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Manifestation du 18 novembre : l’opposition est de plus en plus divisée

Manifestation du 18 novembre : l’opposition est de plus en plus divisée

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Les groupes de l’opposition politique ont, à nouveau, fait montre de leurs positions irréconciliables dans les rues de la zone métropolitaine le 18 novembre. Avec des parcours opposés, le groupe de Pitit Desalin et celui du secteur démocratique affichent ouvertement leur désaccord profond.

C’est une commémoration des 217 ans de la bataille de Vertières marquée par des mobilisations dans plusieurs villes du pays. Les différents groupes de l’opposition ont été effectivement dans les rues pour manifester leurs mécontentements de la gestion du pays. Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, cette opposition plurielle ne pouvait pas à s’entendre sur l’objectif de cette journée et la direction à prendre. Le groupe de Pitit Desalin, dirigé par Moise Jean-Charles, et le Secteur démocratique et populaire, emmené par André Michel, ont choisi chacun leur parcours.

Au terme de cette journée, la division au sein des groupes de l’opposition se confirme davantage. Le fossé, entre Moise Jean-Charles et les autres groupes de l’opposition, se creuse jusqu’à toucher le point de non-retour. Les deux groupes semblent mettre l’opposition au pouvoir en place de côté pour s’entredéchirer. La bataille politique se révèle rude entre ces différentes structures qui se réclament de l’opposition au pouvoir de Jovenel Moise.

Sur les médias sociaux, André Michel et Moise Jean Charles alimentent la polémique. « Tèt opozisyon bouda pouvwa sispann atake Sektè demokratik la. Se pa Sektè demokratik la ki fè w pa fè resèt », affiche le porte-parole du Secteur démocratique sur son compte Twitter, en faisant croire que l’autre groupe de l’opposition s’est allié au PHTK. Il n’a pas hésité à affirmer que son confrère de l’opposition a trahi.

De son côté, Moise Jean-Charles a avoué qu’il ne veut plus s’associer aux hommes et femmes de la classe politique traditionnelle du pays. Se référant à la transition présidée par le président Jocelerme Privert, l’ancien conseiller de René Préval se méfie de ces individus qui, selon lui, se préoccupent de leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la population. L’ancien sénateur du Nord se livre dans un combat contre les politiciens traditionnels, dont le régime au pouvoir, et la communauté internationale qui s’immisce dans les affaires d’Haïti. Le natif de Milot croit pouvoir mener une révolution pacifique dans le pays.

Un conflit pour le leadership de l’opposition

Tout a éclaté quand le secrétaire général du parti Pitit Desalin, Moise Jean-Charles, a préféré, le 17 octobre, de se rendre dans le Nord pour organiser son meeting au lieu de rester à Port-au-Prince pour rejoindre le mouvement des rues lancé par les autres groupes de l’opposition. En considération de leur échec, les autres groupes, notamment le Secteur démocratique et populaire, s’en prennent au leader du Parti Pitit Desalin. Les acteurs des autres camps ont expliqué leur échec dans le refus de Moise Jean-Charles de s’associer à eux dans leur bataille contre le régime du PHTK.

Pour la journée du 18 novembre, les deux groupes ont à nouveau lancé des manifestations. Le Secteur démocratique et tous ses alliés ont opté pour un parcours qui aboutit au Champ-de-Mars, tandis que Pitit Desalin a décidé d’adopter le parcours menant à l’Ambassade américaine en Haïti.

Au Carrefour de l’aéroport, rebaptisé Carrefour résistance, les partisans des deux groupes ont répondu à l’appel. Le leader de Pitit Desalin a pris sa direction, et l’autre groupe de l’opposition a fait également son chemin. S’il est vrai que la manifestation du groupe de l’ancien candidat à la présidence est arrivée à sa destination sans de grands incidents, l’autre groupe a été empêché par la Police nationale de manifester selon le plan établi.

Comme toujours, Moise Jean-Charles a drainé une foule immense derrière lui pour ce 18 novembre. Il appelle d’autres hommes du secteur démocratique à le rejoindre pour défendre les intérêts du peuple haïtien.
Dans les branches de la manifestation du secteur démocratique, la foule n’a pas été aussi compacte que celle de l’autre groupe. Ce secteur divisé, qui tente de présenter un visage d’unité, n’a pas pu mobiliser la grande foule comme les mouvements de 2019. Les différents conflits internes du secteur, traités dans les médias, ont terni l’image de ce groupe.

Profitant du différend entre les deux groupes de l’opposition, le pouvoir en place se conforte. Pour ce 18 novembre, outre du dépôt d’une gerbe de fleurs à l’Autel de la patrie et la cérémonie au Palais national, la Présidence a organisé ses activités sans ambages. Le président ne s’est pas rendu au Cap-Haitien.

Woovins St Phard

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