Les positions se multiplient à l’approche du 7 février 2021
Alors que le pouvoir en place avance dans son projet de changement de la constitution et de l’organisation des élections, l’ensemble des forces vives de la nation continuent d’exiger le départ du chef de l’État qui, jusqu’à date, refuse de se soumettre aux exigences de l’article 134-2 de la Constitution de 1987.
Le chef de l’État haïtien digère très mal les exigences faites par l’article 134-2 de la Constitution en vigueur. À environ 48 heures de la date fatidique du 7 février 2021, aucune décision pouvant apaiser la crise n’est encore adoptée. Les rencontres officielles et clandestines se multiplient, mais l’incertitude persiste. L’opposition reste sur sa décision. Pas d’accord possible avec Jovenel Moise au pouvoir. De son côté, le locataire du Palais national continue avec ses attaques frontales à l’endroit des membres de l’opposition qui, d’après lui, veulent semer le chaos pour prendre le contrôle du pays par le biais de la transition.
Face à cette situation, des organisations et personnalités publiques et politiques élèvent la voix pour conseiller le dialogue. Pour elles, c’est l’issue la plus viable. En revanche, d’autres organisations, secteurs et personnages politiques pensent que seul le respect de la Constitution, par l’équipe au pouvoir, pourrait épargner Haïti de cette crise qui risque de devenir encore plus profonde à partir du 7 février 2021. Pour ces secteurs, le respect de la Constitution est synonyme du départ du chef de l’État. Pourtant, l’équipe de Jovenel Moise mise sur ses calculs arithmétiques pour défendre la thèse de 2022.
Les défenseurs de la thèse de 2022 sont en petit nombre. Leurs arguments ne sont pas assez solides non plus. En face d'eux, il y a toute une population et un ensemble d’organisations qui revendiquent le respect de la Constitution. En début de semaine, la Fédération des barreaux d’Haïti (FBH) et la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH) ont exprimé leur position par rapport à la date du 7 février 2021. Et jusqu’à date, d’autres institutions et personnalités publiques continuent d’exprimer leur position sur cette date symbolique, et exiger son respect par l’équipe au pouvoir.
Dans des textes publics adressés au chef de l’État et à la nation au cours de la semaine, Himmler Rebu du Grand rassemblement pour l’évolution d’Haïti (GREH), l’ancien candidat à la présidence de INITE et LAPEH, Jude Célestin ont, tour à tour, exprimé leur position par rapport à la date du 7 février 2021. Dans sa lettre, Himmler Rebu demande au président haïtien de revenir sur terre, et de constater la fin de son mandat comme il l’a fait pour les sénateurs le 7 février 2020. S’adressant à la nation haïtienne, le candidat malheureux des deux dernières élections présidentielles, Jude Célestin, s’est appuyé sur les articles 134-1 et 134-2 pour demander au chef de l’État de tirer sa révérence.
En dépit des revendications, le système des Nationsn unies continue de signer des accords qui vont au-delà de 7 février 2021 avec l’équipe au pouvoir. Des accords qui concernent l’organisation des élections et le changement de constitution. Avec le support de la communauté internationale, Jovenel Moise avance sur cette voie envers et contre tous. Pourtant, ces deux chantiers exigent une large participation de la population haïtienne. Pour faire échec à ce projet, le Groupe de réflexion des socioprofessionnels-lles progressistes haïtiens-nes alerte l’opinion publique sur le mépris caractérisé du système des Nations unies envers les aspirations légitimes du peuple haïtien à la démocratie, à la justice, et au bien-être.
Toujours dans le même objectif de positionnement par rapport à la date du 7 février 2021, des élus Américains d’origine haïtienne regroupés autour du Réseau national des élus haitiano-américains, ont écrit au nouveau secrétaire d’État américain, Anthony Blinken, dans l’idée de demander une intervention américaine d’urgence, afin d’éviter toute effusion de sang en Haïti à partir du 7 février 2021. Ces élus Haitiano-américains qui prennent position pour la protection de la démocratie en Haïti requièrent le support de l’administration américaine pour la négociation d’une résolution de paix, pouvant éviter le conflit en Haïti par rapport au dangereux climat politique qui se présente.
Evens REGIS
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