Les États-Unis accusent et sanctionnent, Fritz Alphonse Jean rétorque
Écouter l'article
Les États-Unis ont annoncé des sanctions à l’encontre de Fritz Alphonse Jean, membre du Conseil présidentiel de transition (CPT). Selon Washington, il est accusé d’avoir apporté un soutien à des gangs et à d’autres organisations criminelles déstabilisant Haïti. Le gouvernement américain précise que toute personne soupçonnée de favoriser ces groupes ou d’entraver les efforts visant à rétablir la sécurité peut faire l’objet de ce type de sanction.
Cette mesure entraîne la révocation des visas américains dont disposait M. Jean, limitant désormais ses déplacements vers les États-Unis. Pour Washington, cette décision reflète la ligne dure adoptée contre toute forme de complicité ou de tolérance envers les groupes criminels menaçant la stabilité du pays.
En réaction, le Conseiller président Fritz Alphonse Jean a tenu un point de presse à la Villa d’Accueil le 25 novembre. Il a dénoncé la décision américaine, affirmant qu’elle vise M. Jean parce qu’il « défend le pays » et accusant le gouvernement en place d’incompétence. Il a formellement démenti toute implication dans des affaires douteuses.
Concernant la justice, l’ancien gouverneur de la Banque centrale a dénoncé l’inaction des autorités gouvernementales face à des personnes impliquées dans des crimes, tandis que de nombreux suspects arrêtés sont rapidement relâchés. Selon lui, le gouvernement actuel a « kidnappé » l’État, malgré son incapacité à redresser le pays.
Il a ajouté que toute critique envers le gouvernement entraîne des menaces. « Certains membres du CPT ont reçu des menaces par WhatsApp. Personne ne va accepter cette mascarade », a déclaré le conseiller président. Même les ambassades du Canada et des États-Unis menaceraient de retirer leurs visas. D’après lui, le gouvernement ignore les instructions du CPT et mène au contraire une campagne de communication contre le Conseil.
M. Jean affirme que le CPT est prêt à lutter contre ce système qui bloque le progrès du pays. « Nous continuerons le combat, même si le Département d’État n’est pas favorable à une véritable lutte contre ce qui se passe dans le pays. Nous nous battrons pour la dignité nationale et nous ne craignons aucune menace. Si lutter pour la bonne gouvernance du pays est un crime, je suis prêt à mener cette lutte », a-t-il déclaré.
L’ancien coordonnateur du CPT a également rappelé les démarches entreprises pour résoudre le problème de l’insécurité, démarches restées sans effet. Il a mentionné la situation à la BSAP, où de nombreux agents opèrent avec des armes illégales, malgré des décisions du Conseil des ministres pour y mettre fin. Il a évoqué aussi des contrats signés illégalement engageant l’État et a attiré l’attention sur les intérêts liés à la dette, qui seraient passés de 400 millions de gourdes à 5 milliards de gourdes dans le budget 2025-2026.
Cependant, lors de ce point de presse, M. Jean n’a cessé de parler au nom du Conseil, alors que les autres conseillers, hormis Leslie Voltaire, ne l’ont pas accompagné devant les caméras, soulevant la question de savoir s’il bénéficie réellement du soutien de ses pairs. Rappelons que trois autres conseillers ont déjà été éclaboussés par des scandales de corruption.
Sorah Schamma Joseph
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.