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CIJHA : « le jour où ce pays comprendra que sauver un enfant, c’est sauver une génération entière, ce sera le premier vrai pas vers la paix et la sécurité », dixit M. Pierre Barthelemy

CIJHA : « le jour où ce pays comprendra que sauver un enfant, c’est sauver une génération entière, ce sera le premier vrai pas vers la paix et la sécurité », dixit M. Pierre Barthelemy

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Au beau milieu d’un Port-au-Prince à cran, pour marquer la fin d'une semaine de plaidoyer sur les conséquences psychologiques, sociologiques et politico-juridiques de la violation des droits fondamentaux des enfants haïtiens, la question de droits et de protection de l'enfant ont été abordés le mercredi 18 juin 2025, par les membres de CIJHA. Entre tirs perdus et espoirs égarés, cette respiration s’est offerte aux enfants en Haïti. Plus d’un millier de petites têtes, certaines rieuses, d’autres farouchement silencieuses, ont afflué avec leurs parents dans l’espace sécurisé, à Delmas 41, aux locaux de Ephraim, mis en place par le Centre d’Intervention pour la Justice et les Droits Humains en Haïti (CIJHA), notamment à l’invitation de Pierre Barthelemy, l’homme qu’on appelle désormais avec tendresse « papa dwa timoun yo », selon informations recueillies par la rédaction du quotidien Le National.

Cette journée visait à offrir à ces enfants un moment de répit et de joie, loin des problèmes quotidiens auxquels ils font face.

Ce fut l'occasion pour les enfants d'exprimer leur frustration à l'égard des autorités étatiques qui les privent de leurs droits fondamentaux. Les parents de ces enfants ont eux-mêmes exprimé leur ras le bol face à leur utilisation à des fins politiques et au manque d'actions concrètes des autorités.

À la croisée de la douleur et de la dignité, cette journée de sensibilisation contre la traite des enfants n’avait rien d’un simple événement protocolaire; c’était un cri du cœur assoiffé de la justice sociale, une bulle de tendresse enchérie d'un groupe de jeunes conscients qui agissent désormais, une main tendue à des enfants trop souvent piétinés par l’indifférence, la violence ou la misère aux regards vagues des autorités.

« Nou se timoun tou. Nou bezwen jwe, pa kouri chak fwa nou tande kout zam », lâche timidement Junior, neuf (9) ans, déplacé de Cité Soleil depuis février. À ses côtés, sa maman l’essuie discrètement avec un mouchoir de fortune. Elle, c’est Magdala, qui confie au journal Le National que « yo toujou ap pale de timoun, men yo pa janm pale ak timoun. Jodia, pitit mwen pale. Li pa fasil men li libere l. Mèsi Monsieur PIERRE, nou santi gen moun ki pa bliye nou », a-t-elle souligné.

Une semaine de combat, un jour de lumière

 La journée du 18 juin a marqué la clôture d’une semaine intense de conférences, de panels et d’ateliers de plaidoyer animés par les piliers du CIJHA : Cleanta Alcéus, Étienne Lubin, Kenold Langlois, Barthelemy PIERRE, Dory Gaëtan Louis et Dave Weitzor Solitaire. Pendant sept jours, ils ont sillonné les rues, les écoles encore debout et celles délaissées, les abris provisoires dans lesquels sourit le désespoir des enfants, pour mettre en lumière les violations massives et silencieuses des droits fondamentaux des enfants haïtiens.

 Dans un discours qui a secoué plus d’un cœur, Cleanta Alcéus a déclaré : « nou pa ka kontinye ap gade timoun ap grandi ak traka granmoun. Yon timoun ki grandi ak kè sote ap grandi ak fache, e lè li fache, li antre nan vyolans », a-t-elle souligné.

Étienne Lubin a expliqué les conséquences psychologiques dévastatrices de la précarité émotionnelle des enfants déplacés : cauchemars, isolement, violence intériorisée. Tandis que Barthelemy PIERRE, le jeune juriste et natif des Gonaïves, a souligné que « l’État haïtien viole quotidiennement sa propre Constitution en fermant les yeux sur la traite, les recrutements forcés par les groupes armés, l’absence de scolarisation et le manque d’accès aux soins des enfants », a-t-il affirmé.

Plus loin, le produit rare du Lycée Fabre Nicolas Geffrard des Gonaïves ajoute que « ce 18 juin, on a voulu laisser place à la parole des premiers concernés : les enfants eux-mêmes », a-t-il expliqué.

Quand les enfants parlent

Sur une scène improvisée, entre deux numéros de danse folklorique et des distributions de petits goûters, plusieurs enfants ont été invités à dire ce qu’ils ressentent, ce qu’ils vivent, ce qu’ils espèrent du pays.

