À quoi peuvent servir les révélations du chef de gang Arnel Joseph?
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Les révélations du chef de gang de Village de Dieu, auditionné le 25 janvier au cabinet d’instruction, renforcent la position de ceux qui dénoncent régulièrement la connivence des gangs armés avec certains hauts dignitaires de l’État. Ces révélations devraient mettre à mal certains dirigeants, mais également des membres du secteur privé des affaires.
Disparu des radars depuis plusieurs mois, le dossier du fameux chef de gang Arnel Joseph a refait son apparition sur la toile, ces derniers temps. Il a été auditionné le 25 janvier 2021, dans le carré du juge Ikenson Edumé, en charge du dossier.
Les révélations, faites par l’ancien caïd du Village de Dieu, sont pour le moins fracassantes. Accusé de multiples cas d’enlèvements, de séquestration et de meurtres, Arnel Joseph a confirmé, au cours de cet interrogatoire qui a duré environ 4 heures, qu’il opérait pour le compte des certains dignitaires de l’État. Il est allé jusqu’à fournir des détails déclarant qu’il était rémunéré pour faire régner la terreur à l’entrée sud de la capitale haïtienne. Il a aussi dévoilé les noms de certains de ses commanditaires.
Nombreuses sont les familles victimes des exactions de ce chef de gang qui régnait sur une grande partie de la troisième circonscription de Port-au-Prince durant des années. Ces personnes attendent que justice leur soit rendue par les autorités compétentes.
Il est vrai que le traitement de ce dossier, au début, n’a pas été conduit de manière à rassurer la population. Une enquête réalisée, en 2019, par la commission Justice et Sécurité du Sénat ayant à sa tête Jean Renel Sénatus avait conclu que le sénateur de l’Artibonite, Garcia Delva, était de mèche avec l'ancien homme fort de Village de Dieu.
Cette enquête était menée pour faire la lumière autour des propos du directeur général de la Police d'alors, Michel Ange Gedeon, qui lors d’une audition au Sénat de la République avait laissé entendre que la PNH, par le biais de la DCPJ, était capable de prouver l’existence de liens serrés entre le sénateur Delva et le chef de gang à partir d'un ensemble de données qu’elle disposait. Et le Sénat avait choisi à l’époque d’enterrer le dossier.
Aussi, les défenseurs des droits humains et d’autres citoyens n’ont jamais cessé de dénoncer la connivence entre les autorités gouvernementales et les gangs armés, de plus en plus nombreux dans le pays et qui contrôlent une part importante du territoire national.
En attendant le prochain épisode dans cette affaire judiciaire, le juge Ikenson Edumé, qui instruit ce dossier, pourra-t-il faire son travail dans de bonnes conditions et rendre justice ?
Mario Sylvain
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