Haïti au centre d’une rencontre tripartite à Washington
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La communauté internationale concentre à nouveau son attention sur la crise haïtienne. Ce mercredi 27 août 2025, une réunion de haut niveau s'est tenue à Washington, rassemblant des représentants de l’Organisation des Nations unies (ONU), de la Communauté des Caraïbes (Caricom), de l’Organisation des États américains (OEA) et du Groupe des Éminentes Personnalités (GPE).
Le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, avait quitté Port-au-Prince mardi 26 août pour prendre part à cette rencontre diplomatique, convoquée par l’OEA. Selon la Primature, cette session visait à examiner les enjeux de stabilité et de gouvernance en Haïti, dans un contexte marqué par l’impasse institutionnelle et les violences des gangs.
Dans son allocution, le chef du gouvernement, au nom du Conseil Présidentiel de Transition et du Gouvernement haïtien, a exprimé sa profonde gratitude envers les partenaires régionaux et internationaux pour leur solidarité constante. Il a salué la feuille de route présentée par le Secrétariat général de l’OEA, considérée comme une base de travail pour accompagner la transition et soutenir les efforts nationaux de stabilisation.
Le Premier ministre a réaffirmé que la restauration de la sécurité demeure la priorité absolue de son gouvernement. Il a annoncé des mesures pour rétablir le contrôle de l’État sur l’ensemble du territoire, sécuriser les grands axes routiers et renforcer les capacités de la Police nationale d’Haïti (PNH) ainsi que des Forces armées d’Haïti (FAD’H).
Sur le plan politique, M. Fils-Aimé a réitéré l’engagement du gouvernement de transition à organiser, dans les meilleurs délais, des élections libres, crédibles, transparentes et inclusives. Il a souligné que les préparatifs avancent de manière significative : plus de 85 % des centres de vote sont déjà identifiés, 70 % du personnel électoral est mobilisé, et un financement national de 65 millions de dollars américains a été sécurisé.
En amont de cette rencontre, le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, avait conduit plusieurs consultations avec des centres de réflexion et la Fondation panaméricaine de développement (PADF). L’organisation estime à 2,6 milliards de dollars le coût de la mise en œuvre du plan 2025-2028, destiné en priorité au rétablissement de la sécurité. Ramdin plaide pour un partage équitable de la charge financière entre les États membres, rappelant qu’« aucun pays ne peut porter seul le poids de cette crise ».
Le chef du gouvernement a par ailleurs lancé un appel pressant à la communauté internationale pour maintenir et renforcer son accompagnement, non seulement sur le plan sécuritaire et électoral, mais aussi en matière de gouvernance, d’assistance humanitaire et de relance économique. « Seul un partenariat renforcé et coordonné peut permettre au peuple haïtien de retrouver la paix, la stabilité et l’espérance d’un avenir meilleur », a-t-il insisté.
Malgré ces engagements et cette dynamique diplomatique, certaines voix critiques au sein de la société civile estiment que ce déplacement ne produira pas de résultats concrets, rappelant l’inefficacité des précédentes rencontres internationales.
Vladimir Predvil
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