Nancy, 11 ans, a pris le micro d’une voix posée et argentée : « lè yo te fin asasinen papa m, paske tou senplemean li te asepte viv nan peyi l, se mwen k te vin responsab 2 ti frè m yo, sezisman te paralize manman m. Mwen pa t jwenn dwa viv tankou timoun; men jodi a, mwen santi mwen egziste e akonpagne », Merci CIJHA, a-t-elle fait valoir.

Parallèlement, Junior, 13 ans, dit entre deux sanglots « m ta renmen gen yon sèl jou san panse si gen moun ki pral vin kidnape mwen. M ta renmen jwe boul san pè, al lekòl, jwe ak zanmi m yo », espère le jeune adolescent.

Les enfants n’ont pas parlé pour pleurer, ils ont parlé pour se libérer. À côté d’eux, des parents les écoutaient, certains pour la première fois, car la souffrance à la maison, dans les camps des déplacés, souvent ne laisse pas la place aux mots.

Julmène, mère de trois (3) enfants, déclare

« yo toujou ap sèvi ak timoun pou fè politik. Mete figi timoun sou afich, mete yo nan kan... men ki kote Leta a ye lè bandi yo debake nan katye nou yo ? M pa ka al travay, m pa ka voye pitit mwen lekòl, e mwen pè pou lavi yo chak jou », a-t-elle souligné avec grogne et indignation.

PIERRE Barthelemy, la voix calme des enfants sans voix ni voie

 Face à ces cris contenus, PIERRE Barthelemy, haute personnalité du CIJHA, a pris la parole, le regard rivé sur la foule, crachant avec un ton appétissant et rassurant « chak timoun se yon bout lespwa nan dignite limanite. Se pa zam li bezwen, se lanmou, respè ak mounite. Se pa nan kè sote li dwe aprann, se silans ak kè poze. Timoun pa objè manipilab pou ekspoze sou rezo. Se respè nou dwe bay yo », a souligné le produit de La Faculté de Droit et des sciences économiques (FDSE).

Ce n’est pas la première fois que le jeune défenseur des droits humains se lève pour les enfants; mais il se bat toujours sans répit. Ancien de l'Unicef pour la protection et les droits des enfants, ce jeune conscient a choisi depuis plus deux ans de consacrer sa vie aux voix inaudibles, aux enfances oubliées. Son engagement va au-delà des discours; il sillonne les camps de déplacés, négocie avec les écoles pour faire réintégrer des enfants sans papiers, rédige des recours juridiques contre les abus. Le défenseur des droits des enfants n’est pas seulement un militant, il est un pont entre l’enfance en détresse et la dignité retrouvée en agissant pour eux.

Dans une interview accordée au quotidien Le National, le natif de la cité de Jacques Stephen Alexis, déclare que « le jour où ce pays comprendra que sauver un enfant, c’est sauver une génération entière, ce sera le premier vrai pas vers la paix et la sécurité », a-t-il expliqué lors de la clôture de la semaine de plaidoyer sur le droit et la protection de de l'enfance en Haïti.

Une journée mais mille espoirs

Le programme de la journée a été conçu comme un mélange d’activités ludiques, de petits ateliers d’expression, de musiques engagées, et surtout, de reconnaissance symbolique des enfants comme sujets de droits et non objets de droits manigancés, manipulés. Des dessins, des pancartes, des chansons, ont jailli comme autant de clameurs silencieuses devant l'avenir inaudible.

Une phrase écrite par un garçon de 10 ans, Victor, sur une feuille cartonnée, a ému tout le monde : « viv lakay nou an pè, se sèl mwayen pou pale de avni timoun, san kè sote », a-t-il expliqué. Un geste fort a aussi marqué la fin de la journée : chaque enfant a reçu un petit bracelet symbolique, avec l’inscription « Mwen gen dwa viv ». Un objet simple, mais fort, que beaucoup ont promis de garder « jiskaske peyi a chanje ».

Si cette semaine a été un souffle d’espoir, les défis restent immenses, mais le CIJHA prévoit de publier un rapport spécial sur les violations des droits des enfants en Haïti.

Elmano Endara JOSEPH

joseph.elmanoendara@student.ueh.edu.ht

7 commentaires

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Johnley JOSEPH

se vrèman entèresan ! Fòk nou lonje bay pi piti yo depi kounya si n reve tout bon vre gen yon demen miyò. Kontinye konsa jèn yo!

Johnley JOSEPH

se vrèman entèresan ! Fòk nou lonje bay pi piti yo depi kounya si n reve tout bon vre gen yon demen miyò. Kontinye konsa jèn yo!

PIERRE Barthelemy

Timoun yo se lespwa Timoun yo se lanmou Timoun yo se AYITI Lit la apèn koumanse!

Henock Pierre

Mwen santim kontan anpil pou bel travay sa, c pou Bndye beniw Batho ti frem

Pierre

Merci le National 🇭🇹🇭🇹🇭🇹🇭🇹

Pierre

Merci le National 🇭🇹🇭🇹🇭🇹🇭🇹

Pierre

Merci le National 🇭🇹🇭🇹🇭🇹🇭🇹

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