Haïti face à la criminalité, la SOHACEP plaide pour une approche multidisciplinaire
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La Société haïtienne de criminologie et d’études pénales (SOHACEP), entité de la société civile haïtienne œuvrant dans la lutte contre la criminalité à travers une approche scientifique, interpelle les autorités étatiques et les partenaires nationaux et internationaux sur la nécessité de conjuguer les efforts pour combattre la criminalité, un phénomène psychosocial complexe, qui affecte toutes les strates de la société.
La SOHACEP pense qu’il faut aborder le problème par une approche multidisciplinaire pour être pleinement compris. Il est donc du devoir des citoyens de réfléchir profondément, de manière scientifique, sur cette vague de criminalité qui tend à gangréner la société dans sa dimension la plus profonde. D’où l’organisation, sur deux journées, de ce forum sur la criminalité.
D’autres pays de la région ont connu les affres de ce phénomène et ont pu retrouver la paix pour avoir abordé le problème de manière scientifique, en analysant les causes, les conséquences et en adoptant des mesures de prévention appropriées.
C’est dans cette optique que la SOHACEP prend l’initiative d’organiser un forum international avec la participation d’experts haïtiens et étrangers, capables de partager leur compréhension de la criminalité comme phénomène social, de mettre à contribution leur expérience dans la réflexion autour du dit phénomène et de formuler des recommandations dans une perspective d’orientation de politiques publiques visant son éradication.
Mise en contexte du forum
La situation d’Haïti face à la criminalité est devenue de plus en plus critique et atteint des proportions alarmantes. Cette situation délétère est alimentée par la corruption, l’impunité, la contrebande, le trafic de stupéfiants et la violation des droits humains.
Dans les départements de l’Ouest et de l'Artibonite, les groupes armés imposent leur loi. Les citoyens se voient obligés d’abandonner leur domicile pour se réfugier dans des abris de fortune, fuyant les assauts répétés des gangs sur leurs quartiers.
En dépit des efforts des forces de l’ordre appuyées par la force multinationale, les actes criminels s’intensifient. Les routes nationales sont encore contrôlées par les bandits, installant des postes de péage pour rançonner les usagers de ces voies publiques. Plus de 80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince est encore sous l’emprise des gangs.
Cette situation chaotique que connaît le pays depuis ces dernières années interpelle la Société haïtienne de criminologie et d’études pénales (SOHACEP), dont la mission consiste à étudier les crimes, chercher les causes de la criminalité, prévenir les crimes, contribuer à la réduction de la criminalité, promouvoir et protéger le droit de la personne humaine en Haïti.
Fort de ce constat, la SOHACEP organise, en partenariat avec le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), son premier forum international sur la criminologie et les droits humains en Haïti autour du thème : La criminalité, un fléau mondial à combattre.
Ce forum offrira l’occasion de produire des réflexions approfondies autour de la possibilité de développer de nouvelles formules visant à prévenir et réduire la criminalité en Haïti.
Gerard H. Resil
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