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7 février 2021 : l’opposition politique écrità lacommunauté internationale

7 février 2021 : l’opposition politique écrità lacommunauté internationale

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Dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants de l'Organisation des Nations unies (ONU) et de l’Organisation des États américains (OEA), des leaders politiques de l’opposition ont exprimé leur préoccupation vis-à-vis de la dégradation du climat démocratique en Haïti. A l’approche de la date fatidique du 7 février 2021, ces dirigeants d’Ayiti an Aksyon (AAA), INITE, INIFOS, OPL, SDP, et de la Fusion entendent éclairer les organismes internationaux sur la situation d’Haïti en vue de les forcer à prendre position.

D’entrée de jeu, les leaders de l’opposition présententun paysage politique Haïti marquée notamment par le dysfonctionnement du Parlement depuis tantôt une année. Selon eux, depuis le deuxième lundi du mois de janvier 2020, Haïti est sorti de la Charte démocratique des États américains, en raison du refus du président de la République d’organiser les élections comme l’exige la Constitution de 1987 amendée. Ils dénoncent le fait que la démocratie est mise en veilleuse, et que le chef de l’État se donne la latitude de gérer le pays à coup de décrets. C’est le constat d’un retour à la dictature dans sa forme la plus abjecte, soulignent-ils.

Dans cette lettre, l’opposition politique souligne les dérives autoritaires du président Moise tout au long de son quinquennat. Jovenel Moise affiche un comportement qui prouve qu’il est le seul maître à bord. Et c’est la raison pour laquelle, sans consensus nécessaires, il a nommé un conseil électoral totalement acquis à sa cause. Sans prestation de serment devant la Cour de cassation pour des raisons d’ordre constitutionnel, le chef de l’État a procédé à l’installation de ces 9 personnalités qui ont pour mission d’organiser les élections et un referendum constitutionnel. Des missions qui, d’après l’opposition, sont incompatibles aux vœux de la Constitution amendée de 1987.

Plus loin, les dirigeants de l’opposition parlent de l’armée de terreur installée dans le pays par Jovenel Moise. D’après eux, les gangs armés qui se multiplient partout dans le pays et qui se sont fédérés en « G9 et Fanmi », les cas de kidnapping qui augmentent, les familles haïtiennes qui sont terrorisées, endeuillées et décapitalisées sont l’œuvre de l’équipe de Jovenel Moise. En tant que défenseur du respect des principes démocratiques dans la région, l’opposition n’arrive pas à comprendre le comportement de l’OEA qui supporte le pouvoir en place dans un contexte où tous les feux sont au rouge en Haïti, et que la Charte de l’Organisation des États américains proclame, sans nuance, sa foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes au niveau du continent.

Dans la perspective du 7 février 2021, l’opposition souligne que dans environ un mois, le mandat du chef de Jovenel Moise arrivera à son terme, selon les considérations de l’article 134.2 de la Constitution haïtienne de 1987. Dans une interview exclusive accordée au Journal le National, le secrétaire général de la Fusion des sociaux-démocrates haïtiens, Rosemond Pradel, a fait savoir que contrairement aux années 2018 et 2019, l’opposition n’exige pas à Jovenel Moise de laisser le pays. Ce n’est pas du tout la même chose. La date du 7 février 2021 marque la fin du mandat constitutionnel de Jovenel Moise. C’est une date non-négociable. D’après ses projections, le peuple prendra les dispositions qui s’imposent au cas où l’actuel président refuse de laisser le pouvoir.

Rosemond Pradel a informé d’un ensemble de réunions de travail des différents groupes de l’opposition en vue de préparer l’après-Jovenel Moise. C’est la marche inévitable vers une transition de rupture. Une transition qui pourra mettre le pays sur les rails du développement et redonner l’espoir au peuple haïtien. Rosemond Pradel estime que le 7 février 2021, le glas de ce régime tyrannique et sanguinaire sonnera. À partir de cette date, dit-il, débutera en Haïti une ère nouvelle. Et au nom des principes démocratiques, l’ONU, l’OEA et le BINUH se doivent d’apporter leur soutien au peuple haïtien. Par ailleurs, il invite la population haïtienne à faire un faisceau dans l’idée de défendre le respect de l’ordre démocratique.

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