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« Les enfants handicapés sont tout aussi intelligents ! », déclare Régine Nicolas dans une interview

« Les enfants handicapés sont tout aussi intelligents ! », déclare Régine Nicolas dans une interview

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Dans un Haïti en proie à une crise profonde, la Fondation Jean Lifaite Nicolas (FJLN) se démarque par son action audacieuse en mettant sur pied un camp d'été pour enfants handicapés. Entretien exclusif avec Régine Nicolas, l’âme de ce projet « porteur d’espoir ».

Comment l’idée d’un camp d’été pour enfants handicapés peut-elle émerger dans une Haïti déchirée par les crises ? Régine Nicolas, fondatrice de la Fondation Jean Lifaite Nicolas nous dévoile ce moment d'inspiration : « C’était 1er juillet dernier. J'étais seule et je m’ennuyais. Je réfléchissais à ce que je pourrais entreprendre pour me sentir utile. L'idée du camp est alors née spontanément ! ». Elle partage immédiatement son projet avec des proches : Marc Arthur Larosillière et Michèle Féquière Mourra. Non seulement ses amis applaudissent l'initiative, mais contribuent également par un premier don.

Encouragée par le soutien initial, Régine Nicolas prend contact avec les membres de la fondation partenaire, Parenn Haiti s.a.. Après avoir présenté son projet, elle leur demande s’ils souhaitent y participer. La réponse est un enthousiaste oui. Une réaction similaire vient du centre culturel Pye Poudre, qui propose d'utiliser l'École Marie Eugénie à Bourdon, un lieu plus accessible pour les enfants car situé au centre-ville. « Initialement, la fondation Parenn Haiti avait offert d'utiliser leur local à Puits Blain, mais c'était trop éloigné pour les enfants. C’est pourquoi nous avons opté pour l’École Marie Eugénie », explique Régine Nicolas.

En très peu de temps, plus d’une quinzaine de donateurs (1) ont apporté leur contribution. « Je tiens à les remercier du fond du cœur pour leur confiance ! »

L'organisation Ufmorh, déjà partenaire de la Fondation Jean Lifaite Nicolas, a suggéré d'inclure des enfants sans handicaps dans le groupe pour favoriser une véritable inclusion. À défaut, le projet pourrait être perçu comme discriminatoire. « Malheureusement, cette institution n'a pas pu envoyer ses propres enfants au camp, car ils résident en Plaine, trop éloignée de notre site. Leur venue était donc compliquée ! », regrette Régine Nicolas. Le recrutement des participants s'est principalement fait via les réseaux sociaux, les centres d'accueil pour déplacés, les églises et le contact direct avec les parents déjà associés à l'organisation que dirige Régine Nicolas.

En quelques jours seulement, 80 enfants âgés de 6 à 15 ans ont été inscrits au camp. Malheureusement, faute de budget suffisant et de capacités d'accueil limitées, la fondation a dû refuser d'autres inscriptions. Outre les jeunes, le camp mobilisait également des animateurs. « Nous fournissions deux repas par jour à 150 personnes au total. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude envers notre équipe de cuisine, nos éducateurs et animateurs pour leur dévouement », souligne Régine Nicolas. Elle exprime aussi sa reconnaissance envers les parents pour leur confiance, en particulier ceux des enfants avec des besoins spécifiques, incluant des sourds-muets, des autistes et des enfants atteints de handicaps psychomoteurs. « Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est de voir des parents s’engager en tant que moniteurs », confie Régine Nicolas. Cet engagement parental est, pour elle, la preuve que ce projet rencontre l’adhésion des gens et répond à un besoin.

 

L’amour au pluriel

Du 29 juillet au 18 août, une équipe passionnée a pris en charge l'encadrement des enfants, proposant des activités enrichissantes de 9 heures à 13 heures chaque jour. Les moniteurs ont éveillé la créativité des jeunes participants par le biais d'une diversité d'activités telles que la peinture, le crochet, et le recyclage créatif de cannettes et de bidons. Ils ont également offert des jeux adaptés à l'âge des enfants, incluant les jeux de société, le domino, les échecs et le saut à la corde. Parmi les animateurs se trouvaient le centre culturel Pye Poudre, des enseignants d'anglais et des membres de la fondation Lexi. Nicolas a exprimé sa gratitude envers eux : « Leur engagement et leur dévouement ont été remarquables, et je leur en suis profondément reconnaissante ! »

Le thème choisi par l’équipe de la Fondation Jean Lifaite Nicolas, « Fais de ta vie un amour ! », a créé un cadre bienveillant et sécurisant pour les enfants. Le programme a été structuré autour de trois piliers fondamentaux : l'amour de soi, l'amour des autres, et l'amour de la nature. Il s'est matérialisé par des ateliers renforçant la confiance en soi, des activités favorisant la coopération et des projets écologiques.  « Comme le souligne notre maquette, rappelle Nicolas, le camp promeut des valeurs de compassion, de bienveillance et de respect, avec pour objectif de créer un environnement où chaque enfant se sent aimé, valorisé et encouragé à partager et exprimer son amour de diverses manières ».

