Écrire à la rédaction
Radio Pacific 101.5 fm
Actualité

Séisme en Haïti : prioriser les projets de développement durable

Séisme en Haïti : prioriser les projets de développement durable

Écouter l'article

Entre l’aide immédiate et accompagnement durable pour Haïti, les dirigeants haïtiens et la communauté internationale doivent faire le meilleur des choix. Le séisme du 14 août dernier offre, en effet, l’occasion de penser l’avenir du pays autrement.

Aux États-Unis, l’ambassadeur d’Haïti à Washington, Bocchit Edmond, est en train de multiplier les efforts afin de mobiliser de l’aide américaine en faveur d’Haïti suite au séisme du 14 août dernier. Sur ses pages officielles, il annonce avoir rencontré des élus haïtien-américain, l’acteur américain, Sean Penn, des officiels américains et le leader de la majorité démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer, et quelques congressman, afin, dit-il, de mobiliser la réponse des États-Unis à l’égard d’Haïti, sévèrement touchée par un séisme de 7,2 le 14 août dernier.

Dans cette campagne entamée par Edmond Bocchit, ce qui est essentiel de mentionner, il ressort la nécessité d’un accompagnement durable des États-Unis sur le long terme pour la reconstruction du pays. L’important, Haïti doit éviter de commettre les mêmes erreurs du passé, en réfléchissant les réponses uniquement à court terme, sans penser le pays sur le long terme. En 2020, des milliards de dollars d’aide ont été promus à Haïti. Une bonne partie de ces promesses a été respectée. Pourtant, plus d’une dizaine d’années après, le pays fait encore face à la même situation post-catastrophe.

Tirer leçon de l’expérience de 2010

Comme en 2010, cette année, le flot d’aide internationale commence à débarquer en Haïti. Que ce soit en espèces ou en nature, des pays amis d’Haïti ont promis de l’aider à faire face aux conséquences de la catastrophe. Le Canada a offert 1.5 million de dollars. Taiwan envisage de donner 500 000 dollars. L’assurance de la Caraibe (CCRIF) va donner 40 millions pour réparer les dommages. L’UE mobilise 3 millions. Le Mexique est prêt à nous aider avec 1 million de dollars. La Colombie, pays avec qui Haïti risquait d’avoir un incident diplomatique le mois dernier, a offert 1.3 million.

Les États-Unis, par le biais de l’USAID et d’autres institutions américaines, entendent contribuer à hauteur de plus de 20 millions de dollars, pendant que le Royaume-Uni a déjà promis un accompagnement de 1,5 million de livres sterling, près de deux millions de dollars américains. La Suisse va nous donner 1 million de francs suisses. L’UNICEF qui commence déjà à opérer sur le terrain envisage un accompagnement de 15 millions de dollars, notamment pour soutenir les efforts de protections des enfants, sans compter les 8 millions que l’ONU compte mobiliser en faveur d’Haïti.

Toutes les étoiles semblent être alignées pour que non seulement les victimes reçoivent un accompagnement digne, mais également pour qu’Haïti tire profit de ces sommes d’argent en matière de projet durable. Mais le plus important est d’éviter de répéter les erreurs de 2010. Dans le cas contraire, le pays va avoir certainement de nouveaux riches, mais il restera encore fragile, vulnérable aux catastrophes naturelles. Pour donner l’impression de ne pas répéter les mêmes erreurs, le Gouvernement d’Ariel Henry a pris certaines mesures dont l’interdiction de distribution des tentes, pour empêcher la création des camps de sinistrés. Une décision jugée injuste par plus d’un.

En plus de ces décisions un peu superficielles, le Gouvernement doit forcer les ONG et les bailleurs à privilégier la voie normale, c’est-à-dire, une gestion assurée par le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE). Mais pour une meilleure gestion de ces ressources, l'État haïtien doit établir sa plateforme où toutes les aides seront répertoriées. Ce qui pourrait aider à une répartition équitable de l’aide, et localiser les endroits ayant le plus de besoins, ainsi que les matériels les plus nécessaires. Sans exclure l’expertise des partenaires, l’État doit prendre le contrôle des fonds générés afin de les canaliser, de manière transparente, dans la construction des projets de développement durable.

Evens REGIS

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Actualité

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre