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Désaccord entre Core group et le pouvoir ?

Désaccord entre Core group et le pouvoir ?

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Depuis son accession au pouvoir, Jovenel Moise a entretenu des rapports aimables avec le Core group. Mais les dernières recommandations faites par le Core group concernant le projet de création de l’Agence nationale de l’intelligence (ANI), ont été mal digérées par l’équipe de Jovenel Moise qui a rapidement recadré ces diplomates accrédités en Haïti. Est-ce le début d’un divorce ?

« Nous avons assez vu, assez vécu. De nos « amis, nous pouvons recevoir des conseils. Mais point de leçon à recevoir. Toutes les leçons du passé ont été néfastes. Si vous en doutez encore, admirez-en les actuels résultats », telles ont été les déclarations faites par l’un des conseillers de Jovenel Moise, Renald Lubérice, sur son compte Twitter officiel, afin de désavouer la position de la communauté internationale dans le cadre de ce projet.

À travers ce Tweet, le secrétaire général du Conseil des ministres critique la communauté internationale qui, selon lui, est responsable de la situation d’Haïti aujourd’hui, en raison de ses dictées, leçons et conseils. Le Core group qui exige un retrait des deux derniers décrets pris par l’exécutif, portant création, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale d’intelligence (ANI) et le renforcement de la sécurité publique, a, sur ce point, fait face à une opposition de la part du pouvoir en place.

Ce week-end, le Core group (composé de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies, des ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l'Union européenne et du représentant spécial de l’Organisation des États américains), a, dans une note de presse, exprimé ses préoccupations suite à la publication de deux décrets jugés non conformes à la démocratie. Il s’agit d’un décret portant création, organisation et fonctionnement d’une agence nationale de l’intelligence (ANI), et sur la sécurité publique.

Les diplomates accrédités en Haïti, réunis autour du Core group, jugent qu’il est inconcevable qu’un décret sur la sécurité publique étende la qualification d’acte terroriste à certains faits qui n’en relèvent pas réellement de l’action terroriste. En effet, dans l’idée de dissuader les manifestants, et limiter les soulèvements populaires, l’équipe de Jovenel Moise, par le biais du décret sur la sécurité publique, a qualifié d’acte terroriste l’action d’ériger des barricades de pneus enflammées sur la voie publique.

Pour cette infraction, des peines particulièrement lourdes de 30 à 50 ans de prison sont prévues. Alors, voulant s’assurer du respect des droits humains, dont le droit de manifester, le Core group a exprimé sa préoccupation face à ces décrets, notamment celui portant création de L’ANI et qui donne aux agents de cette institution une quasi-immunité juridique, ouvrant la voie à des abus potentiels. Sur ce, le Core group exige le rétablissement du Parlement au plus vite.

D’après le Core group, ces deux décrets présidentiels qui sont pris dans les domaines qui relèvent de la compétence du Parlement, ne sont pas conformes à certains principes fondamentaux de la démocratie, de l’État de droit et des droits civils et politiques des citoyens. Depuis au moins trois ans, la société civile haïtienne est en train de dénoncer un projet dictatorial de la part de Jovenel Moise qui ne cesse de prendre des décisions contraires aux normes constitutionnelles.

En vue d’éviter cette direction, le Core group souligne à l’équipe en place la nécessité de rétablir le Parlement, par l’organisation des élections dès que les conditions d’un scrutin démocratique sont remplies. Des recommandations très mal digérées par l’équipe au pouvoir. À cause de la situation de terreur qui règne dans le pays, l’ensemble des acteurs démocratiques estiment que les conditions de la tenue d’un scrutin ne sont pas réunies. La locution conjonctive « dès que » utilisé par le Core group confirme l’idée selon laquelle les conditions pour la réalisation d’élection démocratique dans le pays ne sont pas encore réunies.

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