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Gonaïves : la ville sous haute tension

Gonaïves : la ville sous haute tension

La mobilisation de ces dernières semaines dans la ville des Gonaives, pour exiger le respect de la Constitution et par ricochet le départ du président de la République le 7 février prochain, semble avoir pris un autre tournant. Désormais, les opposants irréductibles au pouvoir parlent de désobéissance civile. La journée du vendredi dernier donne apporte assez d’éléments d’informations sur l’état d’esprit des opposants dans la cité de l’Indépendance.

Une grande panique a régné dans la ville des Gonaïves vendredi dernier. Tôt le matin, la façade de l'Hôtel de Ville a été incendiée par des individus non encore identifiés. Un acte qui a créé une vague d'indignation au sein de la population qui estime cet énième acte pyromane inadmissible. Dans une note signée par le président du cartel intérimaire, Donald Diogène, l'administration communale « condamne ces actes répétitifs qui ne représentent pas la volonté de la population ». Pour le maire, brûler la Mairie est comme mettre le feu à toutes les maisons de la commune. Il a demandé à la justice de prendre les mesures nécessaires pour appréhender les coupables.

Parallèlement, beaucoup de tirs d'armes automatiques ont été entendus durant toute la matinée dans plusieurs quartiers de la ville. Plusieurs bureaux publics et privés ont dû fermer leurs portes. Plusieurs points fixes des agents de la Police nationale ont été remarqués, notamment devant le parquet qui devait recevoir, sous la demande du commissaire du gouvernement, l'ancien porte-parole du Front de résistance, Winter Étienne, qui, quelques jours auparavant, avait fait des déclarations incendiaires lors d'une émission radiophonique, où il avait suggéré aux policiers d’abandonner leur poste jusqu’au 8 février après le départ du président de la République le 7 février. L'audience n'a pas été tenue et aucune information sur les raisons de son ajournement n’a été fournie.

Plus tard dans la journée, une manifestation de l'opposition a sillonné la ville pour continuer de réclamer le départ du président Moïse à la date souhaitée. Cette manifestation a été dispersée à proximité de Deschaos en milieu de la journée. Ce fait est en passe de rallumer l'ancienne polémique entre les deux quartiers dans les prochains jours. En attendant, l'ancien porte-parole du Front de résistance annonce une petite enquête pour savoir si oui ou non, les hommes de Deschaos ont volontairement fait feu pour disperser les manifestants.

Pour ce lundi 25 janvier, la ville a connu une nouvelle journée de tension avec la tentative de la Police nationale d’investir le quartier de Raboteau. Un blindé et d’autres véhicules de la police ont été remarqués au Centre-ville prêt à passer à l’action. D'un autre côté, certains citoyens dénoncent un plan pour massacrer des habitants de ce quartier rebelle qui réclame mordicus le départ du président de la République.

Lesly SUCCÈS

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