On ne se concentre pas uniquement sur l’esprit, mais aussi sur le corps, nous dit-elle. C'est dans cet esprit qu'une équipe composée de médecins, d’infirmières et de thérapeutes, sous la direction du docteur Patrick Jacques, responsable médical de la FJLN, était prête à intervenir pour tout problème de santé des enfants. Ceux nécessitant un soutien spécifique bénéficiaient également d'une thérapie quotidienne.

D'après les témoignages des participants, l'événement a été couronné de succès. « Objectif atteint ! », s'exclame Régine Nicolas avec fierté. Les enfants, tout comme leurs parents, ont affiché un enthousiasme indéniable, particulièrement palpable lors de la journée de clôture. Les œuvres créées par les jeunes participants durant le camp d'été étaient exposées, permettant aux parents et aux visiteurs de les admirer. Les vacances ont culminé avec une grande fête qui a rassemblé enfants, animateurs et parents, avec la danse en point d'orgue, célébrant ensemble les moments forts de l'été.

 

Pourquoi pas un centre pour handicapés ?

Pour ce projet pilote, Régine Nicolas a investi environ 1.500.000 gourdes. Cependant, son engagement ne s’arrête pas là : elle continue de fournir un suivi actif. Par exemple, elle prévoit de faciliter les consultations médicales pour les enfants dont les parents en expriment le besoin. Un enfant sourd-muet recevra un appareil auditif, tandis qu'un autre enfant, ayant des problèmes de vue, sera pris en charge par un ophtalmologue et recevra des lunettes financées par la fondation Jean Lifaite Nicolas. Des démarches pour ces actions sont déjà en cours. De plus, pour les enfants autistes, elle recherche activement des psychologues pour garantir un accompagnement adapté.

Forte du succès de ce projet et soutenue par l'engagement de ses partenaires, Nicolas envisage de pérenniser son action en créant un centre spécialisé pour les enfants handicapés. « Ces enfants sont intelligents. Beaucoup, âgés de 8 à 10 ans, ne sont pas scolarisés. Il est inadmissible qu’ils soient privés de structures adaptées à leur épanouissement », souligne-t-elle.

Régine Nicolas se sent prête à relever ce défi. Un sentiment que ses collaborateurs partagent en évoquant ses initiatives précédentes. Parmi celles-ci figurent l'organisation de distributions de cadeaux de Noël et de livres pour les enfants dans le besoin, ainsi que la création d’une clinique mobile à La Saline, l’un des bidonvilles les plus misérables de Port-au-Prince.

Pour la mise sur pied du centre, elle va devoir mobiliser des donateurs pour financer ce projet ambitieux, destiné à améliorer la vie des plus vulnérables. Elle rappelle avec passion que la devise de sa fondation, « Notre vie se résume à l’engagement », guide chacune de ses actions. « J’espère, dit Régine Nicolas, que les instances étatiques, telles que la Secrétairerie d’État pour personnes handicapées, les ministères des Affaires sociales et des Affaires humanitaires s’associeront à ce projet car jusqu’à présent, je n’ai reçu que des aides privées ».

 

Huguette Grenz

Référence

  1. Liste des 17 principaux donateurs : Ambassade de Taiwan, Food for the Poor, Unibank, École Marie Eugénie, Centre culturel Pye Poudre, Parenn Haïti s.a, Association des industriels d'Haiti (ADIH), Chambre de commerce et d'industrie haitiano-canadienne (CCIHC), Eau miracle, Propharma S. A, Charles Féquière s. a, Crescendo, Lakay info 509, Vision chic, Tompac, La Famosa, Maison édition Toussaint.
  2. Site de la Fondation Jean Lifaite Nicolas : fondationjeanlifaitenicolas@gmail.com.

Tél. et WhatsApp : +509 3763.8903.

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René Peterson.

Félicitations à la fondation Jean Lifaite Nicolas pour leur soutien apporter aux enfants ayant une déficience, et au collaborateurs qui ont qui part à cette initiative d'une manière ou d'une autre. Le pays a besoin plus de gens comme vous, et beaucoup plus d'investissement dans ces projets humaniste.

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