilise comme son cheval de bataille le slogan de l'armée indigène " Viv libre ou mourir".
Développement et diplomatie, figurent parmi les points abordés par celui qui rappelle qu'il a déjà négocié avec les terroristes en Afghanistan, dans les rangs de l'armée américaine. Rod Joseph expose et propose des actions contre l’insécurité en Haïti, tout en critiquant l'actuel contractuel qui empoche un contrat de dix ans, pour la sécurité et l'exploitation des postes frontalières statégiques du pays.
Dur comme fer, ce militaire qui a servi en Iran et en Afghanistan mise sur le soutien et le renforcement de la PNH et des Forces armées d’Haïti. "Sekirite, se responsabilite tout Ayisyen.”. ”Pouki nou bezwen blan pou vini di n kisa pou n fè, lè nou ka fèl ? ”Li lè li tan pou nou soti nan mantalite sa, blan di...”, conclut l’un des plus célèbres militaires de la diaspora haïtienne, très présent sur le dossier Haïti et les réseaux sociaux, en pleine campagne électorale aux Etats-Unis.
Durant les pauses musicales proposées, une sélection de compositions très engagées a été servie. Emmanuel Obas dans”Lage l, Lage l, Lage peyim…”; Kèm pa sot”, la première méringue de Boukman Eksperyans ; “Yon ti chante, pou Ayiti”, de “Nou 2” ; “Ayiti se” de l’immortel Mikaben, et sans oublier "Nou vle", de Yole et Ansy Derose permettent de confirmer que le pays continue de subir la tragédie des crises multiformes.
Désormais, un nouveau pas a été franchi dans la promotion des débats pour un plus fort engagement actif de la diaspora haïtienne, pour sortir Haïti dans la crise sécuritaire, institutionnelle et géopolitique actuelle.
D'autres rencontres seront dans d'autres villes de la diaspora haïtienne, annonce le promoteur de la rencontre, tout en promettant de produire un document de travail avec la contribution de tous les experts et professionnels de la sécurité, retraités d'origine haïtienne, afin de proposer à la communauté haïtienne une solution haïtienne. Le Dr Fils-Aimé croit sur le pouvoir du nombre, qui se confirme par la forte participation des membres de la diaspora à cette rencontre, tout en signant sa démarche en ces termes. "Nou pap kanpe ankò".
Dominique Domerçant
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Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
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