Le kidnapping : le grand mal à enrayer
À l’aube de cette nouvelle année, les cas d’enlèvement se multiplient dans la région métropolitaine de Port-au-Prince ou les gangs armés imposent leur loi depuis quelque temps. Le cas d’enlèvement, suivi de séquestration, de l’inspecteur Wilner Seraphin le dimanche 3 janvier à Port-au-Prince renforce le doute des citoyens sur la capacité de la Police nationale à garantir la sécurité des citoyens, dans un contexte où la lutte contre ce phénomène ne semble pas faire partie des grands chantiers de l’État pour ce Nouvel An.
Les journées se suivent et ressemblent pour les citoyens vivant en Haïti, après une année extrêmement difficile où le coronavirus a fait énormément de dégâts.
Depuis plusieurs mois, on en parle presque chaque jour, dans tous les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux. Le kidnapping est ce phénomène qui fait vivre l’enfer à un grand nombre de nos compatriotes. Cette nouvelle industrie semble être très florissante pour ceux qui la contrôlent.
Les cas de kidnapping ne se comptent plus. Beaucoup de citoyens ont déjà fait les frais de cette machine infernale qui appauvrit la population haïtienne.
Durant les fêtes de fins d’années et du Nouvel An, les kidnappeurs n’ont pas chômé. Plus de dix cas ont été répertoriés, comme cette famille qui revenait d’une ville de province, le dimanche 3 janvier. Elle a été enlevée à l’entrée sud de la capitale. Le père a lui-même été relâché pour qu’il puisse réunir les fonds nécessaires en vue de payer la rançon pour la libération de ses proches.
Qui pis est, Wilner Séraphin, un inspecteur de police affecté au sous-commissariat de Delmas 3, a été également enlevé à la rue Pavée, à Port-au-Prince.
En en effet, toutes ces personnes portent en elles, les cicatrices des atrocités qu’elles ont subies durant leur séquestration. Certains prennent leur courage à deux mains, en dénonçant les bandits et leurs pratiques macabres, d’autres ne le font par peur de représailles.
Dans la foulée, pour contenir une population qui ne sait pas à quel saint se vouer, les autorités multiplient les déclarations et promettant de rétablir l’ordre et la sécurité dans le pays, notamment dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince où les bandits imposent leur loi depuis quelque temps.
Le président de la République s’adressant à la population à l’occasion du 217 anniversaire de l’Indépendance a fait état de deux principales priorités pour l’année 2021, à savoir les élections et la réforme constitutionnelle.
La lutte contre le kidnapping devrait être, la plus grande des priorités, dans ce contexte délétère d’un pays incapable de garantir la sécurité de ses citoyens.
Mario Sylvain
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